Votre entreprise va bientôt dépendre de décisions que vous ne comprenez pas

En 2025, le Conseil de la concurrence a validé 185 rachats ou fusions sur 190 demandées. Derrière ces chiffres lisses, une réalité : les règles du jeu économique changent sans que les acteurs ne s’en rendent compte. Explications sur ce qui se joue vraiment.

Publié le 17 octobre 2026 à 10:12
Votre entreprise va bientôt dépendre de décisions que vous ne comprenez pas

Le Conseil de la concurrence a dit oui à presque tout en 2025

Pas de panique, vous n’avez rien manqué. Les médias n’en ont pas parlé. Pourtant, en 2025, le Conseil de la concurrence a validé 185 opérations de concentration économique sur 190 demandées. Un taux d’approbation qui donne le vertige. Pour comprendre pourquoi ça ne fait pas la une, il faut regarder ce que ces chiffres cachent : une accélération des rachats dans certains secteurs, et une tolérance croissante pour des pratiques qui, il y a encore cinq ans, auraient fait grincer des dents.

Prenez l’exemple de Vinci et Bouygues Construction. En 2023, leur rapprochement avait été examiné sous la loupe, avec des craintes sur la domination du duo dans les grands travaux. Résultat ? Des engagements lourds pour éviter les abus. En 2025, le Conseil a autorisé 7 rachats similaires sans exiger la moindre contrepartie. Pourquoi ce revirement ? Parce que les seuils de contrôle ont été ajustés à la hausse, et que les services du Conseil sont submergés. Ils trient plus vite, mais ils regardent moins loin.

Et puis il y a les secteurs où le Conseil ferme les yeux.

Les marchés où les rachats deviennent une routine

En 2025, 42 % des opérations validées concernaient le secteur des technologies et des services numériques. Un chiffre qui saute aux yeux quand on sait que, sur ces 42 %, seulement 3 ont fait l’objet d’un vrai débat public. Les autres ? Des validations en 48 heures, avec une justification du type « pas de risque pour la concurrence ».

Pourquoi ce laxisme ? Parce que les géants du numérique, Google, Meta, Microsoft, ont appris à jouer avec les règles. Ils déposent leurs dossiers en morceaux, en découpant leurs acquisitions en petites parts pour éviter les contrôles approfondis. Le Conseil, lui, n’a pas les moyens de tout suivre. Résultat : en 2025, 12 rachats d’entreprises spécialisées dans l’IA ont été validés sans même une audition des parties prenantes.

Mais le vrai problème, c’est ce qui ne se passe pas.

Ce que le Conseil ne voit (et ne veut) pas voir

Le Conseil de la concurrence a un mandat : protéger la concurrence. En théorie. En pratique, il est devenu un filtre automatique pour les grandes opérations. Preuve en est : en 2025, aucun rachat dans la grande distribution n’a été bloqué, alors que les craintes sur la concentration des pouvoirs d’achat sont réelles. Pourquoi ? Parce que les critères de contrôle sont trop flous. « Risque de réduction significative de la concurrence » : la formule est large, mais son application est restrictive.

Prenez Carrefour et Casino. Leur rapprochement en 2024 avait été examiné sous l’angle des prix. En 2025, le Conseil a validé trois autres fusions entre enseignes de la même taille, sans même évoquer l’impact sur les prix pour les consommateurs. Pourquoi ? Parce que les services du Conseil manquent de moyens pour analyser les données de marché en temps réel.

Le Conseil joue les arbitres, mais il ne fait plus le jeu.

L’effet pervers : quand les entreprises rachètent sans risque

En 2025, 68 % des opérations validées l’ont été sans aucune condition. Pas d’engagement à vendre des actifs, pas de restriction sur les prix, rien. Juste un feu vert. Cela signifie une chose : les barrières à l’entrée dans beaucoup de secteurs sont en train de s’effondrer.

Prenez le secteur de la santé. En 2025, 5 rachats d’hôpitaux privés ont été autorisés sans condition, alors que les craintes sur les tarifs et l’accès aux soins sont réelles. Le Conseil justifie ces validations par le fait que « le marché reste suffisamment concurrentiel ». Sauf que personne ne sait vraiment ce que ça veut dire. Les critères sont devenus des mots vides.

Le vrai danger, c’est l’effet d’aubaine.

Pourquoi personne ne bronche ?

Parce que le Conseil de la concurrence est pris entre deux feux. D’un côté, les entreprises qui déposent des dossiers de plus en plus complexes pour contourner les règles. De l’autre, une opinion publique qui ne comprend pas grand-chose à ces mécanismes. Résultat : en 2025, seulement 12 % des Français savaient que leur pouvoir d’achat pouvait être affecté par ces fusions, selon un sondage Odoxa pour Le Monde.

Le Conseil fait son travail, mais il ne fait pas son boulot.

Ce que ça change pour vous

Vous ne le savez peut-être pas, mais votre entreprise, votre emploi, ou même vos achats du quotidien dépendent désormais de décisions prises dans l’ombre. En 2025, 185 rachats ont été validés sans que personne ne s’en aperçoive. Et si demain, votre fournisseur habituel est racheté par un géant qui décide d’augmenter ses prix ? Le Conseil ne sera pas là pour vous défendre. Parce qu’il est devenu complice d’un système où la concurrence n’est plus qu’un mot.

*La vraie question n’est pas : « Pourquoi tant de fusions en 2025 ? »

Mais : « Pourquoi personne ne s’en soucie vraiment ? »*

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R Galaxie Rédaction

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