Dès 2025, la 2CV électrique aura-t-elle l’âme de sa grand-mère ?

Les teasers de la future 2CV électrique révèlent une voiture qui semble tout faire pour plaire à la vieille dame. Mais est-ce une bonne idée ? Entre nostalgie calculée et contraintes techniques, le pari est risqué. Analyse d’un concept qui divise déjà.

Publié le 6 octobre 2026 à 20:09
Dès 2025, la 2CV électrique aura-t-elle l’âme de sa grand-mère ?

Les images défilent depuis des semaines. La 2CV électrique, on la devine déjà, on la rêve même. Mais ce qu’on voit, ce n’est pas une révolution, c’est un clin d’œil. Un clin d’œil si appuyé qu’on se demande si Citroën n’a pas peur de son propre enfant. Le concept, c’est ça : une 2CV qui ressemble à une 2CV, mais avec des roues qui tournent au silence et une batterie qui pèse plus lourd que le cœur d’un vieux paysan breton.

Pourtant, ce n’est pas une blague. D’ici 2025, la marque au double chevron compte bien vendre une version électrique de son icône. Sauf que les teasers ne montrent pas une voiture qui ose. Ils montrent une voiture qui a peur. Peur de décevoir, peur de perdre son âme, peur de ne pas être assez 2CV. Résultat : une esthétique qui copie, une mécanique qui triche, et une identité qui se noie dans le passé.

Les designers ont peur de l’avenir, alors ils se raccrochent au passé

Les premières images du concept électrique de la 2CV, dévoilées en octobre, sont un mélange de nostalgie et de contorsions. La calandre, ces phares ronds, cette silhouette trapue… Tout y est, sauf l’esprit. Parce que l’esprit de la 2CV, c’était aussi sa laideur assumée, sa rusticité, son refus d’être une voiture comme les autres. Or, la version électrique semble déterminée à ressembler à tout le monde.

Prenez la batterie. Où la mettre ? Sous le capot ? Trop bas. Dans le coffre ? Trop encombrant. Alors on la cache sous le plancher, comme un secret mal placé. Le résultat ? Une garde au sol surélevée, des suspensions qui semblent chercher une excuse pour exister, et une allure de voiture qui a avalé un frigo. C’est laid, mais c’est calculé. Comme si les designers avaient peur que les puristes ne reconnaissent plus leur 2CV.

Et puis il y a les détails. Les jantes en aluminium, les feux LED, les lignes épurées… Tout ça, c’est du langage moderne. Mais appliqué à une voiture qui date des années 1940, ça donne l’effet d’un costume trois-pièces sur un bodybuilder. Ça ne va pas. Ça ne sonne pas juste.

L’électrique, c’est bien, mais pas comme ça

Le problème, c’est que Citroën semble avoir oublié une règle basique : une voiture électrique, ça ne doit pas ressembler à une voiture thermique avec des prises. La 2CV originale était une réponse à un besoin simple : transporter des poules et des légumes sur des chemins de terre, sans se ruiner. L’électrique, c’est une autre histoire.

Une autonomie limitée ? Les teasers ne le disent pas, mais on peut parier que la batterie ne fera pas des miracles. Une recharge lente ? Probablement. Un prix prohibitif ? À coup sûr. Alors pourquoi s’entêter à garder l’apparence d’une voiture qui coûtait 300 000 francs en 1945 (soit environ 1,2 million d’euros aujourd’hui) ?

La réponse est là, dans les choix esthétiques : Citroën veut vendre du rêve, pas de la technologie. Le rêve, c’est la 2CV d’antan, pas une citadine électrique avec des airs de vieille dame.

Mais le rêve, ça se paie. Et là, c’est la marque qui va payer. Parce qu’une voiture qui a l’air d’une relique mais les performances d’une trottinette électrique, ça ne marche pas. Ça ne marche pas pour les puristes, qui veulent du vintage sans compromis. Ça ne marche pas pour les urbains, qui veulent une voiture pratique et silencieuse. Ça ne marche pas, tout court.

Le vrai défi n’est pas technique, c’est culturel

Voilà le paradoxe : la 2CV électrique pourrait être une réussite si Citroën avait osé. Une 2CV moderne, ce n’est pas une 2CV avec une prise. C’est une voiture qui assume son époque, ses matériaux, ses lignes. Comme la Mégane E-Tech, mais en plus radical.

Sauf que non. Les teasers montrent une voiture qui a peur de son propre héritage. Peur de décevoir les nostalgiques. Peur de ne pas plaire aux jeunes. Peur, surtout, de ne pas être assez 2CV. Alors on copie, on imite, on triche.

Le pire ? Ça ne trompe personne. Les puristes verront une 2CV qui a perdu son âme. Les urbains verront une voiture trop chère pour ce qu’elle offre.

Et puis il y a le chiffre qui tue. Selon une étude de l’Argus, le prix d’une 2CV électrique devrait frôler les 30 000 euros. Soit le double du prix d’une Ami électrique, bien plus moderne et bien plus adaptée à la ville. À ce tarif, autant acheter une DS 3 Crossback E-Tense et faire semblant de ne pas voir la différence.

La 2CV électrique sera-t-elle un flop annoncé ?

Tout dépendra d’un détail : est-ce que Citroën osera enfin lâcher prise ? Est-ce qu’ils accepteront que la 2CV électrique ne soit pas une 2CV, mais une voiture à part entière ?

Les premiers prototypes ne donnent pas confiance. Les lignes sont trop prudentes, les choix techniques trop conservateurs. On a l’impression que la marque a peur de son propre produit.

Le vrai risque, ce n’est pas que la 2CV électrique échoue. C’est qu’elle devienne un symbole de ce que l’automobile ne devrait plus être : une industrie qui a peur de l’avenir et qui se raccroche désespérément à un passé qui n’existe plus.

Parce qu’une 2CV électrique, ça peut être génial. À condition de ne pas avoir peur de la faire.

Et si la vraie 2CV électrique n’était pas celle qu’on attend ?

Imaginez : une voiture basse, des lignes anguleuses, une batterie intégrée sans surcharge de poids, une autonomie décente, un prix raisonnable. Une 2CV pour le XXIe siècle, pas pour les collectionneurs.

Ça n’existe pas. Pour l’instant.

Mais si Citroën ne se réveille pas, ça n’existera jamais.

Et alors, la 2CV électrique ne sera qu’un joli souvenir. Un clin d’œil raté à une époque qui n’a plus cours.

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R Galaxie Rédaction

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