L’INSP alerte sur 2200 cas de choléra en RDC, les enfants en payent le prix.

Le choléra frappe cinq provinces de la RDC. L’Institut national de santé publique (INSP) alerte sur une épidémie qui s’étend, touchant surtout des enfants. Pourquoi les mesures tardent-elles ? Et que cache la recrudescence dans l’Est ?

Publié le 24 septembre 2026 à 22:07
L’INSP alerte sur 2200 cas de choléra en RDC, les enfants en payent le prix.

2200 cas de choléra en RDC : l’INSP sonne l’alarme, les enfants paient

À la 37ᵉ semaine épidémiologique, les chiffres sont là. 2 200 cas de choléra, dont 14 morts, selon les données de l’Institut national de santé publique (INSP). Cinq provinces touchées, des enfants en première ligne. Et l’INSP, lui, ne tergiverse plus : l’alerte est rouge. Pourtant, sur le terrain, les réponses peinent à suivre.

Pourquoi cette fois-ci, l’épidémie déborde ? Parce que le choléra, en RDC, c’est comme un feu de brousse : ça repart toujours plus fort après la saison des pluies. Sauf que cette année, les pluies ont été anormalement longues. Et les latrines, dans les camps de déplacés du Nord-Kivu ou du Tanganyika, sont souvent des trous dans le sol. L’eau, elle, vient des rivières contaminées. Les gens boivent. Les enfants jouent dedans. Et hop.

L’INSP tire la sonnette d’alarme, mais les moyens manquent

L’INSP, c’est le bras armé du ministère de la Santé. Leur rapport est clair : la situation est critique. Pas de demi-mesure. Pourtant, quand on creuse, on tombe sur des trous noirs. Par exemple : personne ne sait exactement combien de centres de traitement fonctionnent. Officiellement, il y en a une dizaine. Officieusement, certains ferment faute de médicaments. D’autres, comme à Goma, sont saturés. Les stocks de sérums ? Épuisés dans certaines provinces. Et les équipes de l’INSP ? Sous-payées, sous-équipées, et parfois absentes.

Le pire ? Les enfants représentent plus de 30 % des cas. Pourquoi eux ? Parce qu’ils ne se lavent pas les mains comme il faut. Parce qu’ils boivent l’eau des puits sans se poser de questions. Parce que leurs systèmes immunitaires, affaiblis par la malnutrition, ne résistent pas. À Beni, dans le Nord-Kivu, un hôpital a enregistré 12 cas en une semaine, tous des moins de 10 ans. Aucun n’a survécu.

Les ONG crient au scandale, les États ferment les yeux

Les ONG, elles, ne mâchent pas leurs mots. Médecins Sans Frontières (MSF) a sorti un communiqué cinglant : « Les autorités sanitaires locales et internationales font semblant de ne pas voir l’ampleur de la crise. » Pourtant, les fonds manquent. L’OMS a lancé un appel à dons de 15 millions de dollars pour la RDC. Résultat ? Seulement 3 millions récoltés. Les pays donateurs ? Occupés ailleurs. La France, l’Allemagne, les États-Unis… Tous ont des priorités. Le choléra en RDC, ça ne fait pas la une.

Mais il y a pire. Dans certaines zones, les milices contrôlent l’accès à l’eau. À Butembo, des groupes armés taxent les camions-citernes. Résultat : les populations boivent ce qu’elles trouvent. Et les épidémies s’étendent comme une traînée de poudre.

Ce que personne ne dit sur les vaccins

L’arme secrète contre le choléra, c’est le vaccin oral. Efficace à 60 % sur deux ans. Sauf que la RDC en a quasiment plus. Les stocks ont été détournés vers d’autres pays (Yémen, Soudan). Officiellement, c’est une question de logistique. Officieusement, c’est un manque de volonté politique.

L’INSP a demandé 500 000 doses. Personne ne répond. Pourtant, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en stocke des millions. Alors où est le problème ? Dans les bureaucraties. Les procédures de livraison prennent des mois. Pendant ce temps, les enfants meurent.

Et après ? Personne n’a de plan B

À ce rythme, l’épidémie va encore s’aggraver. L’INSP le sait. Les ONG le savent. Même les autorités locales, malgré leur silence, le pressentent. Pourtant, aucune stratégie globale n’émerge. Pas de campagne de sensibilisation massive. Pas de désinfection systématique des points d’eau. Juste des patches : ici, un centre de traitement de plus ; là, une distribution de pastilles de chlore.

Le vrai problème, c’est que personne ne veut assumer. Ni les États, ni les bailleurs, ni même l’INSP lui-même. Le choléra, en RDC, c’est comme un enfant malade : tout le monde regarde ailleurs.

La conclusion qui dérange

Cette épidémie n’est pas une surprise. Elle est la conséquence directe de décennies de négligence. Pas seulement sanitaire, mais politique. La RDC a besoin d’un plan Marshall pour son système de santé. Pas de demi-mesures. Pas de promesses en l’air. Juste des actes. Parce que dans cinq ans, si rien ne change, on sera encore en train de compter les morts.

Et les enfants, eux, continueront de boire l’eau des rivières contaminées.

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R Galaxie Rédaction

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