3 réponses sur 5 de ChatGPT sur les élections québécoises sont fausses

ChatGPT s’appuie sur des sites fantômes pour conseiller les électeurs. Résultat : des erreurs grossières, des dates inventées, des partis politiques mélangés. Les Décrypteurs ont testé. Voici pourquoi ça ne rigole pas.

Publié le 23 septembre 2026 à 08:12
3 réponses sur 5 de ChatGPT sur les élections québécoises sont fausses

Pourquoi ChatGPT ment sur les élections québécoises ?

Parce qu’il invente ses sources. Les Décrypteurs ont retracé l’origine des réponses : ChatGPT puise dans des sites web générés par l’IA. Des pages qui n’existent pas, ou presque. Par exemple, pour répondre à une question sur les programmes électoraux, le modèle cite « le site officiel du gouvernement du Québec ». Sauf que le lien renvoie vers un domaine enregistré il y a trois jours, avec un nom de domaine générique (« quebec-elections-official.com »), et un contenu copié-collé de Wikipedia. Personne ne vérifie ces sites. Pas les utilisateurs, pas les modérateurs de ChatGPT. Résultat : une boucle sans fin où l’IA se nourrit de ses propres erreurs.

Et ce n’est pas un bug. C’est une faille structurelle. OpenAI reconnaît depuis des mois que ses modèles « hallucinent », c’est leur terme, sur des sujets spécialisés. Mais personne ne force les développeurs à corriger le tir. Pourquoi ? Parce que les élections, ça ne rapporte pas d’argent. Pas de pubs, pas de clics, pas de données à monétiser. Alors on laisse faire.

Ce que ça change pour les électeurs

Imaginez. Vous êtes un premier votant, vous avez 18 ans, vous ne connaissez rien à la politique. Vous tapez « C’est quoi le programme de la CAQ sur l’éducation ? » dans ChatGPT. Le modèle vous répond : « La CAQ propose de supprimer les frais de scolarité dans les cégeps. » Faux. En réalité, la CAQ a augmenté les frais de scolarité de 75 % depuis 2018. Vous croyez avoir la réponse. Vous votez en fonction de ça. Et personne ne vous dit que vous venez de vous faire avoir par une machine.

Les Décrypteurs ont aussi testé avec des questions pièges. « Quel est le salaire moyen d’un député québécois ? » ChatGPT répond : « Environ 100 000 dollars par année. » Faux. Le salaire réel est d’environ 130 000 $, mais avec des avantages en nature (logement, voiture de fonction, etc.) qui poussent le total à plus de 200 000 $ pour certains. Le modèle sous-estime systématiquement les coûts réels. Pourquoi ? Parce qu’il puise dans des forums ou des articles de blog qui simplifient à l’excès.

Pourquoi personne ne fait rien ?

Parce que ça arrange tout le monde. Les partis politiques ? Ils n’ont aucun intérêt à réguler ChatGPT. Si les électeurs se fient à l’IA pour voter, ils votent moins. Moins de votants, moins de pression pour les réformes. Moins de réformes, moins de risques de perdre des sièges. C’est un cercle vicieux.

Les médias ? Ils ont mieux à faire. « On va pas passer trois jours à vérifier si ChatGPT a raison ou tort », disent-ils. Résultat : personne ne signale les erreurs. Pas les utilisateurs, pas les journalistes, pas les politiques. Juste des gens qui croient dur comme fer ce que leur dit une boîte de dialogue.

Et OpenAI ? Ils s’en foutent. Leur priorité, c’est d’éviter les gros scandales. Pas de les corriger. En 2023, ils ont admis que leur modèle « pouvait produire des réponses trompeuses sur des sujets politiques ». Traduction : « On sait que c’est pourri, mais on fait rien. » Pourquoi ? Parce que corriger ça, ça coûte cher. Il faudrait ajouter des couches de vérification, des fact-checkers humains, des mises à jour en temps réel. Tout ça, c’est du travail. Et du travail, ça ne fait pas de l’argent.

La solution ? La fermer.

ChatGPT n’est pas un outil de conseil électoral. C’est un jouet. Un jouet dangereux, mais un jouet quand même. La seule solution, c’est de ne pas s’en servir pour des sujets sérieux. Si vous voulez savoir pour qui voter, allez sur les sites officiels des partis. Lisez les programmes. Posez des questions à des humains. Pas à une machine qui invente des réponses.

Et si vous tombez sur une info douteuse dans ChatGPT ? Ne la croyez pas. Vérifiez. Toujours. Parce que dans une démocratie, la pire des erreurs, c’est de croire que la vérité est une question de clic.

Le dernier mot, et il est amer

ChatGPT ne ment pas par malveillance. Il ment par incapacité. Et cette incapacité, on la paie cher. Pas seulement au Québec. Partout. Parce que quand une IA se met à faire de la politique, elle ne joue pas. Elle remplace. Et remplacer la démocratie par des algorithmes, ça ne mène qu’à une chose : l’indifférence. Celle des gens qui croient tout savoir parce qu’une machine le leur a dit. Celle des politiques qui savent très bien que personne ne vérifie. Celle des médias qui tournent la tête.

La prochaine fois que ChatGPT vous sort une réponse lisse sur les élections, demandez-vous une chose : qui a écrit ce texte ? Spoiler : ce n’est pas un humain. Et ça, ça change tout.

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R Galaxie Rédaction

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