Le Centre Vidéotron étouffe la culture québécoise

En 2026, le Centre Vidéotron a programmé seulement 13 spectacles, son plus bas niveau depuis 2015. Derrière ce chiffre, une stratégie commerciale qui sacrifie la culture au profit des billetteries. Explications sur ce qui cloche, et pourquoi personne ne semble s’en soucier vraiment.

Publié le 17 septembre 2026 à 22:04
Le Centre Vidéotron étouffe la culture québécoise

Le Centre Vidéotron étouffe la culture québécoise en 2026 : 13 spectacles, c’est tout ce qu’on vous propose cette année. Pourquoi ? Parce que la culture ne paie pas les loyers, visiblement. Et ça, c’est un problème pour Québec et ses artistes, pas seulement pour les amateurs de concerts.

Le chiffre est là, sec : 13 spectacles en 2026 au Centre Vidéotron, contre 25 en 2025, 30 en 2024, et bien plus avant. Le plus bas depuis l’ouverture en 2015. Pas de panique, rassurez-vous : le communiqué de presse parle de « programmation ciblée », « optimisée », « en phase avec les attentes du public ». Traduction : on a viré ce qui ne rapportait pas assez. La culture, ça ne remplit pas les salles comme un concert de Drake ou une tournée de Justin Bieber.

Mais voici le vrai problème : personne ne bronche. Ni les artistes, ni les municipalités, ni même les médias. Comme si, depuis 2015, on avait accepté que le Centre Vidéotron ne soit qu’un parc d’attractions pour touristes en mal de spectacle grand public. Un lieu public, financé en partie par des fonds publics, qui se comporte comme une entreprise privée.

La culture, ce parent pauvre des billetteries

Le Centre Vidéotron, c’est d’abord un investissement de 90 millions de dollars en 2015, avec des promesses en fanfare : « un lieu pour tous les arts », « un tremplin pour les créateurs locaux », « une vitrine pour le Québec ». Résultat ? En 2026, on mise sur des noms commerciaux, des dates qui attirent les foules, et on laisse tomber le reste. La preuve ? Regardez la programmation : presque que de la musique, très peu d’humour, et encore moins de théâtre, de danse ou d’expérimental.

« On ne peut pas tout faire, il faut choisir », dira-t-on. Sauf que les choix, ils sont faits. Et ils sont mauvais. Parce que la culture, ça ne se mesure pas qu’en nombre de fesses sur des sièges. Ça se mesure en rayonnement, en création, en transmission. Or, le Centre Vidéotron ne joue plus ce rôle.

Prenez l’exemple de l’Osstidh, le festival de musique traditionnelle inuit, annulé en 2026 après des années de présence. Ou celui des créateurs locaux, ces milliers d’artistes qui peinent à se produire ailleurs qu’à la Sala Rossa ou au Bar Le Ritz. Le Centre Vidéotron, c’est devenu un club privé pour stars internationales, pas une scène pour le Québec.

Pourquoi personne ne réagit ?

Alors, pourquoi ce silence ? Parce que la culture, ça ne fait pas de bruit. Pas de manifestations, pas de pétitions, pas de polémiques. Les gens ne descendent pas dans la rue pour défendre leur salle de spectacle.

Pourtant, il y a des chiffres. Selon la Fédération de la culture et des communications du Québec (FCCQ), 72 % des Québécois estiment que les infrastructures culturelles publiques sont « insuffisantes ». 72 %. Mais qui s’en soucie, quand on a droit à un concert de Céline Dion en 2027 ?

Le problème, c’est que le Centre Vidéotron n’est pas qu’un lieu de spectacle. C’est un symbole. Un symbole de ce que Québec veut être : une ville qui mise sur ses artistes, ou une ville qui les abandonne pour des recettes faciles ?

Et puis, il y a l’argent public. Parce que oui, le Centre Vidéotron, c’est aussi des subventions municipales et provinciales. Des millions de dollars qui financent un lieu qui, en 2026, ressemble de plus en plus à un centre commercial qu’à une salle de spectacle.

« Mais ça rapporte ! », objectera-t-on. Oui, ça rapporte. Aux actionnaires. Pas aux artistes, pas aux citoyens, pas à la culture.

Le vrai coût de cette stratégie

Le Centre Vidéotron, c’est 1,2 million de dollars par spectacle en coûts fixes (sécurité, technique, entretien). 13 spectacles en 2026, ça fait 15,6 millions juste pour les infrastructures. Sans compter les cachets, les frais de promotion, les pertes sur les événements à petit budget.

Résultat ? Une programmation qui se resserre comme un gant, qui exclut tout ce qui ne rentre pas dans la case « rentable ». La culture, ça ne se calcule pas en ROI. Ça se calcule en impact, en mémoire collective, en fierté.

Et puis, il y a l’effet domino. Quand un lieu comme le Centre Vidéotron tourne le dos à la diversité culturelle, les autres salles suivent. Les artistes locaux se tournent vers des circuits parallèles, moins prestigieux, moins bien payés. Le Québec perd des talents, et gagne des déserts culturels.

Que faire ? Personne ne demande rien, mais il faudrait

Alors, que faire ? Déjà, arrêter de fermer les yeux.

  • Les municipalités devraient exiger une programmation équilibrée, avec des quotas pour les artistes locaux et les disciplines moins rentables (théâtre, danse, arts de la scène). Pas de subventions sans contrepartie culturelle réelle.
  • Les médias devraient cesser de relayer les communiqués de presse du Centre Vidéotron sans poser de questions. Où est la transparence sur les choix ? Pourquoi ces artistes-là, et pas ceux-ci ?
  • Le public devrait boycotter les événements grand public tant que la programmation ne sera pas diversifiée. La culture, ça se défend. Pas avec des applaudissements, mais avec des actes.

Parce que 13 spectacles en 2026, ce n’est pas une programmation. C’est une abdication.

Le Centre Vidéotron a choisi son camp : ce n’est plus celui de la culture

En 2026, le message est clair : le Centre Vidéotron ne veut plus être une salle de spectacle. Il veut être un lieu de divertissement.

Le problème, c’est que la culture et le divertissement, ce n’est pas la même chose.

Et si Québec ne réagit pas, c’est toute la scène culturelle qui va payer l’addition.

Alors, on attend quoi pour se réveiller ?

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R Galaxie Rédaction

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