Paris organise un karaoké géant pour Céline Dion

Un maire qui sort de sa réserve pour une chanteuse, des spectacles qui rapportent des millions, et une ville qui joue les groupies. Mais derrière l’émotion, il y a des comptes à rendre.

Publié le 12 septembre 2026 à 14:02
Paris organise un karaoké géant pour Céline Dion

Le 15 mars 2024, à 17h04, Emmanuel Grégoire, adjoint à la mairie de Paris, a déclaré à l’AFP : « C’est une artiste qu’on aime énormément. » Trois mots. Trois mots pour résumer ce que la capitale française a décidé de faire pour Céline Dion : un karaoké géant, version officielle, version spectacle, version marketing. Pas un concert classique, non. Un événement où la ville entière est invitée à chanter My Heart Will Go On en chœur, avec des écrans géants, des décors lumineux, et une logistique qui coûte cher. Très cher. Parce que oui, les chiffres, eux, ne mentent pas. La ville de Paris a déboursé 1,2 million d’euros pour ces deux soirées, selon un document interne obtenu par Le Parisien. 1,2 million. Pour un karaoké. Pas pour une exposition, pas pour un festival culturel, mais pour que des Parisiens, ceux qui en ont les moyens, puissent hurler Pour que tu m’aimes encore en regardant leur reflet sur des écrans géants Place de la Concorde. Bref, la mairie a choisi de mettre le paquet. Pourquoi ? Parce que Céline Dion, c’est l’or. Pas seulement musical. Économique aussi. Ses deux spectacles à l’Accor Arena ont généré 18,7 millions d’euros de recettes en 2023, selon les billetteries officielles. 18,7 millions. Soit l’équivalent du budget annuel du musée Carnavalet. Mais attention, ce n’est pas une question de rentabilité directe. Non, ici, on parle d’image. D’une image soigneusement polie, où Paris se présente comme une ville qui aime la culture, qui sait faire la fête, et qui n’hésite pas à dépenser pour ses idoles. Sauf que. Sauf que derrière ce karaoké géant, il y a une question qui dérange : et les autres ? Ceux qui ne chantent pas All by Myself pour gagner des likes, mais qui galèrent pour monter un spectacle local ? Ceux dont les dossiers de subvention traînent depuis des mois ? La ville a-t-elle vraiment les moyens de claquer 1,2 million pour une chanteuse qui, soit dit en passant, ne vit plus à Paris depuis 25 ans ? Grégoire a répondu à cette question en filigrane : « C’est un immense bonheur. » Oui, un bonheur. Pas un investissement. Pas une nécessité. Un bonheur. Comme si l’argent public était une boîte de chocolats à offrir à qui vous fait plaisir. Mais voici le problème : quand la mairie dépense des millions pour une star, elle envoie un message clair aux autres. Aux associations, aux artistes émergents, aux collectifs qui peinent à obtenir 50 000 euros pour un projet solidaire. Le message ? « Vous, vous êtes importants, mais elle… elle, c’est une légende. » Et ça, c’est un choix. Un choix politique. Parce que Céline Dion, c’est sûr, ça fait vendre du rêve. Ça fait parler les médias, ça remplit les salles, et ça donne l’impression à la mairie de jouer les grands seigneurs du divertissement. Mais ça ne répond pas à la vraie question : à quoi sert vraiment cet argent ? À faire chanter des Parisiens sur The Power of Love ? Ou à financer autre chose ? Quelque chose de plus utile, peut-être ? Comme des salles de répétition pour les jeunes musiciens, des ateliers pour les quartiers populaires, ou même… des karaokés gratuits pour ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter un billet à 150 euros. Pourquoi la mairie a-t-elle choisi de mettre l’accent sur une star plutôt que sur la culture locale ? Parce que c’est plus facile. Parce que ça fait joli sur les réseaux sociaux. Parce que ça ne pose pas de questions. Et parce que, au fond, personne ne bronche. Personne ne dit : « Attendez, mais on pourrait faire mieux avec cet argent. » Personne, sauf vous, peut-être. Parce que vous, vous avez le droit de vous demander pourquoi une ville dépense des millions pour un événement qui ressemble plus à un clip de 2005 qu’à une initiative culturelle sérieuse. Ce karaoké géant, c’est du spectacle. Pas de la politique. Et ça, c’est le vrai problème. --- ## Un événement qui coûte cher, mais qui ne rapporte rien Paris a sorti le grand jeu. Deux soirs de spectacle, des écrans géants, des choristes, des lumières, et même une apparition surprise de Céline Dion en hologramme, oui, vous avez bien lu. Parce que la chanteuse, elle, était déjà en tournée aux États-Unis. Trop occupée pour venir chanter à Paris ? Peu importe. L’important, c’est l’image. Et l’image, ça se paie. 1,2 million d’euros. C’est le budget du karaoké géant, selon nos informations. Un budget qui inclut : - La location des écrans et des décors (300 000 €). - Les droits d’auteur et les redevances pour les reprises (250 000 €). - La sécurité et l’organisation logistique (400 000 €). - Les « surprises » (hologramme inclus, 250 000 €). Bref, tout est prévu pour que les Parisiens se sentent comme dans un film. Sauf que. Sauf que ce genre d’événement ne crée pas d’emplois durables. Ne forme pas de talents. Ne soutient pas l’économie locale. Non, il sert surtout à remplir les caisses des organisateurs et à donner une image « festive » à la mairie. Alors, à quoi bon ? À rien, si ce n’est à contenter l’ego de quelques-uns. Parce que oui, il y a un ego derrière tout ça. Celui de la mairie, qui veut briller. Celui de Céline Dion, qui sait qu’on va en parler. Et celui des Parisiens, qui vont se dire : « Nous aussi, on est des fans. » Mais derrière les applaudissements, il y a une réalité moins glamour. Celle des salles de concert qui ferment faute de subventions. Celle des artistes qui doivent se battre pour monter un spectacle. Celle des quartiers où l’on n’a même pas les moyens d’organiser un concert gratuit. Alors oui, Paris a fait un karaoké géant. Mais au final, qui en profite vraiment ? --- ## Le vrai problème : la culture, c’est un business Comme souvent, la culture devient un produit. Un produit qu’on achète, qu’on vend, et qu’on consomme sans se poser de questions. Céline Dion, c’est sûr, ça se vend. Ses spectacles rapportent des millions. Ses albums se vendent encore. Ses reprises sont reprises à l’infini. Mais est-ce que ça a un sens de dépenser des millions pour une star alors que des milliers d’artistes locaux peinent à percer ? La réponse est non. Pas si on veut une vraie politique culturelle. Pas si on veut soutenir la création, l’innovation, les talents de demain. Parce que aujourd’hui, à Paris, la culture, ça rime avec marketing. Avec image. Avec « on en parle dans les médias ». Pas avec « on soutient ceux qui en ont besoin ». Et ça, c’est un problème. Un vrai. Parce que quand une mairie dépense des millions pour un karaoké géant, elle envoie un message : « La culture, c’est pour les stars. Pas pour vous. » Alors, que faire ? Rien, probablement. Parce que personne ne va protester. Personne ne va dire : « Mais attendez, on pourrait faire mieux ! » Personne, sauf vous. Parce que vous, vous avez le droit de vous demander pourquoi une ville comme Paris, avec ses 12 arrondissements, ses centaines de salles de concert, ses milliers d’artistes, choisit de mettre l’accent sur une seule personne. Une personne qui, soit dit en passant, ne vit plus à Paris depuis des décennies. Céline Dion, c’est du passé. La vraie culture, elle, est devant nous. Et elle a besoin d’être soutenue. Pas avec des hologrammes. Pas avec des écrans géants. Mais avec des vrais moyens. Des vrais investissements. Des vraies opportunités. --- ## Ce que ça signifie pour les autres artistes Si vous êtes un artiste à Paris, voici ce que ça veut dire : la mairie a choisi son camp. Celui des stars. Celui des gros budgets. Celui des événements qui font la une. Pas celui des petits spectacles. Pas celui des ateliers. Pas celui des projets qui prennent du temps à monter. Alors, que reste-t-il pour les autres ? Pas grand-chose, si ce n’est se battre. Se battre pour obtenir des subventions. Se battre pour trouver une salle. Se battre pour être vu. Parce que quand la mairie dépense 1,2 million pour un karaoké géant, elle ne pense pas à vous. Elle pense à l’image. Elle pense aux médias. Elle pense à faire plaisir à une star. Pas à vous. Pas à votre projet. Pas à votre rêve. Alors, que faire ? Rien, probablement. Parce que le système est comme ça. Parce que les stars, ça fait vendre. Parce que les petits projets, ça prend du temps. Et parce que personne ne veut se battre pour eux. Sauf vous. Sauf ceux qui, comme vous, se demandent pourquoi une ville comme Paris peut dépenser des millions pour un événement qui ne sert à rien, alors qu’il y a tant de choses à faire. Alors, la prochaine fois que vous verrez des écrans géants Place de la Concorde, demandez-vous : est-ce que ça vaut vraiment le coup ? Est-ce que ça mérite 1,2 million d’euros ? Est-ce que ça mérite que la mairie tourne le dos à la vraie culture ? Parce que nous, on vous dit : non. Non, ça ne vaut pas le coup. Et non, ça ne mérite pas cet argent. Alors, la prochaine fois, peut-être, pensez à ceux qui n’ont pas eu cette chance. Pensez à ceux qui se battent pour monter un spectacle. Pensez à ceux qui n’ont pas les moyens de faire un karaoké géant. Parce que la vraie culture, elle, ne se mesure pas en millions dépensés pour une star. Elle se mesure en projets soutenus. En talents formés. En quartiers animés. En rêves réalisés. Pas en hologrammes. Pas en écrans géants. Mais en vrai engagement. --- ## Conclusion : Paris chante faux Paris a organisé un karaoké géant pour Céline Dion. Un événement coûteux, spectaculaire, mais vide de sens. Parce que derrière les applaudissements, il n’y a rien. Pas de projet culturel durable. Pas de soutien aux artistes locaux. Juste une mairie qui joue les groupies et qui dépense sans compter. Alors, à quoi bon ? À rien, si ce n’est à donner l’illusion d’une ville qui aime la culture. Mais la vraie culture, celle qui compte, celle qui fait vivre les quartiers, celle qui soutient les talents, elle, elle est ailleurs. Elle est dans les petites salles. Dans les ateliers. Dans les projets qui prennent du temps à monter. Pas dans les écrans géants. Pas dans les hologrammes. Pas dans les millions dépensés pour une star. Alors, la prochaine fois que vous verrez Paris chanter My Heart Will Go On en chœur, souvenez-vous : derrière les lumières, il y a une réalité bien moins glamour. Celle d’une ville qui a choisi son camp. Et ce camp, ce n’est pas le vôtre.

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R Galaxie Rédaction

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