Le chiffre qui devrait vous réveiller en plein milieu de la nuit : 18 000 femmes diagnostiquées chaque année en France pour un cancer gynécologique. Et devinez quoi ? La moitié d’entre elles sont déjà à un stade avancé quand on leur annonce la nouvelle. Pas besoin d’être médecin pour comprendre que c’est trop tard. Pourtant, le mois de septembre est dédié à ces cancers, et personne ne semble vraiment s’en soucier comme il le devrait. Pourquoi ? Parce que parler de dépistage à 25 ans, c’est comme parler de retraite à un ado : ça semble lointain, abstrait, presque insultant. Sauf que non. À 25 ans, on a souvent déjà eu des rapports, des infections, des anomalies. Et parfois, on ignore tout simplement qu’il faut y prêter attention avant que ce ne soit trop tard.
L’Institut du Cancer de Montpellier (ICM) rappelle que les cancers du col de l’utérus, de l’ovaire ou de l’endomètre ne frappent pas qu’aux alentours de 60 ans. Le cancer du col de l’utérus, par exemple, touche des femmes dès 30 ans, avec un pic à 45 ans. Mais combien d’entre vous savent que le test de dépistage commence à 25 ans pour les femmes à risque ? Combien savent que les symptômes, saignements anormaux, douleurs pelviennes persistantes, ne sont pas toujours liés à la ménopause, mais peuvent être les premiers signes d’un problème bien plus grave ?
Pourtant, les femmes attendent. Elles attendent que ça passe. Elles attendent que le médecin leur dise que c’est ‘normal’. Et pendant ce temps, le cancer progresse. Une étude de l’INCa (Institut National du Cancer) montre que 30 % des diagnostics de cancer de l’ovaire sont faits à un stade métastatique, quand les chances de survie à 5 ans chutent à 25 %. À 25 ans, on n’a pas envie d’y penser. Mais à 35, 40, ou 50 ans, quand le diagnostic tombe, c’est souvent trop tard pour regretter.
Le problème, c’est que la prévention est un mot vide de sens tant qu’on ne l’a pas vécue. Les campagnes de dépistage existent, mais elles parlent à des femmes qui ont déjà un historique médical, des antécédents familiaux, ou des symptômes évidents. Elles oublient celles qui n’ont rien, mais qui pourraient avoir quelque chose. Et puis, il y a la honte. La honte de se faire examiner, la honte de poser des questions, la honte de ne pas savoir. Résultat : les femmes consultent en moyenne 6 mois après l’apparition des premiers symptômes. Six mois. Six mois pendant lesquels un cancer peut passer d’un stade localisable à une maladie généralisée.
Alors, que faire à 25 ans ?
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Arrêtez d’attendre. Si vous avez des rapports sexuels, même protégés, vous êtes à risque. Le virus du papillome humain (VPH), responsable de la plupart des cancers du col de l’utérus, se transmet par contact cutané. Pas besoin d’attendre 30 ans pour faire un premier frottis. À 25 ans, c’est l’âge idéal pour commencer. Le dépistage du VPH est remboursé à 100 % depuis 2021 pour les femmes de 25 à 65 ans. Alors, pourquoi ne pas en profiter ?
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Ne minimisez pas les signes. Des saignements après un rapport ? Une douleur persistante dans le bas-ventre ? Des pertes anormales ? Ce n’est pas ‘juste un problème de règles’. C’est un signal. Et si votre médecin vous dit que c’est normal, exigez un deuxième avis. Parce que le cancer de l’endomètre, par exemple, est souvent confondu avec des troubles bénins. Et quand on vous dit que ‘ça peut attendre’, ça veut souvent dire que ça attendra… jusqu’à ce qu’il soit trop tard.
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Parlez-en. Vraiment. Avec votre médecin, mais aussi entre amies. Le cancer gynécologique, c’est encore un sujet tabou. On en parle comme d’une fatalité, d’un ‘risque’ lointain. Pourtant, les cancers de l’ovaire tuent plus de femmes que le cancer du sein, parce qu’ils sont diagnostiqués trop tard. Parce qu’on ne sait pas les repérer. Parce qu’on a peur d’en parler.
L’ICM propose des consultations spécialisées, des imageries, des prises en charge précoces. Mais à quoi bon si les femmes ne se présentent pas ? Si vous avez 25 ans et que vous lisez ça en pensant ‘ça ne me concerne pas’, demandez-vous pourquoi. Parce que le cancer ne choisit pas. Il ne vous attendra pas. Il ne vous dira pas ‘attends encore un peu’. Il progresse. Silencieusement. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour faire machine arrière.
Alors, cette année, à 25 ans, faites-le. Prenez rendez-vous. Pas pour vous, mais pour celles qui, comme vous, ignorent encore qu’elles devraient.