Les hôpitaux vietnamiens détectent enfin le VIH avec précision, mais l’hépatite C reste un défi

À Long An, un nouvel outil de biologie moléculaire révolutionne le dépistage du VIH et des hépatites. Pourtant, les limites du système persistent, notamment face à l’hépatite C, où les coûts et les compétences manquent encore. Un progrès inégal.

Publié le 14 septembre 2026 à 08:14
Les hôpitaux vietnamiens détectent enfin le VIH avec précision, mais l’hépatite C reste un défi

En 2023, l’hôpital général de Long An, dans la province de Tay Ninh, a installé un système de tests de biologie moléculaire de nouvelle génération. Sur le papier, c’est une avancée : quantification précise des virus, suivi des traitements, dépistage du cancer du col de l’utérus. Mais sur le terrain, tout n’est pas si simple. Le VIH, enfin traqué avec des chiffres concrets. Avant, les tests étaient lents, imprécis, ou simplement absents dans les zones rurales. Résultat : des patients en phase avancée, des traitements commençant trop tard. Aujourd’hui, avec cette machine, on sait exactement combien de virus circulent dans le sang d’un patient. Pas besoin d’attendre des semaines pour un résultat. Pas de place pour l’erreur humaine. Sauf que. L’hépatite C, elle, résiste encore. Pas par manque de technologie, mais par manque de moyens. Le Vietnam compte environ 1,2 million de porteurs chroniques du virus (source : OMS, 2022). Pourtant, moins de 30 % d’entre eux sont diagnostiqués. Pourquoi ? Parce que les tests moléculaires coûtent cher. Parce que les médecins formés à les utiliser sont rares. Parce que le système de santé public, déjà saturé, ne peut pas tout absorber d’un coup. Un progrès qui se heurte à la réalité. À Long An, les techniciens forment les infirmiers à utiliser la machine. Mais dans les districts voisins, certains hôpitaux n’ont même pas de réfrigérateur pour conserver les échantillons. La biologie moléculaire, c’est comme un couteau suisse : ça coupe, mais si vous n’avez pas la main ferme, vous vous coupez vous-même. Le cancer du col de l’utérus, lui, profite un peu de l’aubaine. Grâce à ces tests, le dépistage du VPH (virus du papillome humain) devient plus fiable. Moins de faux négatifs, moins de femmes envoyées chez le gynécologue pour rien. Sauf que là encore, le problème n’est pas la machine, mais l’accès. Une femme sur trois dans les zones rurales n’a jamais fait de frottis. Alors, on avance ou on recule ? Officiellement, le Vietnam mise sur la décentralisation : ces machines doivent être déployées dans tout le pays d’ici 2027. Mais entre les promesses et les faits, il y a un gouffre. Prenez le cas de l’hépatite B : 8 % de la population en est porteuse, mais seulement 10 % des cas sont détectés à temps. La biologie moléculaire existe. Les protocoles existent. Ce qui manque, c’est la volonté politique de financer ça à grande échelle. Sans ça, même les meilleures machines ne serviront à rien. Derrière les chiffres, il y a des vies. Un patient VIH+ qui sait qu’il est séropositif à temps a 90 % de chances de vivre une vie normale. Un hépatique C non diagnostiqué a 20 % de risques de mourir d’un cancer du foie. La technologie, ça ne suffit pas. Il faut aussi des médecins, des labs, des budgets. Et aujourd’hui, à Long An, on a la machine. Mais pas encore tout le reste. Ce qui se joue ici, c’est une question de priorités. Le Vietnam dépense 2,3 % de son PIB en santé (contre 11 % en France). Avec ces moyens, impossible de tout faire. Alors on choisit. Et pour l’instant, le VIH semble avoir gagné la partie. L’hépatite C, elle, attend encore son tour.

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R Galaxie Rédaction

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