d’un robot ? Une machine qui produit des vis en série ne rapporte pas la même chose qu’un algorithme de trading qui génère des milliards. Et puis, il y a le risque : taxer les robots, c’est taxer l’innovation. Les entreprises pourraient ralentir leurs investissements, ou délocaliser leurs usines dans des pays où la taxe n’existe pas. Résultat ? Moins de progrès, mais aussi moins d’emplois créés ailleurs. Gates minimise ces risques. Mais les faits sont têtus : en Chine, les usines robotisées ont bien sûr supprimé des emplois… avant d’en recréer d’autres, souvent moins bien payés. La promesse d’un filet social plus large reste à prouver.
Ce que les marchés ignorent encore
Ce qui est sûr, c’est que personne ne sait encore comment ça va se passer. Les gouvernements tergiversent. Les lobbies des techs et des industriels se mobilisent déjà pour édulcorer la proposition. Et les citoyens ? Ils sont loin d’être convaincus. Une enquête YouGov de 2025 montrait que seulement 38 % des Français soutenaient l’idée de taxer les robots. Pourquoi ? Parce que beaucoup craignent que ça ne serve qu’à remplir les caisses de l’État sans vraiment protéger ceux qui perdent leur travail.
Pourtant, Gates a un argument massue : sans cette taxe, c’est le système tout entier qui s’effondre. Les recettes fiscales baissent, les inégalités explosent, et les États n’ont plus les moyens de financer les retraites ou la santé. Son essai ne dit pas explicitement qu’il faut taxer les robots pour sauver le capitalisme. Mais c’est l’idée sous-jacente. Et ça, personne ne veut l’admettre.
Le vrai jeu : qui contrôle l’argent du futur ?
Derrière la taxe sur les robots, il y a une guerre bien plus large. Celle qui oppose ceux qui veulent réguler l’IA et l’automatisation à ceux qui misent sur une libéralisation totale, avec l’espoir que le marché réglera tout seul. Gates, lui, mise sur le premier camp. Pas par altruisme, mais parce qu’il a vu où ça mène : des sociétés fracturées, des États affaiblis, et une classe moyenne qui s’effrite. Sa proposition n’est pas une solution miracle. Mais c’est un signal clair : le statu quo n’est plus tenable.
Reste une question : et si la taxe sur les robots ne servait qu’à masquer un problème bien plus profond ? Celui d’un système économique qui ne sait plus redistribuer la richesse. Gates le sait. Mais personne ne veut en parler.
Parce que taxer les robots, c’est bien. Mais ce qui compte vraiment, c’est de savoir qui va en profiter.