51 % de risque de démence en moins avec du bicarbonate

Une étude suggère que le bicarbonate réduit de moitié le risque de démence, mais Alzheimer’s Society met en garde : les preuves ne sont pas assez solides. Pourquoi cette contradiction ? Et surtout, que faire ?

Publié le 4 octobre 2026 à 20:10
51 % de risque de démence en moins avec du bicarbonate

Le bicarbonate, remède miracle ou leurre médiatique ?

On vous parle souvent de compléments coûteux pour protéger votre cerveau. Pourtant, la solution pourrait traînait dans votre cuisine depuis des années. 51 % de réduction du risque de démence. Le chiffre est là, signé par une équipe de neurologues américains. Leur hypothèse ? Le bicarbonate, en équilibrant l’acidité du sang, limiterait l’inflammation cérébrale, un facteur connu d’Alzheimer. Sauf que. Sauf que les mêmes chercheurs ajoutent, entre les lignes, que leurs résultats sont préliminaires. Sauf que l’étude a été menée sur un échantillon de 120 patients seulement, tous déjà fragilisés par des antécédents médicaux. Sauf que personne ne sait encore quelle dose prendre, ni sous quelle forme, en poudre, en comprimé, en boisson ?

Et puis il y a Alzheimer’s Society, qui sort un communiqué pour tempérer l’enthousiasme. « Les preuves ne sont pas assez solides pour recommander le bicarbonate comme traitement ou prévention », explique leur porte-parole. Traduction : on ne va pas vous dire de vous ruiner en bicarbonate, mais on ne va pas non plus vous dire de vous en mettre à la chaîne. Parce que le vrai danger, ce n’est pas le bicarbonate. C’est l’effet placebo qui va vous faire négliger les traitements qui, eux, ont des preuves.

Le bicarbonate, c’est comme le café : tout le monde en boit, tout le monde en parle, mais personne ne sait vraiment ce que ça fait. Sauf que là, on parle de votre cerveau. Alors avant de vous lancer dans des cures maison, une question s’impose : pourquoi les experts jouent-ils les trouble-fêtes ?

L’étude qui divise tout le monde

Revenons à cette étude de l’Université de Californie. 120 patients, 5 ans d’observation, un résultat spectaculaire. Les participants, tous diagnostiqués avec des troubles cognitifs légers, ont vu leur déclin ralentir significativement après avoir intégré du bicarbonate dans leur alimentation. Mais. Mais il y a un mais de taille : aucun groupe témoin. Comment savoir si c’est vraiment le bicarbonate qui agit, ou si c’est l’effet d’un changement d’hygiène de vie, d’une meilleure hydratation, ou simplement du hasard ?

Les chercheurs eux-mêmes le reconnaissent : « Il faut des essais cliniques plus larges pour confirmer ces résultats. » Problème : quand on parle de santé, les essais cliniques, ça prend du temps. Et du temps, c’est ce qu’on n’a pas quand on a 60 ans et qu’on commence à oublier où on a posé ses lunettes.

Alzheimer’s Society va plus loin. « On voit des titres accrocheurs partout, mais les mécanismes ne sont pas compris », rappelle leur porte-parole. Autrement dit : on ne sait pas pourquoi ça marcherait. Est-ce l’alcalinisation du sang ? La réduction de l’inflammation ? Ou simplement le fait que les patients qui prennent du bicarbonate sont plus attentifs à leur santé globale ? Personne ne peut le dire.

Le vrai problème, ce n’est pas le bicarbonate

Si vous attendez cette étude pour vous mettre à en consommer, vous risquez de passer à côté de ce qui marche vraiment. Parce que pendant que tout le monde débat du bicarbonate, les traitements efficaces contre la démence, eux, existent.

  • L’exercice physique. Une étude de l’American Heart Association montre que 30 minutes de marche par jour réduisent de 50 % le risque de déclin cognitif. Pas besoin de bicarbonate, juste des baskets.
  • L’alimentation méditerranéenne. Olives, poisson gras, noix : le régime qui protège le cerveau, c’est celui que les Grecs et les Italiens suivent depuis des décennies. Pas de poudre magique, juste des habitudes.
  • Le sommeil. Un manque de sommeil chronique accélère la formation des plaques amyloïdes, ces fameuses protéines liées à Alzheimer. Dormir 7 heures par nuit, c’est déjà un acte de prévention.

Alors pourquoi le bicarbonate fait-il autant parler ? Parce que c’est simple, bon marché, et ça ne demande aucun effort. On aime les solutions faciles. Surtout quand elles viennent d’une étude qui fait la une. Mais la démence, ça ne se soigne pas avec des titres choc.

Que faire maintenant ?

Si vous voulez tester le bicarbonate, faites-le avec prudence.

  • Ne dépassez pas 1 cuillère à café par jour, diluée dans de l’eau. Trop, et vous risquez des troubles digestifs.
  • Ne remplacez pas vos traitements par du bicarbonate. Si vous prenez des médicaments pour la tension ou les reins, consultez un médecin avant de vous lancer.
  • Surveillez les effets. Si vous vous sentez mieux, c’est peut-être l’effet placebo. Si rien ne change, c’est peut-être autre chose.

Mais surtout, ne comptez pas sur le bicarbonate pour tout résoudre. La vraie prévention, c’est bouger, bien manger, dormir, et faire vérifier sa mémoire régulièrement.

Parce que le pire, dans cette histoire, ce n’est pas que le bicarbonate ne marche pas. C’est que ça puisse détourner l’attention de ce qui, vraiment, fonctionne.

La leçon à retenir

Les médias adorent les études qui promettent des miracles. Le bicarbonate, c’est un peu comme ça. Un chiffre qui claque, une solution à portée de main, et hop, tout le monde en parle. Sauf que la science, elle, est plus nuancée.

Alors oui, le bicarbonate pourrait avoir un effet. Mais non, on ne va pas vous dire de vous ruiner en poudre magique. Parce que la démence, ça se prévient avec des habitudes, pas avec des recettes de journal.

La prochaine fois qu’une étude fera parler d’elle, demandez-vous toujours : Est-ce que c’est prouvé ? Est-ce que c’est sûr ? Et surtout, est-ce que c’est plus important que ce qu’on sait déjà ? Pour votre cerveau, la réponse est souvent non.

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R Galaxie Rédaction

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