L’Australie vend son charbon à qui veut l’acheter et préside la COP31

Canberra mise sur les énergies vertes à la COP31 tout en boostant son export de charbon. Un coup de théâtre ? Non, une stratégie. Voici pourquoi ça ne changera rien aux émissions mondiales.

Publié le 7 octobre 2026 à 18:08
L’Australie vend son charbon à qui veut l’acheter et préside la COP31

L’Australie, championne du charbon malgré elle ?

Pas vraiment. Le pays a exporté 597 millions de tonnes de charbon en 2023, soit près de 30 % des exportations mondiales. La Chine en a racheté la moitié. Les prix ont explosé : +60 % depuis 2020. Résultat ? Les profits des mineurs comme BHP ou Rio Tinto frôlent les records. Pourtant, à Dubai, le Premier ministre australien, Anthony Albanese, va jouer les écologistes en chef. Son argument ? « Nous sommes le pays qui a le plus réduit ses émissions par habitant depuis 2005. » Vrai, mais pas grâce à lui : c’est parce que l’industrie lourde a délocalisé vers l’Asie. Pendant ce temps, les centrales à charbon australiennes tournent encore à plein régime. Et les projets d’expansion se multiplient. Par exemple, le port de Newcastle, déjà le plus gros exportateur mondial, prévoit d’ajouter 20 millions de tonnes de capacité d’ici 2030. Tout ça avec l’aval du gouvernement. Alors oui, l’Australie installe des fermes solaires. Mais elle creuse aussi des mines. Et les deux ne s’annulent pas. Un pays ne peut pas être à la fois le fossoyeur et le sauveur du climat. Sauf à mentir. Ou à compter sur la complaisance des autres.

Le piège des « solutions locales »

Albanese et sa bande misent sur un truc simple : « Nous, on fait notre part. Les autres, qu’ils suivent. » Sauf que leur « part », c’est surtout de continuer à vendre du charbon aux pays qui n’ont pas le choix. La Chine, par exemple, a promis de réduire ses émissions… mais pas avant 2030. Et en attendant, elle a besoin de charbon pour ses aciéries. L’Inde, de son côté, mise sur le charbon jusqu’en 2040. L’Australie, elle, sait très bien que ces pays ne lâcheront pas leur dépendance du charbon du jour au lendemain. Alors elle joue la montre. D’un côté, elle finance des projets renouvelables chez elle (et ça, c’est bien). De l’autre, elle vend du charbon à ceux qui n’ont pas les moyens de se passer d’énergie bon marché. Le résultat ? Les émissions mondiales continuent de monter. Et l’Australie, en présidant la COP31, va pouvoir se donner des médailles vertes pendant que le monde brûle.

Pourquoi personne ne lui met de pression ?

Parce que le charbon australien, c’est comme le pétrole saoudien : tout le monde en a besoin, mais personne n’ose le dire. La Chine dépend de l’Australie pour 60 % de son charbon. L’UE, malgré ses belles paroles, en importe encore 10 millions de tonnes par an. Et les États-Unis ? Ils ferment leurs centrales, mais ils achètent toujours du charbon australien pour leurs usines. Alors oui, il y a des manifestations devant les mines. Oui, des ONG hurlent à la trahison. Mais au final, qui va boycotter le charbon australien ? Personne. Parce que le monde a encore besoin de cette merde noire. Même les « vertueux ».

La COP31, ou l’art de faire semblant

À Dubai, les négociateurs vont encore perdre des semaines à discuter de « contributions nationales » et de « mécanismes de financement ». Pendant ce temps, l’Australie va pouvoir se poser en modèle. « Regardez, nous avons réduit nos émissions ! » Oui, mais au prix de quoi ? Au prix de laisser les autres pays continuer à polluer. Au prix de vendre du charbon comme si demain n’existait pas. Et au prix de faire croire que la transition énergétique, c’est juste une question de bonne volonté. Or non. C’est une question de pouvoir. Et l’Australie, avec son charbon, en a encore beaucoup. Trop, même.

Ce que personne ne dit sur les renouvelables australiens

Oui, l’Australie installe des éoliennes. Oui, elle mise sur l’hydrogène vert. Oui, elle a même un plan pour devenir « neutre en carbone d’ici 2050 ». Mais voici ce que les médias ne vous montrent pas : ces énergies renouvelables, elles sont souvent financées… par des fonds publics. Et elles servent d’abord à alimenter les villes côtières. Pendant ce temps, dans l’Outback, les mines de charbon tournent à plein régime, avec des subventions indirectes via des infrastructures portuaires et ferroviaires. Bref, l’Australie fait ce qu’elle peut pour avoir l’air vert, mais elle continue de parier sur le charbon. Parce que c’est rentable. Parce que c’est facile. Et parce que personne ne lui demande des comptes.

Le vrai problème, c’est nous

On veut tous une planète propre. Mais on ne veut pas payer le prix. On veut que la Chine et l’Inde réduisent leurs émissions. Mais on ne veut pas leur couper leur approvisionnement en charbon. On veut que l’Australie préside la COP31. Mais on ne veut pas qu’elle arrête de nous en vendre. Alors on fait semblant de ne pas voir. On attend que les autres agissent. Pendant ce temps, les émissions montent. Les records de chaleur aussi. Et l’Australie, elle, continue de sourire en serrant la main des dirigeants chinois. Parce qu’au fond, tout le monde est complice. Même ceux qui font semblant de ne pas l’être.

La COP31 ne changera rien. Voici pourquoi.

Parce que l’Australie n’a aucune raison de changer. Elle a trouvé le système parfait : elle pollue moins chez elle, mais elle vend du charbon aux autres. Elle fait semblant de croire en la transition, mais elle continue de creuser. Et elle préside la COP31 en se donnant bonne conscience. Le pire ? Personne ne lui en veut vraiment. Parce que le monde a encore besoin de son charbon. Même si ça signifie qu’on recule. Toujours.

Alors oui, Albanese va parler de « justice climatique » à Dubai. Oui, il va promettre des milliards pour les pays pauvres. Mais entre deux discours, il signera des contrats pour exporter encore plus de charbon. Parce que c’est comme ça. Et parce que personne n’a le courage de lui dire non. Pas encore.

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R Galaxie Rédaction

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