Asus étouffe son Googlebook 14 sous ChromeOS, un PC premium en surchauffe.

Le dernier né d'Asus pousse les limites du Chromebook premium, mais son OS reste un boulet. Analyse d'un produit qui mérite mieux.

Publié le 16 octobre 2026 à 08:05
Asus étouffe son Googlebook 14 sous ChromeOS, un PC premium en surchauffe.

Un écran OLED qui fait oublier les limites de ChromeOS

L’écran est une réussite. Asus a réussi à intégrer un panneau OLED 14 pouces sans alourdir le châssis, qui pèse à peine 1,4 kg. Les couleurs sont vives, les noirs profonds, et la luminosité reste correcte en plein jour. Le seul vrai défaut ? Les angles de vue. Si vous regardez l’écran de côté, les couleurs se délavent. Mais bon, c’est un problème récurrent sur les OLED, pas spécifique à ce modèle.

Le vrai problème, c’est ChromeOS. Pas parce qu’il est lent, le Core Ultra 9 gère sans sourciller les tâches basiques et même quelques logiciels Android en mode désactivé. Non, le problème, c’est qu’il est inadapté.

Prenez un exemple concret : vous voulez monter une vidéo avec Premiere Rush. Sous Windows ou macOS, c’est fluide, même avec des fichiers lourds. Sous ChromeOS ? Vous êtes limité à des versions allégées, et même là, ça laggue. Asus a tenté de contourner le problème en proposant un mode « Linux léger », mais c’est une solution de fortune. Vous installez une distro basique, vous perdez l’accès aux pilotes optimisés, et vous vous retrouvez avec un PC qui ressemble à un Chromebook des années 2010.

Et puis il y a les vraies limites. Pas celles qu’on vous vend, mais celles qui vous empêchent de travailler sereinement. Par exemple, vous ne pouvez pas désactiver le verrouillage de l’écran après une certaine durée d’inactivité. Résultat : vous laissez votre PC allumé toute la nuit pour un téléchargement, et le lendemain matin, l’écran est verrouillé. Vous devez redémarrer. Ridicule.

Pourquoi Asus persiste avec ChromeOS ?

Google et ses partenaires misent sur l’écosystème. Les Chromebooks se vendent bien en éducation, et les entreprises adorent la simplicité de gestion à distance. Mais le Googlebook 14 n’est pas un Chromebook. C’est un PC. Et là, ChromeOS devient un frein.

Prenez le cas de Lenovo. Leur ThinkPad X13s, avec un écran 13 pouces et un Core Ultra 7, coûte 1 200 €. Le Googlebook 14, lui, affiche un prix public de 1 499 €. Pour 200 € de plus, vous avez un écran plus grand, mais vous êtes coincé avec un OS qui ne supporte pas les logiciels professionnels.

Asus pourrait faire mieux. Ils ont les moyens. Leur gamme ROG est réputée pour ses performances, et leur collaboration avec Google date de 2014. Pourtant, ils continuent de parier sur ChromeOS comme si c’était la seule solution. Comme si les utilisateurs n’avaient pas besoin de flexibilité.

Et puis il y a le vrai problème : la compatibilité. Vous voulez brancher un périphérique USB-C ? Si c’est un disque dur externe, ça marche. Si c’est un appareil spécifique à votre boulot ? Bonne chance. ChromeOS ne reconnaît pas tout. Vous êtes obligés de passer par des émulateurs, des pilotes tiers, ou pire : vous abandonnez.

Ce que Google ne veut pas voir

Google pousse ChromeOS comme une alternative « simple » à Windows. Mais la simplicité a un prix : le manque de contrôle. Vous ne pouvez pas installer n’importe quel logiciel. Vous ne pouvez pas modifier le registre. Vous ne pouvez pas même vraiment personnaliser votre bureau.

Pourtant, le Googlebook 14 est un produit qui mériterait d’être flexible. Son écran est excellent. Son clavier rétroéclairé est confortable. Son trackpad est précis. Mais tout ça ne sert à rien si vous êtes limité par l’OS.

Asus a fait un bon travail sur le hardware. Dommage qu’ils aient laissé Google imposer ses règles. Parce que derrière ChromeOS, il y a une stratégie : verrouiller les utilisateurs dans l’écosystème Google. Pas question de leur laisser le choix.

Et c’est là que ça devient gênant. Parce que le Googlebook 14, avec ses performances, pourrait être un vrai concurrent à Apple et Microsoft. Sauf que non. Il reste un Chromebook premium. Un produit qui coûte cher, mais qui ne vous donne pas ce pour quoi vous payez.

Le vrai choix : un PC, ou un Chromebook ?

Vous voulez un PC portable performant ? Prenez un Dell XPS, un MacBook Pro, ou même un Lenovo ThinkPad. Vous aurez ce que vous payez.

Vous voulez un Chromebook ? Optez pour un Acer Chromebook Spin 7, moins cher et plus adapté à son usage.

Le Googlebook 14, lui, est un produit hybride qui ne convainc personne. Ni les puristes du PC, ni les fans de ChromeOS. Il est trop cher pour être un Chromebook, et trop limité pour être un vrai PC.

Asus a raté son coup. Pas à cause du hardware, il est très bien. Mais parce qu’ils ont laissé Google décider de tout. Et ChromeOS, aujourd’hui, n’est pas une solution pour les professionnels. C’est une cage dorée.

La dernière idée qui pique

Si Asus veut vraiment se différencier, il devrait proposer une version optionnelle de Windows sur ses Googlebooks premium. Pas pour tout le monde, mais pour ceux qui en ont besoin. Parce que sinon, à quoi bon payer 1 500 € pour un Chromebook qui se comporte comme un jouet ?

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R Galaxie Rédaction

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