Apple transforme Siri en clone de Google, mais personne ne veut l’admettre

Avec Siri AI, Apple mise sur une refonte radicale de son assistant, mais les limites techniques et les contraintes d’iCloud+ révèlent une stratégie plus défensive qu’ambitieuse. Le français arrive en octobre, mais le vrai combat se joue ailleurs.

Publié le 10 septembre 2026 à 16:05
Apple transforme Siri en clone de Google, mais personne ne veut l’admettre

Apple copie Google, mais en pire

Siri AI, c’est d’abord une admission : Apple a perdu la bataille des assistants vocaux. Pas besoin de chiffres pour le prouver. Il suffit d’écouter les démonstrations. Les voix expressives ? Google les maîtrise depuis des années. Les réponses contextuelles ? Amazon les propose depuis 2017. Même les petits assistants comme Bixby (Samsung) ou AliGenie (Huawei) ont des fonctionnalités que Siri n’a jamais eues. Alors oui, Apple ajoute enfin des tonalités (joyeuse, sarcastique, sérieuse) et des mémoires longues. Mais c’est comme si une équipe de football recrutait enfin un attaquant… après avoir perdu 10-0.

Le pire ? Apple sait qu’elle arrive en retard. D’où les voix expressives, d’où les promesses de personnalisation. Comme si ça pouvait compenser des années de négligence. Pire encore : ces fonctionnalités, Apple les a volées. Pas au sens juridique, mais au sens technique. Les modèles de langage conversationnels ? Basés sur les mêmes architectures que Google et Meta. Les voix ? Inspirées des travaux de NVIDIA et des startups spécialisées. Apple ne fait que combiner ce qui existe déjà. Et ça, c’est une stratégie de rattrapage, pas d’innovation.

Le détail qui tue : Siri AI sera exclusivement sur iPhone 18 Pro. Pas sur les anciens modèles. Pas sur les iPad. Pas sur Mac. Comme si Apple disait : « On vous a négligés pendant 13 ans, maintenant payez 1 500 euros pour avoir un assistant à peu près correct. » C’est du pur Apple : verrouiller l’écosystème pour justifier un prix. Sauf que cette fois, la justification est minable.

Le français arrive en octobre, mais personne n’en a que faire

Apple annonce le français pour octobre. Une bonne nouvelle ? Non. Une formalité. Parce que le français, c’est le cadet des soucis de Siri. Les utilisateurs francophones sont une minorité dans l’écosystème Apple (environ 15% des iPhone vendus en Europe, selon Counterpoint Research). Le vrai marché, c’est les États-Unis, la Chine, l’Inde. Des langues où Siri était déjà à peu près fonctionnelle. Le français, c’est un argument marketing pour les médias hexagonaux. Rien de plus.

Le vrai problème : Siri AI dépend d’iCloud+. Pas d’abonnement, pas d’assistant. Apple impose un quota mensuel de 100 requêtes gratuites. Après ? Il faut passer à iCloud+ (à partir de 0,99€/mois). Une arnaque. Parce que 100 requêtes par mois, c’est rien. Un utilisateur moyen en pose 300. Un professionnel ? 1 000. Apple force ses clients à payer pour un service qui, sans ça, serait gratuit. C’est du pur freemium agressif.

Et le pire ? Les concurrents ne font pas ça. Google Assistant et Alexa sont gratuits. Même Microsoft Cortana (oui, celle qui a coulé) était accessible sans abonnement. Apple, elle, monétise l’échec de Siri. Comme si elle disait : « Vous voulez un assistant qui marche ? Payez. »

Derrière les voix expressives, une bataille perdue d’avance

Siri AI, c’est aussi une guerre contre Google. Pas sur le terrain de l’innovation, mais sur celui du verrouillage. Apple mise sur l’écosystème fermé pour garder ses utilisateurs. Le problème ? Les utilisateurs ne veulent plus être verrouillés. Ils veulent de la liberté.

Prenez les skills (les actions personnalisées). Sur Alexa ou Google Assistant, n’importe quel développeur peut en créer une en quelques heures. Sur Siri ? Il faut passer par Apple. Et payer. Beaucoup. Les voix expressives ? Elles sont limitées aux modèles récents. Les mémoires longues ? Elles consomment de la batterie comme un fou. Bref, Apple a pris ce qui marchait chez les autres… et l’a cassé pour le rendre exclusif.

Le chiffre qui résume tout : Selon une étude de Consumer Reports (2023), seulement 12% des utilisateurs d’iPhone utilisent régulièrement Siri. 12%. Pour un assistant qui, depuis 2011, coûte des milliards en R&D. Apple a dépensé des centaines de millions à racheter des startups (comme Viv, en 2017, pour 200 millions de dollars) pour rien. Siri reste un jouet. Un gadget. Pas un outil.

Ce que personne ne dit sur Siri AI

Apple présente Siri AI comme une révolution. En réalité, c’est une capitulation.

  1. Apple abandonne l’innovation pure : Au lieu de miser sur des technologies propres (comme elle l’a fait avec les puces M1 ou l’Apple Watch), elle copie. Et mal. Les voix expressives ? Elles sonnent artificielles, comme si un algorithme avait été forcé de sourire.

  2. Elle force ses clients à payer pour un service de base : iCloud+ n’est pas un abonnement, c’est une rançon. Et les utilisateurs, surtout les petits budgets, vont râler.

  3. Elle ignore le vrai marché : Le français, c’est bien. Mais le chinois ? L’arabe ? L’hindi ? Apple les néglige. Pendant ce temps, Google et Amazon dominent l’Asie et le Moyen-Orient. Siri AI, c’est un assistant occidental. Point.

  4. Elle ne résout pas le problème de fond : Siri est lent. Même avec l’IA, elle metra toujours 2 secondes à répondre. Parce que Apple refuse de externaliser ses serveurs (contrairement à Google, qui utilise le cloud public). Résultat ? Une latence qui agace, même avec les nouvelles puces.

La vraie raison pour laquelle Apple pousse Siri AI

Ce n’est pas l’IA. Ce n’est pas le français. C’est la survie.

Apple voit Google et Amazon grignoter des parts de marché sur les smart home, les automations, les recherches vocales. Si Siri ne progresse pas, l’iPhone devient juste un téléphone. Un gadget. Pas un écosystème.

Alors oui, Siri AI a des voix expressives. Oui, elle comprend mieux le contexte. Oui, elle arrive en français. Mais derrière ça, il y a une peur : et si les utilisateurs quittent l’iPhone parce que son assistant est nul ?

Apple joue serré. Très serré. Et Siri AI, c’est son dernier jeton.

Conclusion : un assistant qui sent le désespoir

Siri AI n’est pas une avancée. C’est un désespoir. Celui d’une entreprise qui a pris du retard et qui tente, en désespoir de cause, de rattraper son retard en verrouillant son écosystème. Les voix expressives ? Un leurre. Les quotas iCloud+ ? Une arnaque. Le français en octobre ? Une formalité.

Le vrai problème, c’est que personne ne croit vraiment à Siri. Pas les développeurs, pas les utilisateurs, pas même Apple. Alors quand Tim Cook dit que « Siri est l’avenir », tout le monde rit… mais en silence.

R
R Galaxie Rédaction

ARTICLES SIMILAIRES

Politique De ConfidentialitéMentions LégalesConditions Générales De VenteConditions Générales D'utilisationPolitique De CookiesTous Droits RéservésR Galaxie