Pourquoi cette journée à Seurre, et pas ailleurs ?
Les Hospices Civils de Beaune jouent les hôtes. Mercredi 23 septembre, ils invitent à Seurre pour leur 4ᵉ édition d’une journée dédiée à la maladie d’Alzheimer. Gratuit, ouvert à tous, le programme sent bon l’accessibilité : ateliers, échanges, informations. Sauf que. Sauf que Seurre, c’est à 20 minutes de Beaune, un trou un peu à l’écart où les gens viennent moins souvent qu’à l’hôpital central. Un choix curieux, non ?
Pourtant, c’est là que ça se passe. Pas à Beaune, où les services mémoire sont saturés, où les listes d’attente pour un diagnostic dépassent les 6 mois dans certains cas. Non, à Seurre. Comme si on avait besoin d’une journée pour rappeler que la maladie existe, alors que les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1,2 million de personnes touchées en France, dont 900 000 en perte d’autonomie selon la Fondation Alzheimer. Et dans le département de la Côte-d’Or ? Les données manquent. Mais les infirmiers libéraux vous le diront : ça pullule.
Alors pourquoi Seurre ? Peut-être parce que Beaune, c’est la vitrine. Et la vitrine, ça doit rester propre.
Les ateliers, ça cache quoi ?
Le programme est simple : des temps d’échange, des témoignages, des infos pratiques. Rien de révolutionnaire. Sauf que. Sauf que derrière ce vernissage, il y a un problème de fond : les Hospices de Beaune peinent à assumer leur rôle dans la prise en charge d’Alzheimer.
Prenez les unités spécialisées. À Beaune, il n’y en a qu’une seule, et elle est saturée. Les familles attendent des mois pour y entrer. Résultat ? Beaucoup se tournent vers des solutions privées, ou pire, abandonnent. À Seurre, où l’offre est quasi inexistante, les gens se débrouillent comme ils peuvent. Les aidants s’épuisent, les malades restent seuls. Et les Hospices ? Ils organisent une journée. Une fois par an.
C’est ça, le vrai sujet. Pas la maladie en elle-même, mais l’incapacité du système à la gérer. Les ateliers du 23 septembre, c’est du cosmétique. Du papier peint sur un mur qui pourrit.
Ce qu’on ne vous dira pas sur les coûts
Alzheimer, ça coûte cher. Très cher. 12 000 euros par an et par patient, selon la Drees. Les Hospices de Beaune le savent. Mais ils ne le disent pas. Pas dans leurs communiqués, pas dans leurs journées d’information. Pourquoi ? Parce que ça fait mal.
À Seurre, comme ailleurs, les budgets sont serrés. Les aides publiques ? En baisse. Les familles ? À bout. Et les Hospices ? Ils font semblant de s’en occuper. Une journée par an, des ateliers, des brochures. Assez pour la com’, pas assez pour les actes.
Prenez l’exemple des plateaux techniques. À Beaune, le scanner pour les diagnostics est souvent en panne. Les délais ? Trois mois. Trois mois pendant lesquels une famille attend, s’inquiète, dépérit. Pendant ce temps, les Hospices organisent des journées. Des journées qui ne changent rien.
La vraie question : et après ?
Mercredi 23 septembre, vous pourrez assister à des ateliers à Seurre. Vous repartirez avec des flyers, des contacts, peut-être un peu d’espoir. Mais la question qui tue, personne ne la pose : qu’est-ce qu’on fait concrètement après ?
Parce que les journées d’information, ça ne soigne pas. Ça ne réduit pas les listes d’attente. Ça ne forme pas assez les médecins généralistes, qui sont souvent les premiers à croiser la maladie. Ça ne crée pas de places en EHPAD spécialisés, où les tarifs explosent (entre 2 500 et 3 500 euros par mois).
Les Hospices de Beaune jouent la carte de la visibilité. Ils savent qu’Alzheimer, c’est un sujet sensible. Qu’il fait peur. Qu’il touche tout le monde, directement ou indirectement. Alors ils en parlent. Une fois par an. En évitant soigneusement les vrais dossiers.
Ce que ça veut dire pour vous
Si vous avez un proche atteint, cette journée ne changera pas grand-chose. Sauf si vous arrivez à faire bouger les lignes. Parce que les solutions existent, mais elles coûtent. Et les Hospices, comme beaucoup d’autres, préfèrent les ateliers aux investissements.
Alors mercredi, allez-y si vous voulez. Mais gardez en tête une chose : derrière le sourire des organisateurs, il y a un système qui lâche. Et personne ne semble vouloir en parler vraiment.