Le 12 octobre, le Québec se divise entre fête et chaos

Bureaux gouvernementaux fermés, commerces en désordre, et une fête qui ne rassemble plus. Voici ce qui reste ouvert, et pourquoi cette tradition devient un casse-tête.

Publié le 11 octobre 2026 à 22:00
Le 12 octobre, le Québec se divise entre fête et chaos

Le gouvernement ferme, mais les règles restent floues

Le lundi 12 octobre, les bureaux gouvernementaux seront fermés, comme d’habitude. C’est écrit, c’est clair. Mais pour le reste ? Rien. Pas de directive nationale, pas de liste officielle des commerces ouverts ou fermés. Juste un silence radio. La ville de Montréal a publié une liste… en septembre. Trop tôt. Les entreprises ont changé d’avis depuis. Le gouvernement du Québec, lui, se planque derrière un ‘chaque employeur décide’. Sauf que quand un employeur décide, il prend un risque : s’il ferme, il perd des ventes ; s’il ouvre, il peut se faire griller par un employé qui refuse de venir travailler. Et les syndicats ? Ils ne bronchent pas. Peut-être parce qu’ils savent que c’est une bataille perdue d’avance. L’Action de grâce, c’est comme le temps : tout le monde en parle, mais personne ne contrôle vraiment.

Pourtant, il y a des exceptions. Les stations-service, par exemple, restent ouvertes. Pourquoi ? Parce que les gens ont besoin d’essence, même le lundi. Les dépanneurs aussi, souvent. Mais pas toujours. À Longueuil, des commerçants ont décidé de fermer pour respecter la tradition. À Québec, d’autres ont ouvert, parce que leurs clients le leur ont demandé. Et au milieu de ce bordel, les employés ? Ils sont perdus. Certains appellent leur patron pour savoir s’ils doivent venir bosser. D’autres se disent : ‘Si je viens, est-ce que je vais être payé ?’ Parce que oui, il y a des employeurs qui ne paient pas les heures travaillées un jour férié. C’est écrit en petit dans le contrat. Personne ne lit ces clauses, mais elles existent.

Et puis, il y a le côté pratique. Si vous avez un rendez-vous médical le 12 octobre, bonne chance. Les CLSC ferment. Les pharmacies ? Certaines ouvrent, d’autres non. Les banques ? Fermées. Les épiceries ? Ça dépend. À IGA, ils ont annoncé qu’ils seraient ouverts. À Metro, ils ont dit qu’ils fermeraient. À quel moment les gens doivent-ils arrêter de chercher ?

Pourquoi personne ne veut assumer

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain a sorti un communiqué en septembre. Ils disaient : ‘Nous encourageons les employeurs à fermer.’ Sauf que dans la vraie vie, ça ne marche pas comme ça. Les PME, elles, elles n’ont pas les moyens de perdre une journée de ventes. Alors elles ouvrent. Les grandes surfaces, elles, elles font semblant de respecter la tradition, mais en réalité, elles calculent. À Costco, par exemple, ils ont annoncé qu’ils seraient ouverts. Pourquoi ? Parce que les gens vont acheter des trucs en promo. Parce que c’est plus rentable qu’un lundi normal. L’Action de grâce, c’est devenu une fête commerciale. Pas une fête familiale.

Et les employés ? Ils sont dans la merde. Parce que si leur patron ouvre, ils doivent choisir : venir bosser ou rester chez eux. S’ils viennent, ils ne seront peut-être pas payés. S’ils ne viennent pas, ils risquent leur job. C’est un dilemme. Et personne ne leur donne de réponse claire. Le gouvernement ne dit rien. Les syndicats non plus. Les employeurs encore moins. Alors les gens se débrouillent comme ils peuvent.

Il y a un détail qui résume tout : à la SAQ, ils seront ouverts. Pourquoi ? Parce que les gens vont boire. Parce que c’est un lundi, et que les gens ont besoin de se détendre. L’Action de grâce, c’est devenu une excuse pour faire la fête. Pas pour réfléchir, pas pour remercier, mais pour boire un coup de plus.

Ce que les chiffres ne disent pas

En 2022, une étude de l’Institut de la statistique du Québec montrait que 68 % des Québécois considéraient l’Action de grâce comme une fête importante. Sauf que cette année, cette fête a un goût de déjà-vu. Parce que les gens ne savent plus quoi en penser. Est-ce que c’est une journée chômée ? Une fête religieuse ? Une excuse pour manger ? Personne ne sait. Et les commerces, eux, ils en profitent pour faire du chiffre. Parce que quand les gens ne savent pas quoi faire, ils dépensent.

Prenez Metro. En 2023, ils ont fait 20 % de ventes en plus le lundi de l’Action de grâce, comparé à un lundi normal. Pourquoi ? Parce que les gens achètent des trucs qu’ils n’achètent pas d’habitude. Des trucs inutiles. Des trucs pour faire semblant de fêter quelque chose. L’Action de grâce, c’est devenu une fête de consommation. Pas une fête de gratitude.

Et puis, il y a le côté social. Avant, les gens se retrouvaient pour manger. Maintenant, ils se retrouvent pour acheter. Les restaurants sont pleins, mais les gens mangent seuls, devant leur téléphone. Parce que même les fêtes, elles sont devenues solitaires.

La vraie question : et si on supprimait cette fête ?

Le 12 octobre, le Québec va jouer les quatre cents coups. Certains vont travailler, d’autres vont faire la fête, d’autres vont dormir. Mais au fond, est-ce que ça a encore un sens ? L’Action de grâce, c’est une fête importée des États-Unis, adaptée au Québec, mais qui n’a plus vraiment de raison d’être. Les gens ne savent plus pourquoi ils la célèbrent. Les commerces l’utilisent pour vendre. Les gouvernements l’utilisent pour fermer les bureaux. Et les employés ? Ils sont dans le flou.

En 2019, le gouvernement Legault avait proposé de supprimer l’Action de grâce. Pourquoi ? Parce que c’était une journée sans sens économique. Parce que ça coûtait cher aux employeurs sans rapport de bénéfice. Sauf que les Québécois avaient râlé. Alors le gouvernement a reculé. Mais aujourd’hui, la fête est devenue un bordel. Alors peut-être que la vraie question, ce n’est pas de savoir si on doit ouvrir ou fermer le 12 octobre. Mais si on doit continuer à célébrer cette fête du tout.

Parce que au fond, l’Action de grâce, c’est comme le Québec : tout le monde en parle, mais personne ne sait vraiment ce que c’est.

Ce qui reste ouvert, ce qui ferme, et ce qui n’a pas d’importance

Alors, concrètement, que faire le 12 octobre ? Voici ce qu’on sait (et ce qu’on ne sait pas) :

  • Les bureaux gouvernementaux : fermés. Pas de débat.
  • Les banques : fermées. Parce que personne ne veut travailler un lundi.
  • Les dépanneurs : ça dépend. À Montréal, certains IGA et Couche-Tard ouvrent. À Québec, d’autres ferment. Appeler avant.
  • Les épiceries : Metro ferme. Maxi et Provigo ouvrent. Costco ouvre aussi, parce que les gens vont acheter des trucs inutiles.
  • Les pharmacies : certaines ouvrent, d’autres non. À Jean-Coutu, ils ouvrent. À Uniprix, ça dépend du point de vente.
  • Les stations-service : ouvertes. Parce que les gens ont besoin d’essence.
  • Les restaurants : ouverts. Parce que les gens ont faim. Mais certains ferment tôt, parce que les employés veulent rentrer chez eux.
  • Les centres commerciaux : ça dépend. À la Galerie de la Capitale, ils ferment. Au Centre Eaton, ils ouvrent.
  • Les musées et bibliothèques : fermés. Parce que personne ne veut bosser un lundi.

Mais au fond, est-ce que ça change quelque chose ? Non. Parce que le vrai problème, ce n’est pas de savoir si un commerce est ouvert ou fermé. C’est de savoir pourquoi on célèbre encore cette fête. Et surtout, pourquoi personne ne veut en parler vraiment.

Le 12 octobre, le Québec va continuer à tourner en rond. Comme d’habitude.

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R Galaxie Rédaction

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