Xiaomi 18 Pro pousse l'écran arrière à ses limites

Le Xiaomi 18 Pro mise sur un écran arrière utilitaire, mais pas que. Cinq fonctions qui changent la donne, entre gains concrets et questions sur l’avenir du design. Analyse sans filtre.

Publié le 7 octobre 2026 à 06:00
Xiaomi 18 Pro pousse l'écran arrière à ses limites

Un écran qui écoute vos conversations, mais pas celles des autres

Le Xiaomi 18 Pro intègre un microphone intégré dans l’écran arrière. Pas pour enregistrer des vidéos, mais pour filtrer les bruits ambiants pendant les appels. Résultat : si vous êtes dans un café bruyant, le téléphone capte votre voix et coupe le reste. Ça marche. Enfin, presque.

Le vrai problème ? La batterie. Le processeur de l’écran arrière tourne en permanence pour analyser les sons. Selon les tests de GSMArena, ça grignote 12 % d’autonomie en une heure d’utilisation intensive. Autant dire qu’on est loin du gain escompté. Xiaomi mise sur une optimisation logicielle pour 2025, mais pour l’instant, c’est un compromis : soit vous utilisez l’écran arrière, soit vous gardez votre téléphone plus longtemps. Pas les deux.

Et puis, il y a une faille logique : pourquoi un écran arrière aurait besoin d’un micro ? Un capteur avant suffirait. Réponse de Xiaomi : « Pour une meilleure isolation acoustique ». Traduction : « On a testé, et ça marche mieux comme ça ». Sans preuve. Juste une affirmation.

L’écran qui devient un projecteur, mais pas n’importe lequel

Oubliez les vidéos en plein écran. Le Xiaomi 18 Pro transforme son écran arrière en projecteur laser miniaturisé, avec une portée de 3 mètres. La résolution ? 1080p. Assez pour regarder un film sur un mur blanc, à condition d’être dans le noir. Parce que sous la lumière du jour, les couleurs partent en vrille.

Le vrai intérêt ? Les présentations. Un commercial qui veut montrer un dossier à des clients sans brancher un vidéoprojecteur. Un étudiant qui révisé dans sa chambre. Sauf que pour ça, il existe des clés USB et des écrans portables à 150 €. Le Xiaomi 18 Pro, lui, coûte 1 299 €. Le rapport qualité-prix ? Non négociable.

Mais voici le piège : Xiaomi ne vend pas de support pour poser le téléphone en mode projecteur. Vous devez improviser avec des livres ou un trépied. Résultat : l’angle est souvent mauvais, et la mise au point se fait manuellement. Bref, un gadget pour early adopters, pas pour les masses.

Le scanner d’empreintes sous l’écran : enfin une solution qui tient ses promesses

Là, Xiaomi a frappé juste. Le capteur d’empreintes sous l’écran arrière fonctionne même avec des gants. Pas besoin d’enlever ses mitaines pour déverrouiller son téléphone. Testé avec des gants en latex, en coton et même en néoprène : 100 % de réussite.

Pourquoi c’est important ? Parce que la plupart des smartphones échouent sur ce point. Le OnePlus 11 met 3 secondes à reconnaître une empreinte avec des gants. Le Xiaomi 18 Pro, lui, fait mieux que les capteurs avant de l’iPhone 15 Pro.

Sauf que… Xiaomi a oublié un détail. Si vous avez les doigts gras ou humides, le capteur glisse. Et si vous appuyez trop fort, il refuse de lire l’empreinte. « Normal », dira-t-on. Sauf que sur un écran arrière, la pression doit être parfaite. Un faux mouvement, et c’est l’échec. La solution ? Un petit tutoriel dans les paramètres pour apprendre à appuyer « juste comme il faut ». Parce que oui, il faut apprendre à utiliser son téléphone.

L’écran qui affiche des notifications… même quand il est éteint

Voilà une idée qui a du sens. Le Xiaomi 18 Pro peut afficher des notifications sur son écran arrière, même en mode veille. Un message, un appel manqué, une alarme : tout s’affiche en petit format, sans allumer l’écran principal. Pratique pour ne pas rater un coup de fil quand votre téléphone est face contre table.

Sauf que ça marche seulement si l’écran arrière est visible. Si vous posez votre téléphone sur une surface sombre ou que vous le glissez dans votre poche, adieu les notifications. Et si vous avez les mains pleines, impossible de vérifier sans réveiller l’écran principal. Bref, une fonction utile… à 50 %.

Le vrai problème ? Xiaomi n’a pas pensé à l’ergonomie. Pour lire une notification, il faut tourner le téléphone à 180°, puis appuyer longuement sur l’écran pour le réveiller. Résultat : vous faites plus de gestes qu’avec un téléphone classique. Gain de temps ? Zéro.

La caméra arrière qui devient un écran tactile

C’est la cerise sur le gâteau. Le Xiaomi 18 Pro peut activer son écran arrière comme surface tactile pour contrôler des applications. Par exemple, vous pouvez faire défiler une playlist en glissant le doigt sur l’écran arrière, sans toucher l’écran principal.

Ça semble anodin, mais c’est révolutionnaire pour les créateurs de contenu. Un YouTuber qui veut éviter de toucher son écran principal pendant un montage ? Un photographe qui ajuste ses paramètres sans effleurer l’écran tactile ? Ça existe.

Sauf que… ça ne marche vraiment qu’avec des applications optimisées. Instagram, TikTok, Spotify : rien. Même pas les paramètres natifs du téléphone. Xiaomi a développé une API pour les développeurs, mais pour l’instant, seuls 12 apps (sur 2 millions disponibles) sont compatibles. Résultat : une fonction potentiellement utile, mais inutilisable pour 99 % des utilisateurs.

Alors, ça vaut le coup ?

Oui, si vous êtes prêt à accepter des compromis. L’écran arrière du Xiaomi 18 Pro est une avancée, mais pas une révolution. Certaines fonctions sont vraiment utiles (le scanner d’empreintes, le projecteur). D’autres sont inabouties (les notifications en veille, le micro ambiant). Et une dernière est trop niche (la surface tactile) pour justifier le prix.

Le vrai problème, c’est que Xiaomi mise sur un écran arrière sans expliquer pourquoi. « Parce que c’est l’avenir », disent-ils. Sauf que l’avenir, pour l’instant, c’est encore un gadget. Un gadget bien pensé, mais un gadget quand même.

Et puis, il y a une question que personne ne pose : et dans 5 ans ? Quand les écrans pliables seront la norme, est-ce que ces fonctions auront encore un sens ? Ou est-ce que le Xiaomi 18 Pro ne sera qu’un objet de musée, symbole d’une époque où les constructeurs jouaient avec des surfaces inutiles ?

Réponse dans cinq ans. En attendant, si vous voulez un écran arrière utile, achetez-le. Mais ne vous attendez pas à des miracles.

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R Galaxie Rédaction

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