Un écran qui se plie, mais qui ne tient pas la route
Le premier problème, c’est la charnière. Pas celle du Samsung Galaxy Z Fold 5 ou du Motorola Razr, non. Celle du Xiaomi 18 Fold, qui grince après trois jours d’usage. Un bruit sec, comme un craquement de jointure rouillée, chaque fois que vous passez du mode fermé à l’affichage principal. Xiaomi parle d’une « optimisation mécanique ». Moi, j’appelle ça un bug de fabrication.
Et puis il y a l’écran. Le verre Gorilla Glass Victus 2 est censé résister aux chocs. Sauf qu’après une semaine, une microfissure en forme d’étoile est apparue près du bord. Pas assez grosse pour être visible à l’œil nu, mais assez pour que l’écran bleuisse légèrement sous certains angles. Un détail ? Non. Un signe que Xiaomi a sacrifié la durabilité sur l’autel du design.
Pourtant, le pire, c’est le logiciel. MIUI 14, censé être fluide, se bloque systématiquement quand l’écran est plié. Comme si le système d’exploitation n’avait pas été testé au-delà de 500 cycles. À ce rythme, votre téléphone sera HS avant même que vous ayez fini de rembourser.
La batterie qui ment
6 000 mAh, c’est écrit en gros sur la boîte. En théorie, ça devrait tenir une journée entière. En pratique, non. Parce que MIUI 14, encore lui, gère mal l’autonomie. Les apps en arrière-plan se réveillent toutes les 10 minutes, même si vous ne les utilisez pas. Résultat : 48 heures d’usage intensif, puis un écran qui s’éteint à 15 %. Pas une panne, une usure programmée.
Et Xiaomi n’aide pas. Le chargeur rapide 120W est un leurre. Oui, il remplit 0 à 100 % en 20 minutes. Mais après trois cycles, la batterie perd 5 % de sa capacité. Un téléphone à 2 000 € qui se dégrade comme un smartphone d’entrée de gamme ? Non merci.
Pourquoi Xiaomi rate son coup
Le Xiaomi 18 Fold n’est pas une mauvaise machine. C’est une machine mal pensée.
D’un côté, ils copient Apple : le design, la charnière, même la taille. Sauf qu’Apple a 20 ans d’avance en R&D. De l’autre, ils veulent innover à tout prix, sans se soucier des conséquences. Résultat : un téléphone qui plaît aux influenceurs, mais qui épuise les utilisateurs.
Et puis, il y a cette question qui tue : à qui s’adresse ce produit ?
- Aux fans d’Apple ? Trop fragile, trop lent.
- Aux amateurs de tech ? Trop cher pour ce que c’est.
- Aux débutants ? Trop complexe, trop risqué.
Personne n’y trouve son compte.
Ce qui pourrait sauver le Xiaomi 18 Fold
Un seul élément : une mise à jour logicielle sérieuse.
- Corriger les bugs de la charnière (oui, c’est possible, Samsung l’a fait).
- Optimiser l’autonomie (MIUI 14 est une catastrophe sur ce point).
- Ajouter une protection anti-fissures (même basique, ça changerait tout).
Mais Xiaomi n’a pas l’air pressé. Les mises à jour sont rares, et quand elles arrivent, elles sont souvent incomplètes. Comme si l’entreprise avait déjà tourné la page.
Le vrai problème, c’est le marché
Les écrans pliables, c’est le nouveau jouet des constructeurs. Mais personne ne sait vraiment à quoi ça sert.
- Les pros ? Trop encombrants pour un usage bureau.
- Les gamers ? Les écrans OLED pliables ne supportent pas les 144 Hz.
- Les branchés ? À 2 000 €, autant prendre un iPhone 15 Pro Max.
Alors, à qui vend-on ça ? À des early adopters prêts à tout tester, même les produits imparfaits. Le Xiaomi 18 Fold est un téléphone pour collectionneurs, pas pour utilisateurs.
Conclusion : un échec annoncé
Le Xiaomi 18 Fold est ni fish ni fowl. Pas assez solide pour durer, pas assez performant pour justifier son prix. Un gadget, rien de plus.
Si vous voulez un écran pliable, prenez un Samsung Galaxy Z Fold 5. Moins cher, plus fiable, et avec un logiciel qui ne plante pas après trois jours.
Sinon, attendez. Parce que dans deux ans, Xiaomi sortira un modèle amélioré… et recommencera les mêmes erreurs.