Deux joueurs suisses évitent une suspension malgré les faux certificats

Granit Xhaka et Breel Embolo pourront retrouver la sélection nationale suisse malgré l’affaire des faux certificats Covid. L’ASF précise les règles futures pour éviter de tels cas.

Publié le 28 octobre 2026 à 08:04
Deux joueurs suisses évitent une suspension malgré les faux certificats

Un précédent qui divise les supporters

Leur retour en équipe nationale, moins d’un an après les faits, relance le débat sur la gestion des sanctions sportives et administratives dans le football professionnel.

Les supporters suisses, souvent attachés à une éthique stricte, avaient réagi avec une forte émotion. Certains clubs, comme le FC Bâle où évoluent les deux joueurs, avaient appelé à une fermeté accrue, tandis que des associations de fans exigeaient des sanctions exemplaires.

Qui décide et selon quelles règles ?

La décision revient à l’Association Suisse de Football (ASF), organe directeur du football national. Contrairement à la FIFA, qui gère les sanctions internationales, l’ASF dispose d’un pouvoir discrétionnaire pour autoriser ou refuser le retour des joueurs en sélection, sous réserve des règles de la FIFA et des lois suisses. Dans ce cas, l’ASF a estimé que la clôture des procédures judiciaires et les sanctions sportives déjà appliquées justifiaient une nouvelle chance.

Cette marge de manœuvre s’explique par l’absence, dans le football suisse, d’un cadre légal strict encadrant les sanctions pour faux certificats. Contrairement à d’autres fédérations, comme celle d’Allemagne ou des Pays-Bas, où des comités indépendants évaluent les cas de dopage ou de fraudes, la Suisse repose sur une approche plus souple, fondée sur l’analyse au cas par cas. Les joueurs concernés ne sont pas tenus de verser une amende supplémentaire, contrairement à ce qui est pratiqué dans d’autres pays pour des infractions similaires.

Quels sont les coûts et les bénéfices pour les parties prenantes ?

Pour Granit Xhaka et Breel Embolo, le retour en sélection représente une opportunité sportive et financière majeure. Une convocation en équipe nationale ouvre la porte à des apparitions en matchs amicaux ou qualifiants, souvent mieux rémunérés que les rencontres de championnat. De plus, leur image publique pourrait en sortir renforcée, surtout si leur retour est perçu comme une réhabilitation.

Pour l’équipe nationale suisse, l’enjeu est double. D’un autre côté, cette décision pourrait être interprétée comme un manque de fermeté, risquant de décourager les jeunes talents de respecter scrupuleusement les règles sanitaires.

Si la Suisse adopte une approche clémentielle, d’autres pays pourraient être tentés de faire de même, affaiblissant ainsi la crédibilité des contrôles sanitaires dans le football mondial.

Quelles mesures pour éviter de nouveaux cas ?

L’ASF annonce avoir tiré les leçons de cette affaire en renforçant ses protocoles internes. Plusieurs pistes sont évoquées, sans détails précis :

  • Un contrôle systématique croisé entre les certificats médicaux et les données des clubs, afin de détecter les incohérences.
  • Une collaboration renforcée avec les autorités sanitaires suisses pour accélérer les vérifications en cas de doute.
  • Une formation obligatoire pour les joueurs et les staffs sur les conséquences juridiques et sportives des fraudes aux documents officiels.

Cependant, ces mesures restent à préciser. Aucun calendrier ni responsable n’a été désigné pour leur mise en œuvre, ce qui laisse planer des incertitudes sur leur efficacité réelle.

La vraie question : sanction ou réinsertion ?

Le débat ne porte pas seulement sur la légitimité de la décision, mais sur le modèle de gestion des erreurs dans le sport. Deux approches s’affrontent :

  • Celle qui privilégie la fermeté, au nom de l’exemplarité et du respect des règles, même au prix d’une exclusion définitive.
  • Celle qui mise sur la réinsertion, en considérant que les sanctions sportives et judiciaires suffisent, et que le sport doit aussi offrir une seconde chance.

Les deux positions s’accordent sur un point : l’importance de la transparence. Les supporters et les institutions exigent désormais que les critères de décision soient clairement établis, pour éviter que chaque cas ne soit traité de manière arbitraire. La question qui reste en suspens est celle de l’équilibre entre justice et pragmatisme dans un sport où l’image et la performance sont indissociables.

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R Galaxie Rédaction

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