Microsoft joue sa réputation sur des titres oubliés
En novembre 2026, le Game Pass recevra cinq nouveaux jeux, dont trois déjà sortis. Hades II (Supergiant Games) et Starfield (Bethesda) sont les deux gros coups. Hades II arrive enfin, après des années de promesses. Pas de révolution graphique, mais un polish monstrueux. Les joueurs qui ont acheté Hades en 2020 savent déjà ce qu’ils vont retrouver : un gameplay ultra-rodé, des boss mémorables, et une narration qui tient debout. Le problème ? Tout le monde l’a déjà joué. Ou presque. Le titre devrait attirer les nouveaux, mais les anciens, eux, attendent autre chose. Un vrai nouveau contenu. Pas juste une mise à jour cosmétique.
Starfield, lui, est un cas à part. Sorti en 2023, le RPG spatial de Bethesda a été un échec commercial. Pourtant, Microsoft l’a gardé sous le coude, comme un pion à placer. En novembre, il sera enfin accessible sans payer 70 euros. Sauf que personne n’a vraiment envie de le rejouer. Les critiques ont été mitigées, les bugs légion, et l’expérience multiplayer, censée être un point fort, reste un désastre. Pourtant, Microsoft insiste. Pourquoi ? Parce que Starfield est une vitrine. Une preuve que le Game Pass peut proposer des licences AAA, même ratées. Le message est clair : « On achète tout, même les flops. »
Et puis il y a les deux autres ajouts : Forza Horizon 5 (Turn 10 Studios) et Fable (Lionhead Studios). Forza Horizon 5 est déjà dans le catalogue, mais il sera mis en avant. Une stratégie classique : faire croire qu’un jeu est « nouveau » en le ressortant avec une peau fraîche. Fable, lui, est une vieille connaissance. Le dernier épisode date de 2004. Microsoft le ressort comme un vieux vin, en espérant que les nostalgiques mordront à l’hameçon. Sauf que les nostalgiques, aujourd’hui, ont 40 ans. Et ils veulent autre chose que des souvenirs de Xbox 360.
Le Game Pass reste un marché de dupes
Le vrai problème avec le Game Pass, ce n’est pas le manque de nouveautés. C’est l’absence de stratégie. Microsoft achète des licences, les enfourne dans son abonnement, et attend que ça marche. Sans se soucier des attentes des joueurs. Résultat ? Une bibliothèque qui ressemble à un catalogue de soldes : des pépites, des merdes, et surtout, des trous.
Prenez Cyberpunk 2077. Sorti en 2020, le jeu a mis cinq ans à devenir jouable. Cinq ans. Pourtant, il est toujours absent du Game Pass. Pourquoi ? Parce que CD Projekt Red a refusé de le céder. Trop cher ? Trop risqué ? Peu importe. Le message est clair : même les gros titres peuvent dire non à Microsoft. Et ça, c’est une première.
À l’inverse, des jeux comme Hellblade II ou Sea of Thieves sont restés des mois, voire des années, sans être ajoutés. Pourquoi ? Parce que Microsoft négocie à la va-vite. Ou parce qu’il n’a tout simplement pas les moyens de payer. Personne ne sait. Ce qui est sûr, c’est que les joueurs en ont marre.
Les éditeurs jouent avec le feu
Pour les développeurs, le Game Pass est un couteau à double tranchant. D’un côté, c’est un moyen de toucher un public plus large. De l’autre, c’est un risque énorme. Un jeu qui ne plaît pas dans le Game Pass peut devenir un flop définitif. Personne ne veut finir comme Scalebound, ce RPG de Square Enix qui a été retiré après trois mois parce qu’il ne trouvait aucun joueur.
Microsoft, lui, mise sur le volume. Plus il y a de jeux dans le catalogue, plus les joueurs ont l’impression d’avoir « tout ». Sauf que la réalité est bien différente. En novembre 2026, le Game Pass comptera toujours des centaines de titres… mais seulement une dizaine qui valent vraiment le coup. Le reste ? Des miettes.
Et puis il y a les exclusivités. Forza Motorsport, Gears 5, Halo Infinite… Microsoft les garde sous le coude, comme des cartes maîtresses. Mais ces jeux, justement, ne sont pas dans le Game Pass. Pourquoi ? Parce qu’ils rapportent trop d’argent en vente à l’unité. Alors Microsoft les sort en exclusivité, et attend que les joueurs se lassent. Une stratégie de long terme qui marche… jusqu’à ce qu’un concurrent arrive avec une meilleure offre.
Ce que novembre 2026 ne changera pas
Les cinq nouveaux ajouts de novembre 2026 ne bougeront pas l’aiguille. Hades II et Starfield sont des retours, pas des innovations. Forza Horizon 5 et Fable sont des nostalgies, pas des révolutions. Et puis il y a Sea of Thieves, qui revient après des mois d’absence. Un jeu qui a du potentiel, mais qui reste perfectible.
Le vrai problème, c’est que Microsoft ne prend aucun risque. Pas de nouveaux IPs, pas de paris audacieux. Juste des licences sûres, des retours de titres existants, et l’espoir que les joueurs ne remarquent pas les trous. Pourtant, les joueurs remarquent. Ils comparent. Ils se plaignent.
Et puis il y a la concurrence. PlayStation Plus et Nintendo Switch Online proposent des abonnements moins chers, avec des jeux souvent meilleurs. Le Game Pass, lui, reste cher. Très cher. 15 euros par mois pour un catalogue qui se renouvelle à peine. À ce prix-là, même les nostalgiques de Fable hésitent.
Le Game Pass est-il encore viable ?
En 2026, le Game Pass aura dix ans. Dix ans à acheter des licences, à les enfourner dans son abonnement, et à attendre que ça marche. Résultat ? Un service qui peine à fidéliser. Les joueurs essaient, abandonnent, reviennent. Un cycle sans fin.
Pourtant, Microsoft continue. Parce qu’il n’a pas le choix. Le Game Pass est devenu trop gros pour être tué. Trop rentable pour être abandonné. Alors on fait semblant. On ressort des vieux jeux, on mise sur des licences sûres, et on attend que les joueurs ne voient pas le piège.
Mais les joueurs voient. Et ils en ont marre.
En novembre 2026, le Game Pass ajoutera des titres. Des bons, des moins bons, des oubliés. Mais ça ne changera rien. Parce que le vrai problème, ce n’est pas le catalogue. C’est la stratégie. Et là-dessus, Microsoft ne bouge pas d’un pouce.