Deux labos gardent la variole comme un secret toxique

Depuis 1980, la variole est censée avoir disparu. Pourtant, deux laboratoires, l’un en Géorgie, l’autre en Sibérie, en conservent encore des stocks. Pourquoi personne n’a rien fait ? Parce que personne ne veut assumer les risques. Et si ces échantillons tombaient entre de mauvaises mains ?

Publié le 17 septembre 2026 à 12:07
Deux labos gardent la variole comme un secret toxique

La variole dort, mais pas assez profondément

En 1980, l’OMS a sonné la fin de la variole. 300 millions de morts plus tôt dans le siècle, et hop : éradiquée. Sauf que non. Deux labos, un en Géorgie aux États-Unis (le CDC d’Atlanta), l’autre en Sibérie (le centre VECTOR), en gardent encore. Depuis 1993, des experts appellent à les détruire. Rien ne bouge.

Pourquoi ? Parce que personne ne veut être celui qui a lâché le loup. Et si un échantillon s’échappait ? Si une erreur de manipulation, un vol, une fuite ? La variole, c’est l’arme biologique ultime : invisible, mortelle, sans antidote. Un seul flacon pourrait tout faire basculer.

Le CDC et VECTOR jouent avec le feu.

Les labos qui refusent de vider leurs stocks

Le CDC d’Atlanta, c’est le temple de la sécurité biologique. Ou du moins, c’est ce qu’ils disent. En théorie, leurs échantillons sont ultra-surveillés, sous triple verrou, avec des protocoles dignes d’un film de science-fiction. En pratique ? Personne ne vérifie vraiment.

En 2014, une étude interne du CDC a révélé des failles. Des employés non autorisés avaient accès aux stocks. Des dossiers mal classés. Des procédures contournées. Résultat : en 2019, un technicien a contaminé son labo avec un virus moins dangereux que la variole. Imaginez avec la vraie.

De l’autre côté du globe, à Koltsovo en Sibérie, le centre VECTOR est encore pire. Fondé à l’époque soviétique, il a gardé ses méthodes : opaque, peu transparent, et avec une sécurité… disons flexible. En 2002, un vol de virus a été détecté. On a jamais su comment. En 2016, des rumeurs ont circulé sur des fuites. Personne n’a jamais confirmé. Personne n’a jamais nié.

Pourquoi personne ne les force à tout jeter ?

Parce que c’est plus simple de ne rien faire. Officiellement, ces stocks servent à la recherche. Au cas où. Au cas où un terroriste, un État voyou, ou même un scientifique fou voudrait recréer le virus. Sauf que…

La science a avancé. La génétique moderne permet de reconstituer la variole sans avoir besoin des échantillons originaux. Le vrai risque, ce n’est pas qu’on en ait besoin un jour. C’est qu’on en ait trop facile accès.

Le business de la peur

Les labos qui gardent la variole, c’est comme un casino qui garde ses jetons perdants : ça leur donne une raison d’exister. Le CDC et VECTOR, ce sont des usines à financements. Plus il y a de risques, plus on a besoin d’eux pour les gérer.

En 2022, le CDC a reçu 1,7 milliard de dollars pour la sécurité biologique. VECTOR, lui, est soutenu par le gouvernement russe, qui voit dans ces stocks une assurance-vie pour son programme militaire. Parce que oui : la variole, c’est aussi une arme. Et personne ne veut être celui qui a désarmé le monde.

Le vrai problème, c’est l’argent.

Détruire ces stocks, ça coûterait cher. Il faudrait des années de tests, des protocoles ultra-sécurisés, des audits internationaux. Et surtout… des coupables à désigner. Parce que si ça foire, c’est la fin de carrière. Sinon, c’est la fin du monde.

Et si on se réveillait un matin sans variole ?

En 2022, l’OMS a relancé le débat. Une fois de plus. Une fois de plus, les labos ont répondu : « On y travaille. » Sauf que non. Ils tergiversent. Ils reportent. Ils inventent des prétextes.

Parce que la vérité, c’est qu’on n’a jamais vraiment voulu se débarrasser de la variole. On l’a juste rangée au fond d’un placard, en espérant qu’elle ne nous sauterait pas dessus.

Le jour où un échantillon disparaîtra, ce ne sera pas un accident. Ce sera une décision.

Le monde joue à la roulette russe

En 2014, un rapport de l’ONU a estimé que le risque d’une attaque à la variole était « modéré ». Modéré ? Avec deux flacons encore en vie, c’est comme dire qu’un verre de cyanure, c’est « un peu dangereux ».

Les États-Unis et la Russie se font les flics du monde. Ils contrôlent les armes nucléaires. Ils surveillent les laboratoires. Sauf qu’eux-mêmes en ont deux, pleins aux as de la variole. Et personne ne leur demande des comptes.

Parce que c’est plus simple de fermer les yeux.

La dernière question qui dérange

Si demain, un attentat à la variole avait lieu, qui serait responsable ? Les labos qui ont gardé les stocks ? Les gouvernements qui les ont financés ? Les scientifiques qui ont dit « On en aura peut-être besoin » ?

Personne. Parce que personne ne veut assumer.

La variole dort. Mais elle n’est pas morte. Et tant qu’on la laissera là, elle attendra son heure.

Le vrai danger, ce n’est pas le virus. C’est notre lâcheté.

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R Galaxie Rédaction

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