Le chiffre qui cloche dès l'annonce
2,1 milliards. C’est le montant que le gouvernement va « prélever » sur l’Unédic en 2027, selon Jean, ministre du Travail. L’argument ? L’organisme sera « à l’équilibre » l’année suivante. Problème : l’équilibre, c’est comme la croissance, ça se mesure en fonction de qui compte. Et là, c’est le gouvernement qui tient la règle.
L’Unédic, vous savez, c’est la caisse qui gère le chômage. Elle a déjà été vidée une fois, en 2019, avec un « prêt » de 10 milliards non remboursés. Aujourd’hui, elle traîne encore une dette de 2,5 milliards auprès de l’État. Alors quand on vous dit qu’elle sera « à l’équilibre » en 2028, demandez-vous : équilibre par rapport à quoi ? Par rapport à ses propres comptes ? Ou par rapport à ce que l’État veut bien lui laisser ?
L'équilibre, une illusion comptable
Jean, le ministre, a balancé cette info dans L’Opinion. Pas de détails, pas de chiffrage précis, juste une promesse : « L’Unédic sera à l’équilibre. » Comme si c’était une évidence. Sauf que l’équilibre, ça ne tombe pas du ciel. Ça se construit. Ou ça se fabrique.
Prenez les recettes. L’Unédic, elle dépend des cotisations des entreprises et des salariés. Or, depuis des années, ces cotisations baissent. Pourquoi ? Parce que le chômage baisse. Moins de chômeurs, moins de dépenses, mais aussi moins de cotisations. Résultat : en 2023, le déficit de l’Unédic était de 1,3 milliard. Un trou déjà creusé avant même que le gouvernement ne décide de lui prendre 2,1 milliards de plus.
Et puis il y a les dépenses. Elles ne vont pas disparaître. Le chômage, ça peut remonter. La crise, ça peut revenir. L’Unédic, c’est fait pour ça : absorber les chocs. Sauf que si on lui coupe les vivres dès que les chiffres sont bons, elle ne servira plus à rien le jour où ça dérape.
Le vrai jeu : vider la caisse pour alimenter autre chose
Alors pourquoi ce prélèvement ? Parce que l’État a besoin d’argent. Pas pour le chômage, pas pour les assurés, mais pour ses propres besoins. Les recettes de l’État sont en berne, les dépenses explosent. Et l’Unédic, c’est une cible facile. Une caisse autonome sur le papier, mais dépendante des décisions politiques.
En 2019, on avait déjà vu ça. Macron avait « emprunté » 10 milliards à l’Unédic sans jamais les rendre. Aujourd’hui, c’est la même logique : on prend, et on promet un équilibre futur comme si c’était une garantie. Sauf que l’équilibre, dans ce cas, c’est un leurre. Parce que si demain le chômage repart à la hausse, l’Unédic n’aura plus les moyens de payer.
Et puis, il y a une autre question : où ira cet argent ? Pas dans les poches des chômeurs, ça, c’est sûr. Probablement vers d’autres trous du budget. La santé ? Les retraites ? Peu importe. L’important, c’est que l’Unédic, elle, ne sera plus là pour amortir les prochaines crises.
Ce que personne ne dit sur les conséquences
Les syndicats, eux, commencent à râler. La CFDT parle de « nouvelle ponction », le Medef de « risque pour la sécurité sociale ». Mais au fond, tout le monde sait que c’est une question de temps avant que ça ne pète. Parce que si l’Unédic n’a plus les moyens, c’est tout le système de protection sociale qui tremble.
Prenez l’exemple de la Suède. Là-bas, en 2020, le gouvernement avait aussi ponctionné les réserves de l’assurance-chômage. Résultat ? Aujourd’hui, la caisse est à sec, et les chômeurs attendent des mois pour toucher leurs droits. Vous voulez ça en France ?
L'équilibre, c'est pour après. La réalité, c'est maintenant.
L’Unédic, c’est comme un matelas de sécurité. Vous le gonflez quand tout va bien pour être sûr d’avoir de quoi survivre quand ça va mal. Sauf que là, on est en train de dégonfler le matelas. Et si la prochaine crise arrive avant que le gouvernement ait fini de vider la caisse ?
La promesse d’équilibre en 2028, c’est du pipeau. Parce que l’équilibre, ça ne se décrète pas. Ça se construit. Et là, on est en train de tout casser pour des milliards qui iront ailleurs.
Alors oui, l’Unédic sera « à l’équilibre » en 2028. À condition de ne plus jamais avoir à payer de chômeurs. Parce que sinon, adieu l’équilibre. Et bonjour la galère.
Ce qui se joue vraiment : la fin d'une illusion
Le gouvernement joue avec le feu. Il annonce un prélèvement, promet un équilibre, et fait comme si tout le monde allait y croire. Sauf que l’Unédic, ce n’est pas une tirelire. C’est un filet de sécurité. Et si on le perce, c’est toute la société qui risque de tomber.
Alors attention. Parce que quand l’État décide de vider les caisses sociales, ce n’est pas pour les aider. C’est pour se servir. Et un jour, la facture arrivera. Toujours.
La dernière question, celle qu’on n’ose pas poser
Si l’Unédic n’a plus d’argent, qui paiera ? Les entreprises ? Les salariés ? Les chômeurs ? Ou alors, peut-être, ce sera tout le monde. Parce que quand une caisse sociale s’effondre, c’est toujours les mêmes qui trinquent.
Et vous, vous voulez vraiment vivre dans un pays où le chômage, ça se paie en attendant des mois ? Où les entreprises font des économies sur le dos des travailleurs ? Où l’État joue les apprentis sorciers avec les comptes publics ?
Non. Parce que l’équilibre, ce n’est pas une promesse. C’est une réalité. Et là, on est loin du compte.