La Tunisie recense une hausse des effets indésirables liés aux médicaments

Le Centre national de pharmacovigilance tunisien a identifié plus de 4 000 cas d’effets indésirables depuis janvier 2026. Ces données soulèvent des questions sur la surveillance et la sécurité des traitements, alors que le système de pharmacovigilance s’appuie sur des consultations externes pour détecter les signalements.

Publié le 28 octobre 2026 à 10:04
La Tunisie recense une hausse des effets indésirables liés aux médicaments

Un système de signalement sous pression

Le Centre national de pharmacovigilance (CNPV) de Tunisie fonctionne selon un mécanisme de déclaration volontaire et systématique des effets indésirables liés aux médicaments. Ces signalements proviennent principalement des consultations externes réalisées dans les établissements de santé publics et privés, où les professionnels de santé sont tenus de déclarer tout événement suspecté. Les données sont ensuite centralisées et analysées pour identifier les risques potentiels, conformément aux normes internationales de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Une augmentation marquée en 2026

Cette proportion, soit plus de 50 % des signalements, reflète une dynamique de surveillance active, mais aussi les limites d’un système dépendant de la réactivité des professionnels de santé. Les causes de cette hausse restent à préciser : s’agit-il d’une meilleure détection, d’une augmentation réelle des incidents, ou des deux ?

Un dispositif encadré par la loi, mais dépendant des moyens

Elle impose aux fabricants, importateurs et prescripteurs de déclarer tout effet indésirable suspecté. Cependant, son efficacité dépend de la coopération des professionnels de santé, dont les obligations ne sont pas toujours systématiquement appliquées en pratique.

Son budget, alloué par le ministère de la Santé publique, est insuffisant pour étendre ses capacités d’investigation ou renforcer les contrôles a posteriori. Cette contrainte structurelle limite la capacité du centre à mener des enquêtes approfondies sur les signalements reçus.

Quels impacts pour les patients ?

Pour les patients, ces effets indésirables peuvent avoir des conséquences variables : réactions allergiques, interactions médicamenteuses, ou effets secondaires graves nécessitant une prise en charge spécifique. Dans certains cas, ils peuvent entraîner des hospitalisations supplémentaires ou des arrêts de traitement, perturbant la continuité des soins.

Cependant, le CNPV ne publie pas de données individuelles, ce qui empêche d’évaluer précisément l’impact sur la santé publique. Les patients eux-mêmes ignorent souvent qu’ils doivent signaler un effet indésirable, laissant aux professionnels de santé le rôle clé, mais non exclusif, de déclencher une alerte.

Quelles solutions pour améliorer la détection ?

Plusieurs pistes pourraient être explorées pour renforcer le système. D’abord, l’automatisation des déclarations via des plateformes numériques accessibles aux patients et aux médecins, comme le préconise l’OMS pour les pays à ressources limitées. Ensuite, un renforcement des contrôles sur les médicaments importés, souvent moins chers mais parfois moins contrôlés, pourrait réduire les risques.

Enfin, une meilleure formation des professionnels de santé sur les procédures de signalement serait nécessaire. À ce jour, aucun calendrier n’a été annoncé pour mettre en œuvre ces mesures, qui dépendraient d’une décision politique et d’un budget supplémentaire alloué à la pharmacovigilance.

Prochaine étape : une évaluation par les autorités sanitaires

Les prochains mois seront déterminants pour comprendre l’ampleur réelle du phénomène. En attendant, les patients et les prescripteurs restent les premiers acteurs d’une surveillance qui, malgré ses limites, reste essentielle pour garantir la sécurité des traitements.

La question qui se pose désormais est celle de l’équilibre entre vigilance et moyens : comment concilier une détection accrue des effets indésirables avec les contraintes budgétaires et humaines d’un système public déjà sous tension ?

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R Galaxie Rédaction

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