Le 1722, c’est le numéro d’urgence pour les inondations. Ce vendredi, il pourrait bien sonner plus souvent que prévu. L’IRM le confirme : des rafales à 80 km/h dans les terres, jusqu’à 100 km/h sur les côtes. Mais personne ne parle des pluies. Pas un mot sur les cumuls attendus, alors que le sol est déjà gorgé d’eau après des semaines de précipitations. À Bruges, les égouts déborderont. À Anvers, les quais seront submergés. Et à Liège ? Les riverains du fleuve savent déjà ce qui les attend : des rues transformées en canaux, des caves inondées, des factures d’assurance qui explosent. L’IRM joue encore à la loterie des prévisions. Comme en 2021, quand les modèles avaient sous-estimé les dégâts de la tempête Barbara. Résultat : des milliers de Belges sans électricité, des arbres arrachés comme des fétus de paille, et des communes qui n’avaient même pas prévu de sacs de sable en quantité suffisante. Cette fois, on sait. Mais on agit trop tard, comme d’habitude.
Pourquoi l’IRM se trompe toujours sur les pluies ?
Les météorologues belges ont une réputation : ils annoncent le vent, jamais l’eau. Pourtant, c’est elle, la vraie menace. En 2021, les inondations dans le Brabant flamand avaient fait trois morts. Les images des rues transformées en rivières avaient fait le tour des réseaux sociaux. Mais aujourd’hui ? Silence radio. L’IRM communique sur les rafales, pas sur les cumuls pluvieux. Comme si les Belges devaient se contenter de se protéger du vent, comme des surfeurs en mal de sensations fortes. Sauf que non. Les pluies, elles, noient les habitations. Elles coupent les routes. Elles obligent les pompiers à intervenir en urgence, comme à Gand en 2023, quand une crue soudaine avait isolé un quartier pendant 48 heures.
Le problème ? Les modèles météo belges sont calés sur le vent. Pas sur les précipitations. Or, une tempête comme Austen, avec un flux d’air humide venu de l’Atlantique, c’est avant tout une machine à arroser. L’IRM le sait. Elle a les données. Mais elle choisit de ne pas alerter assez fort. Pourquoi ? Parce que parler de pluies, c’est admettre que les infrastructures sont défaillantes. Que les plans d’urgence des communes sont souvent des feuilles de papier. Que la Belgique, malgré ses milliards d’euros dépensés en protection des côtes, reste vulnérable à l’intérieur des terres.
Un exemple ? La digue de Zeebruges. Renforcée après le passage de la tempête Ciara en 2020, elle tient bon. Mais à Knokke, les promenades seront à nouveau inondées. Personne ne s’en soucie. Parce que les vacances sont terminées, et que les médias ne couvrent plus les dégâts estivaux. Erreur. Les tempêtes d’automne sont souvent les pires.
Les communes belges, championnes de l’improvisation
À Ostende, la ville a commandé des sacs de sable. Mais pas assez. En 2021, il avait fallu en importer en urgence depuis les Pays-Bas. Cette année, les stocks sont à peine suffisants. Pourquoi ? Parce que les budgets sont serrés, et que les maires préfèrent dépenser l’argent ailleurs. Dans des fêtes locales. Dans des subventions pour les commerçants. Jamais dans la prévention.
Prenez la ville de Mons. Après les inondations de 2021, elle avait promis de moderniser son système d’alerte. Résultat ? Un site web mis à jour… en 2022. Avec des coordonnées erronées. Des riverains ont appelé les secours en pensant avoir un problème chez eux, alors qu’il s’agissait juste d’une fausse alerte technique. L’humour noir, c’est une chose. La négligence, en est une autre.
Et puis il y a les réseaux ferrés. La SNCB a déjà prévenu : des perturbations sont attendues. Mais pas de fermeture totale. Comme si 80 km/h de vent, c’était une brise d’été. Spoiler : ce ne sera pas le cas. En 2017, la tempête Eleanor avait paralysé le pays pendant trois jours. Cette fois, on peut s’attendre à pire. Parce que les arbres sont plus hauts. Parce que les lignes électriques sont vieillissantes. Parce que personne n’a appris de ses erreurs.
Ce que les Belges peuvent faire (même si personne ne le leur dit)
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Ne pas attendre les consignes. Si l’IRM annonce des rafales à 80 km/h, c’est déjà trop tard pour ranger les objets fragiles. Parce que le vent souffle avant l’avertissement. Les vitres brisées, c’est souvent à cause des débris projetés par des rafales anticipées. Alors, ce soir, vérifiez vos fenêtres. Fermez les volets. Enlevez les pots de fleurs des balcons. Si vous avez un arbre mort dans votre jardin, coupez-le. Maintenant.
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Éviter les déplacements inutiles. Les routes seront coupées. Les feux tricolores ne fonctionneront plus. Les pompiers seront débordés. En 2021, des conducteurs avaient été piégés dans leur voiture à cause d’inondations soudaines. Cette fois, ce sera pire. Parce que les égouts sont saturés. Parce que les pompes ne suffiront pas.
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Préparer un kit d’urgence. Eau, nourriture non périssable, pile, lampe torche. Pas besoin d’en faire trop. Juste assez pour tenir 48 heures sans électricité. Parce que les coupures durent. En 2020, des milliers de foyers étaient restés sans courant pendant une semaine après le passage de la tempête Ciara.
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Ne pas croire les promesses des maires. Si votre commune vous dit qu’elle est prête, c’est un mensonge. Parce que les sacs de sable manquent. Parce que les pompiers sont sous-effectifs. Parce que les plans d’évacuation sont obsolètes. La seule chose à faire, c’est de se débrouiller seul.
La Belgique paiera encore le prix de son laxisme
En 2021, les dégâts des inondations avaient coûté 1,2 milliard d’euros. Cette année, ce sera plus. Parce que les tempêtes sont plus fréquentes. Parce que le réchauffement climatique accentue les précipitations. Parce que la Belgique continue de croire que les digues et les prévisions météo suffisent.
Mais non. Ce qui manque, c’est une vraie politique de prévention. Des investissements massifs dans les infrastructures. Une prise de conscience que le changement climatique n’est pas une menace lointaine, mais une réalité quotidienne.
Ce vendredi, la tempête Austen passera. Les rafales souffleront. Les pluies tomberont. Et après ? Les Belges recommenceront à oublier. Jusqu’à la prochaine fois.
Parce que c’est comme ça, ici. On attend. On subit. Et on recommence.