Pourquoi le Maroc a perdu la partie avant même l’audience
Le litige, vous le connaissez. En 2022, le Maroc refuse de jouer contre le Sénégal avec un troisième arbitre sénégalais. La FIFA casse leur argument : le règlement interdit cette exclusion a priori. Le match a lieu, le Sénégal gagne, et le Maroc se retrouve en position de faiblesse. Officiellement, ils acceptent. Officieusement, ils montent au créneau. Ils attaquent la FIFA devant le TAS, puis le TAS devant le CAS, puis le CAS devant… bref, vous voyez le schéma. Sauf qu’en 2024, ils ont changé de tactique. Plus de procès interminables, plus de recours en appel. Cette fois, ils misent sur le TAS, l’instance qui gère les litiges sportifs, et qui a déjà tranché en leur faveur une fois, en 2019, contre la Russie et le Qatar. Sauf que là, c’est différent. Parce que cette fois, le Sénégal a un atout : le règlement. Et le Maroc, une obsession : faire annuler ce match. Comme si la victoire du Sénégal en 2023 était une insulte personnelle.
Le détail qui pèse le plus : le troisième arbitre.
Pour le Maroc, c’est une question de principe. Un arbitre sénégalais sur un match entre deux pays africains ? Une partialité évidente. Sauf que la FIFA a déjà statué : le règlement interdit d’exclure un arbitre avant le match pour des raisons politiques. Le Maroc a tenté de contourner cette règle en invoquant un « conflit d’intérêts ». Le TAS a rejeté leur premier recours. Résultat : le Sénégal a sa qualification, le Maroc a sa rage. Et maintenant, le TAS va devoir trancher une deuxième fois. Sauf que cette fois, le contexte a changé. La CAN 2025 approche, et avec elle, la pression. Le Maroc ne veut pas d’un précédent. Le Sénégal ne veut pas d’un retour en arrière.
Le vrai problème ? Personne ne sait ce que le TAS va décider.
Parce que le TAS, c’est comme un tribunal : ça rend des verdicts, mais ça n’explique pas toujours pourquoi. En 2019, ils avaient annulé les qualifications de la Russie et du Qatar pour des raisons administratives. Cette fois, c’est juridique. Le Maroc accuse la FIFA d’avoir violé ses propres statuts. La FIFA répond que le Maroc a fait du forum shopping : ils ont saisi toutes les instances possibles pour retarder l’inéluctable. Sauf que le TAS n’est pas la FIFA. Et Matthieu Reeb, son DG, a un style direct. En 2022, il avait balayé les arguments marocains en quelques phrases. Cette fois, il ne lâchera rien. Mais le verdict pourrait être serré.
Le pari du Maroc : faire durer le suspense.
Leur stratégie ? Attendre. Parce que si le TAS donne raison au Sénégal, le Maroc peut encore faire appel. Encore. Et encore. Comme ils l’ont fait avec la Russie et le Qatar. Sauf que là, c’est différent. Parce que le Sénégal a déjà joué sa CAN 2023. Et que le Maroc, lui, a une équipe à reconstruire. Alors oui, ils peuvent encore contester. Mais à quel prix ?
Le Sénégal, lui, mise sur la rapidité.
Parce que plus le temps passe, plus le Maroc perd en crédibilité. Déjà, la CAF a validé leur qualification. Déjà, les médias africains les donnent favoris. Déjà, le Maroc a l’air d’un pays qui refuse d’accepter une défaite. Alors oui, ils peuvent encore gagner devant le TAS. Mais est-ce que ça changera quelque chose ? Pas sûr. Parce que si le TAS donne tort au Maroc, ce ne sera pas une victoire. Ce sera une capitulation. Et le Maroc, ça ne sait pas capituler.
Ce que le TAS ne dira pas (mais que tout le monde sait)
Le TAS va rendre un verdict. Juridique. Technique. Sans émotion. Sauf que derrière les arguments, il y a une guerre froide. Une guerre où le football n’est qu’un prétexte. Le Maroc veut montrer qu’il domine l’Afrique. Le Sénégal veut prouver qu’il est le nouveau géant. Et la FIFA, elle, veut juste éviter un nouveau scandale.
Le chiffre qui résume tout : 12.
12 ans. C’est le temps qu’il a fallu au Maroc pour obtenir gain de cause contre la Russie et le Qatar. 12 ans de procédures, de recours, de blocages. Cette fois, ils n’ont que 15 jours. Alors soit ils gagnent vite, soit ils perdent en vitesse. Mais une chose est sûre : si le TAS donne tort au Maroc, ce ne sera pas la fin du litige. Ce sera le début d’une nouvelle bataille. Parce que le Maroc ne lâche jamais.
Le vrai enjeu ? La crédibilité de la FIFA.
Parce que si le TAS donne raison au Maroc, ça signifie que la FIFA a failli. Si le TAS donne raison au Sénégal, ça signifie que le Maroc a abusé du système. Dans les deux cas, quelqu’un va perdre la face. Et quelqu’un d’autre va gagner en influence. La FIFA ne veut pas d’un nouveau scandale. Le Maroc ne veut pas d’un nouveau échec. Et le Sénégal ne veut pas d’un nouveau report.
Le détail qui pourrait tout changer : l’arbitre.
Parce que si le TAS suit la logique juridique, il n’y a pas de raison de reconsidérer le match. Sauf que le TAS n’est pas un robot. Il a des hommes derrière. Des hommes qui connaissent le football africain. Des hommes qui savent que le Maroc ne lâchera pas. Alors soit ils tranchent vite, soit ils attendent. Mais une chose est sûre : si le Maroc perd, ce ne sera pas la fin. Ce sera le début d’une nouvelle guerre.
Pourquoi personne ne veut gagner cette bataille
Parce que gagner, dans ce cas, ça signifie perdre autre chose. Le Sénégal gagne sa qualification, mais perd en crédibilité si le TAS semble partial. Le Maroc gagne son recours, mais perd en légitimité si le monde voit ça comme un coup bas. Et la FIFA ? Elle gagne en stabilité, mais perd en autorité si elle semble trop souple.
Le vrai perdant ? Le football africain.
Parce que plus ça traîne, plus les joueurs en souffrent. Plus les supporters en ont marre. Plus les sponsors se désintéressent. Et plus les pays africains ont l’air ridicules. Alors oui, le TAS va rendre un verdict. Mais est-ce que ça changera quelque chose ? Pas sûr. Parce que le vrai litige, lui, ne date pas de 2022. Il date de bien plus loin. Et il ne se réglera pas avec un match.
Le scénario le plus probable (et le plus chiant)
Le TAS maintient la qualification du Sénégal. Le Maroc fait appel. Encore. Et encore. Pendant ce temps, la CAN 2025 approche. Les équipes se préparent. Les médias s’énervent. Et les joueurs, eux, jouent. Parce que c’est tout ce qu’ils peuvent faire.
Le dernier mot ? À vous de voir.
Parce que si le TAS donne raison au Maroc, ce sera un coup dur pour la FIFA. Si le TAS donne raison au Sénégal, ce sera un coup dur pour le Maroc. Mais dans les deux cas, une chose est sûre : personne ne sera content. Parce que ce litige, il ne concerne pas que le football. Il concerne l’Afrique. Et l’Afrique, elle, n’a pas besoin de ça.
La dernière question : et si le TAS ne tranchait pas du tout ?
Parce que parfois, les tribunaux préfèrent éviter les décisions clivantes. Parfois, ils attendent. Parfois, ils laissent les choses se tasser. Alors oui, Matthieu Reeb a promis une décision « dans les meilleurs délais ». Mais est-ce que ça veut dire vraiment dans les meilleurs délais ? Ou est-ce que ça veut dire « on va vous faire attendre un peu » ?
Le vrai risque ? Un nouveau report.
Parce que si le TAS ne tranche pas net, le Maroc va encore faire appel. Et la FIFA va encore tergiverser. Et les joueurs vont encore attendre. Et les supporters vont encore râler. Et l’Afrique va encore perdre en crédibilité.
Alors, à vous de choisir : vous voulez un verdict clair, ou vous préférez un nouveau round de procédures ?
Parce que dans les deux cas, une chose est sûre : personne ne gagnera vraiment.