La SKCI étend son action santé à Guiglo

La Southland Kati Côte d’Ivoire a organisé une campagne de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus pour ses employées à Guiglo. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre d’Octobre Rose, mais pose la question de sa pérennité.

Publié le 2 novembre 2026 à 06:15
La SKCI étend son action santé à Guiglo

Une journée de sensibilisation et de dépistage à Guiglo

Le 31 octobre 2026, la Southland Kati Côte d’Ivoire (SKCI) a mobilisé ses équipes pour une opération de santé publique à destination de ses travailleuses. À Guiglo, dans le cadre de la campagne internationale d’Octobre Rose, 90 employées ont bénéficié d’une séance combinant sensibilisation et dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus. Une initiative présentée comme isolée, sans précision sur son financement ou son caractère récurrent.

Pourquoi cette campagne Ă  Guiglo ?

La localisation de cette action à Guiglo n’est pas anodine. La ville, située dans l’ouest ivoirien, est un pôle économique et industriel majeur pour la SKCI, qui y concentre une partie de ses activités. Le choix d’y organiser cette campagne pourrait s’expliquer par une volonté de cibler un public professionnel, souvent moins sensibilisé aux enjeux de santé préventive en raison de contraintes logistiques ou culturelles. Cependant, aucune donnée comparative n’est disponible pour confirmer si d’autres sites de la SKCI ont bénéficié de mesures similaires.

L’Octobre Rose, campagne annuelle de sensibilisation aux cancers féminins, est un cadre international bien établi. En Côte d’Ivoire, cette mobilisation reste inégale, dépendant souvent des initiatives locales ou des partenariats avec des acteurs privés. La SKCI, en agissant directement, contourne partiellement les structures publiques de santé, dont les moyens en matière de dépistage restent limités.

Un dépistage ponctuel ou une démarche structurelle ?

La dépêche ne précise pas si cette opération s’inscrit dans un programme plus large ou s’agit d’une action ponctuelle. Dans un contexte où les systèmes de santé publique ivoiriens peinent à généraliser les dépistages gratuits, une telle initiative soulève des questions : cette campagne est-elle le fruit d’une responsabilité sociale de l’entreprise, ou répond-elle à une obligation légale ou conventionnelle ?

En Côte d’Ivoire, les entreprises ne sont pas tenues par une obligation légale de dépistage systématique pour leurs salariées, contrairement à certains pays où des textes encadrent explicitement ces actions. Pourtant, des conventions collectives ou des accords internes pourraient imposer de telles mesures, notamment dans les secteurs à forte exposition aux risques professionnels.

Quels impacts pour les travailleuses concernées ?

Pour les 90 employées de la SKCI ayant participé à cette journée, les bénéfices sont directs : accès à un dépistage, souvent coûteux dans le secteur privé, et sensibilisation à des enjeux de santé parfois méconnus. Cependant, l’absence de suivi médical post-dépistage ou de prise en charge intégrale en cas d’anomalie pose question. Sans garantie de continuité, une telle opération risque de laisser les participantes dans une situation d’incertitude.

Par ailleurs, cette initiative ne couvre qu’une infime partie des travailleuses ivoiriennes exposées aux mêmes risques. À l’échelle nationale, les disparités restent marquées : les femmes en zone rurale ou dans les petites entreprises sont encore moins touchées par ce type de dispositifs.

Une responsabilité partagée entre acteurs publics et privés

L’action de la SKCI à Guiglo illustre une tendance croissante : les entreprises, notamment dans les secteurs miniers et industriels, prennent en charge des missions traditionnellement dévolues à l’État. Cette externalisation de la santé publique, bien que louable, soulève des interrogations sur sa durabilité et son équité.

Dans un pays où le système de santé publique est sous tension, ces initiatives privées peuvent combler des lacunes, mais elles ne sauraient se substituer à une politique nationale ambitieuse. La question de la pérennité de tels programmes dépendra en grande partie de leur intégration dans des stratégies plus larges, impliquant à la fois les acteurs économiques et les pouvoirs publics.

Vers une généralisation des dépistages en entreprise ?

Si la SKCI devait reproduire cette campagne à plus grande échelle, cela pourrait créer un précédent pour d’autres entreprises ivoiriennes. Cependant, sans cadre légal ou incitations fiscales, une telle extension reste incertaine. Les coûts, la logistique et les résistances culturelles pourraient freiner une généralisation.

À plus long terme, l’enjeu dépasse le cadre de l’entreprise. Il repose sur la capacité des autorités sanitaires à renforcer les infrastructures de dépistage, tout en encourageant les partenariats public-privé pour élargir l’accès aux soins. Sans cela, les initiatives isolées, aussi bien intentionnées soient-elles, risquent de rester des exceptions.

Une avancée limitée, mais un signal fort

L’opération menée par la SKCI à Guiglo marque une avancée dans la sensibilisation aux cancers féminins, même si son impact reste marginal. Elle révèle également un vide dans les politiques de santé publique ivoiriennes, où les acteurs privés jouent un rôle croissant. Reste à savoir si cette action restera un épisode isolé ou s’inscrira dans une dynamique plus large, impliquant à la fois les entreprises et l’État.

La pérennité de ces programmes dépendra de leur capacité à s’inscrire dans un écosystème solidaire, où chacun, entreprises, institutions et citoyens, assume sa part de responsabilité.

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R Galaxie Rédaction

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