Des universitaires portugais soutiennent l'autodétermination du Sahara occidental

Plus de 60 chercheurs et universitaires portugais appellent le Conseil de sécurité de l'ONU à garantir un référendum sous supervision onusienne pour le Sahara occidental. Leur lettre, transmise via une association locale, rejette toute solution imposée et insiste sur le respect du droit international. Le processus reste bloqué depuis des décennies, sans accord entre les parties.

Publié le 30 octobre 2026 à 10:03
Des universitaires portugais soutiennent l'autodétermination du Sahara occidental

Un appel pour un référendum sous supervision onusienne

La question qui se pose aujourd’hui concerne les modalités concrètes d’application d’un principe juridique reconnu : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, tel que consacré dans la Charte des Nations unies. Plus de 60 universitaires et chercheurs portugais ont adressé une lettre au Conseil de sécurité de l’ONU pour exiger le respect de ce principe dans le conflit du Sahara occidental. Leur intervention intervient alors que le statut territorial du territoire reste indécis depuis des décennies, malgré plusieurs résolutions onusiennes appelant à une solution pacifique.

Qui décide ? Le rôle bloqué du Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité de l’ONU, seul organe compétent pour autoriser l’organisation d’un référendum d’autodétermination, se trouve paralysé par un veto potentiel ou des désaccords persistants entre ses membres permanents. Le Maroc, qui contrôle une partie du territoire, s’oppose fermement à toute consultation populaire, arguant qu’elle remettrait en cause son intégrité territoriale. À l’inverse, le Front Polisario, représentant le peuple sahraoui, exige un scrutin supervisé par l’ONU pour trancher entre indépendance, intégration au Maroc ou autonomie sous souveraineté marocaine. Aucun des deux camps n’a jusqu’ici accepté de négocier une solution intermédiaire, ce qui maintient le statu quo.

La lettre des universitaires portugais souligne que le Conseil de sécurité a la responsabilité de trancher en faveur d’un processus conforme au droit international. Elle rappelle que les résolutions antérieures, bien que non contraignantes, ont réaffirmé à plusieurs reprises le principe d’un référendum libre et équitable. Cependant, aucune décision exécutoire n’a été prise en raison des divisions au sein du Conseil.

Qui paie le prix du blocage ? Les Sahraouis, pris en étau

Les conséquences concrètes du statu quo pèsent avant tout sur la population sahraouie. Une partie vit sous administration marocaine, tandis qu’une autre est installée dans des camps de réfugiés en Algérie, dans des conditions matérielles précaires. Les restrictions sur les déplacements, les limitations d’accès à l’éducation et aux soins, ainsi que l’absence de perspective politique alimentent une frustration croissante.

Le Maroc, pour sa part, assume le coût économique et sécuritaire de son contrôle sur le territoire, avec un budget militaire et administratif élevé dans la région. L’Algérie, qui soutient le Polisario, mobilise également des ressources pour maintenir son appui politique et logistique. En revanche, la communauté internationale, et notamment les États membres de l’ONU, n’ont jusqu’ici apporté qu’un soutien financier limité aux missions humanitaires, sans engagement sur le fond du conflit.

Un processus sous dépendance des rapports de force régionaux

L’avancée d’une solution dépendra avant tout de l’évolution des équilibres géopolitiques. L’Algérie, quant à elle, maintient une position intransigeante en faveur du Polisario, sans compromis sur le principe d’un référendum.

Sur le plan juridique, le Conseil de sécurité pourrait théoriquement adopter une résolution imposant un calendrier pour le référendum. Cependant, une telle décision exigerait une unanimité des membres permanents, ce qui semble peu probable dans l’état actuel des relations internationales.

Quels bénéfices pour qui ? Une solution négociée, mais à quel prix ?

Une résolution du conflit par la voie d’un référendum offrirait une issue pacifique, mettant fin à des décennies d’incertitude pour les Sahraouis. Elle permettrait également à la communauté internationale de stabiliser une région stratégique, située entre l’Afrique et l’Europe, et riche en ressources naturelles, notamment en phosphates. Pour le Maroc, une intégration totale du Sahara occidental renforcerait sa souveraineté, mais au prix d’un coût politique et économique élevé.

À l’inverse, le maintien du statu quo avantage indirectement les parties prenantes régionales, qui préservent leur influence sans avoir à assumer les risques d’un changement de statut. Cependant, cette situation prolongée aggrave les conditions de vie des populations concernées et retarde toute perspective de développement économique et social.

La prochaine étape : une décision politique, pas technique

La lettre des universitaires portugais ne change pas immédiatement la donne, mais elle renforce la pression morale sur le Conseil de sécurité. Une avancée concrète dépendra désormais de la volonté des acteurs régionaux et des membres permanents de l’ONU à engager un dialogue. Si le Conseil devait se saisir du dossier, une résolution exigerait probablement un compromis entre autonomie et intégration, évitant ainsi un référendum perçu comme trop risqué par les parties.

À défaut d’initiative politique, le conflit continuera de se jouer sur le terrain, avec des risques croissants d’escalade. Les Sahraouis, eux, attendront une solution qui leur soit enfin proposée, et non imposée.

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R Galaxie Rédaction

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