Pairi Daiza accueille un panda géant pour renforcer sa collection

Ran Ran, une femelle née en 2017, rejoindra le parc belge en novembre après des préparations techniques avec les experts chinois. Une opération logistique et scientifique sans précédent en Europe.

Publié le 26 octobre 2026 à 22:02
Pairi Daiza accueille un panda géant pour renforcer sa collection

Un transfert sous protocole international

Le transfert de Ran Ran vers Pairi Daiza s’inscrit dans un cadre juridique et scientifique précis. Il repose sur un accord bilatéral entre la Belgique et la Chine, encadré par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Ce dispositif, ratifié par les deux pays, fixe les conditions de prêt temporaire d’espèces protégées entre zoos accrédités.

La décision de transférer Ran Ran relève de deux instances : le Centre chinois de conservation et de recherche sur le panda géant, qui gère les individus sous sa responsabilité, et la direction de Pairi Daiza, soumise à l’avis de l’Union mondiale pour la nature (UICN) et des autorités régionales wallonnes. Ces dernières doivent valider l’absence de risque sanitaire ou environnemental, conformément au décret wallon sur la protection des espèces exotiques. Le délai d’installation est fixé à novembre 2026, sans date exacte communiquée.

Un enjeu de conservation génétique

L’arrivée de Ran Ran s’inscrit dans une stratégie de diversification génétique pour les pandas géants en captivité. Ces animaux, classés en danger par l’UICN, bénéficient de programmes de reproduction coordonnés par la Chine, qui détient 60 % des individus captifs dans le monde. Leur faible diversité génétique, due à des effectifs historiques réduits, les rend vulnérables aux maladies.

Cette collaboration permet d’éviter l’endogamie, mais soulève des questions éthiques : faut-il privilégier la reproduction en captivité ou soutenir les efforts de réintroduction en milieu naturel, comme le font des réserves chinoises comme Wolong ?

Un coût assumé par le parc et ses partenaires

Les dépenses liées à l’accueil de Ran Ran sont réparties entre plusieurs acteurs. Ces coûts sont compensés par des subventions publiques wallonnes et des partenariats privés, notamment avec des entreprises locales comme John Cockerill ou Colruyt, qui financent des programmes de conservation.

La Chine, quant à elle, prend en charge les frais de transport et de formation du personnel belge aux techniques de soins spécifiques aux pandas. Ces dernières incluent l’alimentation (bambou frais, compléments vitaminés) et la gestion du stress, un animal stressé pouvant développer des troubles digestifs graves. Le parc devra également s’acquitter d’une taxe de prêt annuelle, dont le montant n’est pas divulgué.

Un attrait touristique sous conditions

Cependant, cet impact dépendra de la visibilité médiatique et de la capacité du parc à mettre en avant le rôle scientifique de l’animal.

À l’inverse, des associations comme WWF Belgique soulignent que les pandas attirent des fonds pour la conservation, mais détournent l’attention des espèces locales menacées, comme le lynx boréal ou le castor d’Europe. Elles rappellent que Pairi Daiza, malgré ses efforts, n’a pas encore de programme de réintroduction pour des espèces indigènes.

Des questions logistiques et éthiques en suspens

Plusieurs incertitudes persistent. Ensuite, la question de sa reproduction : les pandas femelles en captivité ont un taux de fécondité faible, et Pairi Daiza devra prouver sa capacité à assurer des naissances viables, sous peine de devoir rendre l’animal.

Enfin, le parc devra gérer l’attente des visiteurs. Les pandas sont souvent présentés comme des animaux dociles, mais leur comportement imprévisible (morsures, cris) peut poser problème. Une charte de visite sera probablement édictée, avec des horaires limités et des zones de sécurité renforcées.

Ce que le visiteur peut vérifier ou faire

Les détails du contrat de prêt seront publiés courant novembre sur le site de Pairi Daiza et celui du gouvernement wallon. Les visiteurs pourront suivre les préparatifs via les réseaux sociaux du parc, où des directives sur l’alimentation des pandas et les protocoles sanitaires seront diffusées. Pour ceux qui souhaitent soutenir la conservation des pandas sans se rendre sur place, des dons peuvent être versés à l’Association pour la protection des pandas géants, partenaire de Wolong.

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R Galaxie Rédaction

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