SantéDix pour cent des cancers liés à des infections selon l'OMS
R Galaxie Rédaction · 7 novembre 2026 à 06:08 · 3 min de lecture
L’Organisation mondiale de la santé estime que près de 2,3 millions de nouveaux cas de cancer diagnostiqués en 2024 pourraient être attribués à des infections. Les mécanismes de prévention et les enjeux de santé publique restent à préciser.
Un lien établi entre infections et cancers
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié une analyse révélant que près d’un cancer sur huit diagnostiqué dans le monde en 2024 aurait une origine infectieuse. Selon ces travaux, cela représente environ 12 % des 2,3 millions de nouveaux cas recensés cette année-là. Cette donnée, issue d’une étude systématique des facteurs de risque, souligne l’importance des pathogènes dans l’émergence de certaines formes de cancers, notamment dans des régions où les conditions sanitaires restent précaires.
Quels cancers sont concernés par ces infections ?
Les infections responsables de ces cancers ciblent principalement des organes spécifiques. Le virus du papillome humain (VPH), par exemple, est associé à près de 5 % des cancers mondiaux, notamment ceux du col de l’utérus, mais aussi de l’oropharynx ou de l’anus. D’autres agents pathogènes, comme Helicobacter pylori, sont liés à des cancers gastriques, tandis que les infections à Schistosoma ou les virus de l’hépatite B et C augmentent significativement le risque de cancers du foie. Ces liens, bien que documentés depuis plusieurs décennies, n’avaient jamais été quantifiés à cette échelle par l’OMS.
Quels sont les mécanismes de prévention existants ?
La prévention de ces cancers passe en grande partie par des mesures sanitaires éprouvées. Les vaccins, comme celui contre le VPH ou l’hépatite B, réduisent drastiquement l’incidence des cancers associés. Les campagnes de dépistage, notamment pour le cancer du col de l’utérus, permettent une détection précoce des lésions précancéreuses induites par des infections virales. Enfin, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement limite la propagation de parasites comme Schistosoma, responsables de cancers de la vessie dans certaines zones endémiques. Pourtant, ces outils restent sous-utilisés dans les pays à ressources limitées, où le fardeau de la maladie est le plus lourd.
Quels défis pour les systèmes de santé ?
Pour les pouvoirs publics, cette estimation pose la question de l’allocation des ressources. Les programmes de vaccination et de dépistage, bien que coûteux, restent des investissements à long terme pour éviter des traitements onéreux contre des cancers avancés. Cependant, leur mise en œuvre dépend souvent de la stabilité politique et des priorités nationales. Dans les pays où les systèmes de santé sont fragiles, l’intégration de ces mesures dans les politiques publiques se heurte à des contraintes budgétaires et logistiques. Par ailleurs, l’OMS souligne que ces données pourraient renforcer les arguments en faveur d’un financement accru de la recherche sur les infections émergentes et leur lien avec le cancer.
Quelles limites à cette étude ?
Plusieurs incertitudes persistent. D’abord, l’étude ne précise pas quelles infections spécifiques sont les plus impliquées au-delà des cas déjà connus. Ensuite, les mécanismes par lesquels certaines infections favorisent la cancérogenèse restent partiellement élucidés, notamment pour des pathogènes moins étudiés.
Vers une meilleure prise en charge globale ?
Cette analyse de l’OMS rappelle que la lutte contre le cancer ne se limite pas aux avancées thérapeutiques. Elle interroge aussi la capacité des systèmes de santé à prévenir les causes infectieuses, souvent négligées au profit des facteurs de risque environnementaux ou génétiques. Si les vaccins et les dépistages offrent des leviers concrets, leur efficacité dépendra de leur accessibilité et de leur adoption à l’échelle mondiale. À moyen terme, ces résultats pourraient inciter les États et les organisations internationales à repenser leurs stratégies, en intégrant davantage la prévention infectieuse dans les plans de lutte contre le cancer.
Les données disponibles ne permettent pas encore d’envisager une révolution dans les politiques de santé publique, mais elles ouvrent une voie pour des actions ciblées, là où le besoin est le plus criant.
Photo : Free Public Domain Illustrations by rawpixel, CC BY 2.0, via Openverse.
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