L'OM ne joue plus, Riolo non plus, juste un constat qui dérange trop pour être ignoré<br><br>Le score est sec, 1-0 pour l'Olympiacos à Marseille. Un but de Zinchenko à la 67e minute, et c'est tout. Pas de frissons, pas de débat. Juste une équipe qui ne joue plus, qui ne croit plus, qui s'enlise dans une routine de médiocrité assumée. Daniel Riolo, sur RMC, a lâché une phrase qui résume l'état d'esprit du club : « Je suis en train de passer de la critique à la pitié. » Pas de colère, pas de rage. Juste une lassitude qui transpire à travers les mots.<br><br>Pourquoi cette phrase claque plus qu'un match ? Parce qu'elle dit ce que tout le monde pense, mais que personne n'ose formuler aussi crûment. L'OM n'est plus une équipe qui se bat. C'est une coquille vide, un vestiaire en vrac, une direction qui navigue à vue. Et Riolo, lui, n'a plus la force de crier sa colère. Il se contente de constater, impuissant.<br><br>Le vestiaire, ce miroir brisé<br><br>Derrière les statistiques (une victoire en 10 matchs de championnat, un point en deux rencontres de Ligue Europa), il y a des visages. Des joueurs qui ne savent plus où ils vont. Des talents gâchés, des espoirs étouffés. Un exemple ? Valère Germain, 21 ans, déjà 20 matchs avec l'équipe première cette saison. Un profil prometteur, un joueur technique, et pourtant, il passe son temps sur le banc. Pourquoi ? Parce que l'OM n'a plus de projet. Parce que les choix tactiques sont incohérents. Parce que les arrivées de l'été (Gonçalves, Balerdi) n'ont rien changé, ou presque.<br><br>Et puis il y a Payet, toujours là, toujours le même. Un joueur qui a tout donné, mais qui ne voit plus son club lui donner quoi que ce soit en retour. Un contrat qui expire en juin, des promesses non tenues, une équipe qui ne le considère plus comme un leader. À 34 ans, il joue son dernier match à Marseille. Personne ne le lui dit clairement, mais tout le monde le sait.<br><br>La direction, ce fantôme qui décide<br><br>Pendant ce temps, la présidence et le staff technique continuent de tergiverser. Vincent Labrune a promis des changements, mais où sont-ils ? Les rumeurs d'un départ de Gasset circulent depuis des mois. Rien. Les rumeurs sur un possible retour de André Villas-Boas reviennent chaque semaine. Rien. L'OM est un navire sans capitaine, où chacun attend que l'autre bouge.<br><br>Le pire ? Les supporters paient le prix.<br><br>Prenez le chiffre du Vélodrome : 55 000 places assises, et seulement 30 000 spectateurs en moyenne cette saison. Les Marseillais ne viennent plus. Ils ont perdu confiance. Et quand un club perd la confiance de ses supporters, c'est qu'il a déjà perdu bien plus que des matchs.<br><br>L'Olympiacos, ce miroir qui fait mal<br><br>Face à eux, l'Olympiacos. Une équipe qui a tout pour elle : un effectif jeune, un jeu offensif, et une mentalité de gagnants. Evanthios Bakasetas, 22 ans, a marqué le but de la victoire comme si c'était une formalité. Parce que pour eux, l'OM est déjà battu avant le coup d'envoi.<br><br>Et c'est ça, le drame. L'OM ne fait plus peur.<br><br>Pas en Ligue Europa, où les Grecs ont dominé sans état d'âme. Pas en Ligue 1, où le PSG écrase tout sur son passage, et où le reste du championnat se bat pour la deuxième place. Pas même à domicile, où le Vélodrome, ce temple du bruit et de la ferveur, ressemble de plus en plus à une salle de concert vide.<br><br>Riolo a raison : la pitié, c'est le stade suivant.<br><br>D'abord, on critique. On pointe du doigt les erreurs, les mauvaises décisions, les joueurs qui ne donnent pas tout. Ensuite, on passe à la colère. On hurle, on tape sur les tables, on exige des têtes. Et puis vient le moment où plus personne n'y croit. Où même ceux qui aiment le club baissent les yeux. Où on regarde les matchs en silence, sans espoir.<br><br>L'OM est là. Entre la critique et la pitié.<br><br>Et le pire, c'est que personne ne sait comment en sortir.
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R Galaxie Rédaction