Maurice lance une plateforme gratuite pour former aux compétences numériques
R Galaxie Rédaction · 8 novembre 2026 à 06:02 · 2 min de lecture
Le gouvernement mauricien et Mauritius Telecom, avec AWS, ouvrent un hub de formations en ligne pour développer les compétences en intelligence artificielle et cloud computing. Une initiative qui s’inscrit dans une dynamique régionale croissante.
La formation aux technologies numériques progresse à Maurice, où l’accès aux compétences en intelligence artificielle (IA) et en cloud computing reste inégal. Cette dynamique s’accélère aujourd’hui avec le lancement d’une plateforme publique, qui pourrait servir de modèle pour d’autres économies insulaires dépendantes du secteur tertiaire.
Un partenariat public-privé pour combler un retard
Le myt Learning Hub, déployé par Mauritius Telecom en collaboration avec Amazon Web Services (AWS), propose 60 formations gratuites dans quatre domaines prioritaires : l’IA, le cloud computing, la cybersécurité et les bases du développement logiciel.
L’initiative s’appuie sur un modèle éprouvé : celui des AWS Training and Certification, déjà utilisé dans une vingtaine de pays africains.
Qui en profite et selon quelles règles ?
La gratuité de la plateforme pose une question centrale : qui paie le coût réel de la formation ? AWS et Mauritius Telecom n’ont pas communiqué de détails sur leur modèle économique. Dans d’autres pays, ces partenariats reposent sur des subventions publiques ou des contributions des entreprises locales utilisant ces compétences.
Un autre point reste flou : l’employabilité des formations. Les programmes proposés sont-ils alignés sur les besoins réels du marché ? À La Réunion, une île française aux caractéristiques économiques proches, 30 % des diplômés en informatique peinent à trouver un emploi correspondant à leur niveau. Sans données locales, il est impossible d’évaluer si le myt Learning Hub évitera ce piège.
Comparaison avec les voisins : un retard à rattraper
Maurice n’est pas le premier pays africain à lancer une telle initiative.
En Afrique du Sud, où le chômage des jeunes dépasse 60 %, des programmes similaires ont montré leurs limites. Sans accompagnement vers l’emploi, une formation certifiante ne garantit pas un salaire décemment rémunéré.
Trois questions pour évaluer l’impact
- Comment vérifier l’efficacité de la plateforme ? Les utilisateurs pourront consulter les statistiques publiques de Mauritius Telecom, qui publie trimestriellement ses indicateurs de fréquentation. À défaut, les associations locales comme Mauritius ICT Association pourraient mener une enquête indépendante d’ici six mois.
- Quels sont les critères d’accès aux certifications payantes ? Les SOURCES ne précisent pas si des bourses ou des exonérations sont prévues pour les demandeurs d’emploi ou les petits revenus. Une demande officielle auprès de Mauritius Telecom permettrait de clarifier ces modalités.
- Cette formation répond-elle aux besoins des entreprises ? Les employeurs mauriciens pourront évaluer la pertinence des compétences acquises en participant aux Mauritius Tech Awards, où des représentants du secteur sont régulièrement consultés sur les lacunes en recrutement.
La gratuité de l’accès est une avancée indéniable, mais son succès dépendra de deux facteurs : la transparence sur les financements et la création de passerelles vers l’emploi. Sans ces garanties, le risque est celui d’une formation utile pour quelques-uns, mais inefficace pour la majorité.