Le Maroc remplace l'Afrique du Sud dans le top 5 des investissements africains

Selon le classement 2026 de la banque Rand Merchant Bank, le Maroc progresse au quatrième rang des pays africains les plus attractifs pour les investisseurs, tandis que l’Afrique du Sud recule encore. Quels facteurs expliquent ce changement et quelles conséquences pour les économies concernées ?

Publié le 28 octobre 2026 à 12:04
Le Maroc remplace l'Afrique du Sud dans le top 5 des investissements africains

Un classement qui se réorganise après des années de domination sud-africaine

La question centrale porte sur la capacité des pays africains à attirer les investissements étrangers, un enjeu économique majeur pour leur développement. Depuis des années, l’Afrique du Sud occupait une position dominante dans les classements de l’attractivité économique du continent. Pourtant, selon le palmarès 2026 publié par la banque Rand Merchant Bank (RMB), basée à Johannesburg, le pays recule d’une place, cédant la quatrième position au Maroc. Ce déplacement n’est pas anodin : il reflète des dynamiques économiques contrastées, où certains pays misent sur des réformes structurelles tandis que d’autres peinent à maintenir leur compétitivité.

Cette évolution interroge : le Maroc a-t-il su capitaliser sur des atouts spécifiques pour progresser, tandis que l’Afrique du Sud, malgré ses ressources, voit son attractivité s’éroder ? Les investisseurs privilégient-ils désormais des critères autres que les simples réserves minières ou la taille du marché ? Et quelles conséquences concrètes cette réorganisation peut-elle avoir pour les entreprises et les populations locales ?

Quels critères déterminent l’attractivité d’un pays africain ?

Le classement de Rand Merchant Bank, bien que non détaillé dans ses méthodes précises, s’appuie traditionnellement sur plusieurs indicateurs clés : la stabilité politique, la qualité des infrastructures, le climat des affaires, la facilité à faire des affaires et la disponibilité des ressources naturelles. Ces critères, souvent cités dans les rapports similaires, expliquent en partie pourquoi certains pays progressent tandis que d’autres stagnent ou reculent.

Pour le Maroc, la progression s’inscrit dans une tendance plus large : le pays a engagé depuis plusieurs années des réformes visant à améliorer son environnement des affaires. La création de zones franches industrielles, les incitations fiscales pour les investisseurs étrangers et les efforts pour moderniser les ports et les aéroports ont joué un rôle déterminant. À l’inverse, l’Afrique du Sud, malgré son poids économique historique, fait face à des défis persistants : tensions sociales, incertitudes réglementaires et une croissance économique ralentie depuis des années.

Cependant, ces critères restent subjectifs. Le Maroc, par exemple, mise davantage sur les industries manufacturières et les services, une diversification qui peut expliquer son ascension.

Qui sont les gagnants et les perdants de ce classement ?

Les entreprises et les États sont les principaux acteurs concernés par ces évolutions. Pour les investisseurs, le Maroc apparaît comme une destination plus prévisible, avec des retours sur investissement potentiellement plus rapides grâce à une main-d’œuvre qualifiée et des coûts logistiques maîtrisés. Les secteurs comme l’automobile, l’aéronautique et les technologies vertes y trouvent un terrain propice.

À l’inverse, l’Afrique du Sud, bien que toujours attractive pour les industries lourdes et minières, voit son image ternie par des grèves répétées, une fiscalité perçue comme lourde et une bureaucratie complexe. Les entreprises étrangères pourraient ainsi reporter une partie de leurs investissements vers des pays où les risques sont mieux maîtrisés.

Pour les populations locales, les conséquences sont plus indirectes. Dans les pays en progression comme le Maroc, une attractivité accrue peut se traduire par la création d’emplois et une hausse des salaires dans certains secteurs. En revanche, dans les pays en recul, comme l’Afrique du Sud, le ralentissement des investissements pourrait aggraver le chômage et freiner la croissance.

Comment les gouvernements réagissent-ils à ces classements ?

Les classements comme celui de Rand Merchant Bank ont un impact direct sur les politiques économiques des pays concernés. Un recul dans le classement peut inciter un gouvernement à accélérer les réformes pour regagner des positions, tandis qu’une progression peut servir de levier pour attirer davantage d’investissements.

L’Afrique du Sud, par exemple, a déjà réagi à des classements similaires par le passé en lançant des plans de relance économique et en simplifiant certaines réglementations. Le Maroc, de son côté, pourrait voir son gouvernement renforcer ses efforts pour maintenir cette dynamique, notamment en ciblant des secteurs porteurs comme les énergies renouvelables ou les technologies.

Cependant, ces réactions dépendent aussi de la capacité des États à mettre en œuvre des réformes durables. Un simple changement de loi ne suffit pas : il faut des résultats concrets, visibles pour les investisseurs. La question reste ouverte de savoir si les gouvernements africains parviendront à transformer ces classements en opportunités économiques tangibles pour leurs populations.

Quelles perspectives pour les autres pays du continent ?

Si le Maroc et l’Afrique du Sud concentrent l’attention, d’autres pays africains pourraient tirer des enseignements de cette réorganisation. Des économies comme celles du Rwanda, de la Côte d’Ivoire ou du Sénégal, souvent citées pour leur dynamisme, pourraient voir leur attractivité confirmée ou, à l’inverse, devoir accélérer leurs réformes pour ne pas être distancées.

Par ailleurs, cette évolution interroge sur l’avenir des investissements en Afrique. Les critères traditionnels (ressources naturelles, taille du marché) sont-ils encore les plus déterminants, ou les investisseurs se tournent-ils désormais vers des pays offrant des infrastructures modernes, une main-d’œuvre qualifiée et une stabilité politique ?

La réponse à cette question pourrait redéfinir la carte économique du continent dans les années à venir, avec des gagnants et des perdants selon leur capacité à s’adapter.

Un désaccord persistant sur les leviers de l’attractivité

Malgré les évolutions observées, les débats persistent sur les moyens les plus efficaces pour attirer les investissements. Certains estiment que les réformes structurelles et la stabilité politique restent les piliers incontournables, tandis que d’autres misent sur des incitations fiscales ciblées ou des partenariats publics-privés.

Ce qui divise, c’est moins la reconnaissance des défis que les réponses à y apporter. Le Maroc montre qu’une approche équilibrée, combinant infrastructure et stabilité, peut porter ses fruits. L’Afrique du Sud, en revanche, illustre les risques d’un environnement perçu comme trop instable pour certains investisseurs.

Les prochains mois diront si cette tendance se confirme ou si d’autres pays parviendront à inverser la donne.

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R Galaxie Rédaction

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