La lecture combat Alzheimer, mais les Français délaissent les livres

Un médecin l’affirme : lire régulièrement protège le cerveau. Pourtant, les Français délaissent les livres. Pourquoi cette activité, pourtant efficace, reste-t-elle un luxe pour certains ? Les chiffres ne mentent pas, et les habitudes, si.

Publié le 23 octobre 2026 à 08:09
La lecture combat Alzheimer, mais les Français délaissent les livres

Le cerveau, ce muscle paresseux qu’on ne travaille pas assez

Imaginez un athlète qui s’entraîne trois fois par semaine. Maintenant, imaginez-le arrêter du jour au lendemain. Ses muscles fondent, ses réflexes s’émoussent. Votre cerveau, c’est pareil. Sauf que personne ne vous fait courir 10 km par jour pour le maintenir en forme. La lecture, c’est l’équivalent d’une séance de sport pour les neurones. Elle active la mémoire, l’imagination, la logique, tout ce qui fait tenir Alzheimer à distance.

Pourtant, les Français lisent de moins en moins. Selon une étude de l’INSEE publiée en 2022, un adulte sur deux ne lit plus de livres pour le plaisir. Les magazines ? Les journaux ? Même pas. On scroll, on zappe, on avale des infos en 3 secondes chrono. Résultat : le cerveau, privé de stimulation, se met en mode économie d’énergie. Comme une voiture qui roule au ralenti. À force, les circuits se grippent. Et c’est là que Alzheimer frappe.

Le paradoxe ? On sait tous que lire est bon pour la santé. Mais on ne le fait pas. Pourquoi ? Parce que c’est compliqué. Parce que le temps manque. Parce que Netflix est plus simple. Sauf que Netflix, ça ne construit pas de mémoire. Ça ne force pas votre cerveau à faire des efforts. Ça le laisse dans le coton.

Le docteur Valinducqu ne tourne pas autour du pot : « Un cerveau qui ne travaille pas se dégrade. Point.» Les mots croisés, les sudokus, les discussions animées, tout ça compte. Mais la lecture ? C’est l’activité reine. Parce qu’elle demande de l’attention, de la concentration, de la réflexion. Trois ingrédients que les réseaux sociaux ne fournissent pas.

Pourquoi les Français abandonnent la lecture, et ce que ça coûte

En 2019, seulement 28 % des 18-24 ans ont lu un livre pour le plaisir, contre 46 % des 65 ans et plus (source : Ministère de la Culture). La lecture, c’est un marqueur social. Ceux qui ont le temps, l’argent, l’envie, souvent les plus âgés ou les plus diplômés, tiennent encore un livre entre les mains. Les autres ? Ils sont largués.

Pourquoi ce fossé ? Parce que lire, ça prend du temps. Dans une société où chaque minute compte, où l’information doit être instantanée, le livre devient un luxe. Un luxe que beaucoup ne peuvent plus se payer. Les écrans, eux, ne jugent pas. Ils ne demandent pas d’effort. Ils s’adaptent à votre rythme, qui est souvent celui de la paresse.

Le pire ? On ne réalise même plus à quel point on a perdu. En 1973, 67 % des Français lisaient au moins un livre par an. Aujourd’hui, c’est moins de la moitié. Une chute libre. Et avec elle, une baisse des capacités cognitives chez les plus jeunes. Les études le montrent : les gens qui lisent peu ont deux fois plus de risques de développer des troubles de la mémoire plus tard.

Pourtant, personne ne panique. Personne ne sonne l’alarme. On parle des écrans, des addictions, des troubles du sommeil, mais pas assez de ce qui fait tenir le cerveau en vie.

Ce que la lecture fait vraiment à votre cerveau, et ce que les écrans ne font pas

Lire un roman, ce n’est pas juste suivre une histoire. C’est faire travailler votre cerveau comme un athlète en salle de sport.

  • La mémoire : Quand vous lisez, vous stockez des informations, vous faites des liens, vous retenez des détails. Votre cerveau, lui, doit s’adapter, anticiper, mémoriser. C’est comme un muscle qui se renforce.

  • L’imagination : Un livre ne se contente pas de décrire, il vous force à visualiser, à ressentir. Votre cerveau doit créer des images, des émotions, des scènes entières. Les écrans, eux, vous les donnent toutes faites. Résultat : votre esprit s’atrophie.

  • La concentration : Tenir une attention sur 20 pages, c’est un effort. Un effort que plus personne ne veut fournir. On préfère les vidéos de 30 secondes, les posts Instagram, les tweets. Tout ce qui ne demande pas d’énergie. Sauf que sans concentration, pas de réflexion. Sans réflexion, pas de mémoire.

Le docteur Valinducqu insiste sur un point : « La lecture, c’est comme un vaccin contre la démence.» Pas besoin de lire 10 heures par jour. 15 minutes par jour suffisent pour voir une différence. Mais il faut commencer. Et surtout, ne pas se contenter de relire les mêmes choses en boucle. Varier les genres, les styles, les époques, ça force le cerveau à s’adapter, à se remettre en question.

Le piège des écrans, et pourquoi on ne lit plus

Le vrai problème, ce n’est pas la lecture en soi. C’est ce qui la remplace.

Les écrans, aujourd’hui, c’est l’équivalent d’une malbouffe pour le cerveau. On avale des infos sans les digérer. On lit des titres, on scanne des paragraphes, on zappe. On ne réfléchit plus.

Résultat : notre capacité à nous concentrer sur une tâche longue a chuté de 40 % en 15 ans (étude de Microsoft, 2015). On ne tient plus 20 minutes sur un sujet. On ne retient plus les détails. On ne fait plus d’efforts.

Et c’est là que le danger guette. Parce qu’Alzheimer, ce n’est pas qu’une maladie de vieux. Ça commence bien avant. Ça commence quand on arrête de solliciter son cerveau. Quand on ne lit plus. Quand on ne pense plus.

Le pire ? On sait tous que c’est mauvais pour nous. Mais on continue quand même. Parce que c’est plus facile. Parce que personne ne nous force à tenir un livre. Parce que les écrans sont plus forts que nous.

Alors, on fait quoi ?

La bonne nouvelle, c’est que même commencer petit, ça change tout.

  • 10 pages par jour : Un chapitre de roman, un article de fond, une nouvelle. Assez pour activer votre cerveau sans vous épuiser.

  • Varier les supports : Livres, magazines, journaux, mais aussi les livres audio. Parce que la voix, ça stimule aussi la mémoire.

  • Lire à voix haute : Ça force votre cerveau à articuler, à prononcer, à mémoriser. Une technique utilisée en thérapie cognitive.

  • Éviter les écrans avant de dormir : Parce que la lumière bleue, ça fatigue les yeux, mais aussi ça empêche votre cerveau de se reposer. Et un cerveau fatigué, c’est un cerveau qui s’abîme plus vite.

Le docteur Valinducqu ne cache pas son avis : « Ceux qui ne lisent pas, ce sont ceux qui paieront le prix fort plus tard. » Pas besoin d’attendre d’avoir 70 ans pour commencer. Mieux vaut 15 minutes par jour à 30 ans qu’une heure par jour à 60 ans.

La vérité qui dérange

On sait tous que lire est bon pour la santé. Mais on ne le fait pas. Pourquoi ? Parce que c’est moins fun. Parce que c’est moins rapide. Parce que les écrans sont plus forts.

Le vrai problème, ce n’est pas Alzheimer. C’est notre paresse. Notre incapacité à faire un effort quand il le faut. Notre préférence pour le confort plutôt que pour la santé.

Alors oui, la lecture sauve des vies. Mais elle ne sauvera la vôtre que si vous la prenez en main.

*(Et non, relire ses mails toute la journée, ça ne compte pas.)

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R Galaxie Rédaction

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