Le doublement du kérosène menace la rentabilité des compagnies aériennes

Les tensions géopolitiques maintiennent les cours du kérosène à un niveau élevé, selon WestJet. Les élections américaines de mi-mandat ne devraient pas inverser la tendance, ce qui pèse sur les tarifs aériens et les marges des transporteurs. Les voyageurs et les entreprises pourraient subir les conséquences à moyen terme.

Publié le 30 octobre 2026 à 12:03
Le doublement du kérosène menace la rentabilité des compagnies aériennes

Un marché du kérosène sous tension durable

Les élections américaines de mi-mandat, prévues en novembre 2026, ne devraient pas apaiser les conflits géopolitiques qui ont fait doubler le prix du kérosène depuis deux ans. Cette hausse, structurelle selon les analystes, interroge sur sa durée et ses répercussions pour les compagnies aériennes, les voyageurs et les économies dépendantes du transport aérien. Alors que certains secteurs espéraient un retour à la normale après les perturbations liées à la guerre en Ukraine et aux tensions au Moyen-Orient, les signaux restent contrastés.

Qui décide des prix du kérosène et selon quelles règles ?

Le kérosène, carburant des avions long-courriers, est un produit dérivé du pétrole brut dont le prix dépend de trois facteurs principaux : la demande mondiale, l’offre en pétrole et les tensions géopolitiques. Contrairement aux carburants routiers, soumis à des taxes variables selon les pays, le kérosène échappe souvent aux politiques fiscales nationales. Il est acheté et vendu sur les marchés internationaux, principalement à Rotterdam, Singapour et New York, où les cours sont fixés par les lois de l’offre et de la demande.

Les compagnies aériennes, dont WestJet, n’ont pas de pouvoir direct sur ces marchés. Elles achètent le kérosène à l’avance via des contrats à terme pour se protéger contre les fluctuations, mais ces mécanismes ne couvrent pas toujours les hausses brutales. Les coûts sont ensuite répercutés sur les tarifs des billets, avec un décalage de plusieurs mois en raison des contrats déjà signés.

Qui paiera la facture de cette hausse ?

Les voyageurs et les entreprises sont les premiers concernés.

Pour les compagnies low-cost comme WestJet, cette hausse réduit les marges déjà fragilisées par la reprise post-pandémie. Les transporteurs traditionnels, comme Air Canada ou Lufthansa, disposent de plus de flexibilité pour absorber le choc grâce à leur réseau diversifié, mais ils ne sont pas à l’abri de pressions sur leurs tarifs. Les voyageurs d’affaires et les touristes, moins sensibles au prix, pourraient continuer à payer des tarifs stables, tandis que les clients occasionnels ou les trajets courts subiraient une hausse plus marquée.

Les élections américaines changeront-elles la donne ?

Le Congrès américain a un rôle clé dans l’approbation des sanctions contre les pays producteurs de pétrole, comme l’Iran ou la Russie, ainsi que dans les négociations commerciales internationales.

Cependant, les conflits au Moyen-Orient et en mer Rouge, principaux facteurs de la hausse du kérosène, dépendent davantage des dynamiques régionales que des décisions américaines. Une victoire des démocrates pourrait accentuer les pressions sur les pays du Golfe pour augmenter leur production, tandis qu’une majorité républicaine pourrait privilégier une réduction des régulations environnementales, mais sans garantie de baisse des prix.

Quelles alternatives pour les compagnies aériennes ?

Face à cette situation, les transporteurs explorent plusieurs pistes. La première consiste à optimiser la consommation de kérosène : réduction des poids à bord, amélioration de l’aérodynamique des avions et utilisation de routes plus courtes. WestJet et d’autres compagnies ont déjà investi dans des flottes plus économes, comme les Airbus A220 ou les Boeing 787, mais ces mesures ne suffisent pas à compenser une hausse aussi brutale.

Une seconde voie passe par la diversification des carburants.

Enfin, certaines compagnies envisagent de reporter une partie des coûts sur les frais annexes, comme les bagages ou les sièges premium, plutôt que sur le prix du billet de base. Cette stratégie, déjà utilisée par certaines low-cost, pourrait however être limitée par la sensibilité des voyageurs à ces surcoûts.

Un désaccord persistant sur les solutions

Les compagnies aériennes et les associations de consommateurs s’opposent sur la manière de gérer cette crise. Les transporteurs insistent sur la nécessité de stabiliser les marchés pétroliers, en appelant à une coopération internationale pour réduire les tensions géopolitiques. Ils estiment que les gouvernements doivent jouer un rôle plus actif, notamment en soutenant la recherche sur les carburants alternatifs et en harmonisant les taxes sur le kérosène.

À l’inverse, les associations de voyageurs et les économistes libéraux estiment que les compagnies devraient absorber une partie de la hausse plutôt que de la répercuter intégralement sur les tarifs. Ils soulignent que les marges bénéficiaires des transporteurs restent élevées dans certains segments, comme les vols long-courriers premium, et que les hausses de prix pourraient freiner la reprise du trafic aérien, encore en dessous des niveaux d’avant la pandémie.

Malgré ces divergences, un point fait consensus : la hausse du kérosène n’est pas un phénomène passager. Quels que soient les résultats des élections américaines, les compagnies aériennes et les voyageurs devront s’adapter à un nouveau contexte, où la volatilité des prix et la recherche de solutions durables deviendront des priorités structurelles.

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R Galaxie Rédaction

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