Iiyama sort enfin de l’ombre avec un écran OLED qui claque, mais trop tard pour certains gamers exigeants
En 2014, iiyama débarquait sur le marché des écrans gaming avec une promesse : des moniteurs haut de gamme à prix raisonnables. Dix ans plus tard, la marque japonaise frappe un grand coup avec le Titan Falcon, son premier écran OLED gaming, et une refonte en profondeur de sa gamme phare, les G-MASTER. Sauf que l’exercice est risqué : sur un segment déjà saturé par des géants comme ASUS, Alienware ou LG, iiyama doit prouver qu’elle n’est pas qu’un fournisseur de bas de gamme pour les budgets serrés.
Le problème ? Personne ne lui a jamais vraiment donné une chance. Entre les écrans IPS bon marché et les modèles haut de gamme trop chers, iiyama a souvent été reléguée au rang de marque de niche. Cette fois, avec l’OLED, elle mise sur un argument massue : des noirs profonds, des contrastes à faire pâlir les LCD, et un temps de réponse quasi instantané. Mais est-ce suffisant pour rattraper son retard ?
Un écran OLED qui fait mal au portefeuille, et qui divise
Le Titan Falcon (modèle GM579) affiche un prix de 1 299 € pour un 27 pouces en QD-OLED, une technologie co-développée avec Samsung Display. Ça fait mal. À titre de comparaison, un LG UltraGear OLED 27 pouces (27GP950) se trouve autour de 1 100 €, et un Alienware AW3423DW en 34 pouces (QD-OLED) frôle les 1 500 €. iiyama ne joue pas dans la même courbe de prix, mais elle mise sur un design sobre et une finition premium qui rappelle les écrans de bureau haut de gamme de Dell ou HP.
Le vrai atout ? Les couleurs. Avec un Delta-E < 2 (mesure de la précision des couleurs), le Falcon dépasse allègrement les standards Rec. 709 et DCI-P3. Problème : pour un gamer, ça change quoi ? Si vous jouez à Cyberpunk 2077 en ultra avec les effets visuels poussés à fond, oui, ça fait la différence. Si vous passez vos soirées sur Fortnite en 1080p, non. Iiyama le sait. D’où une communication qui cible clairement les créateurs de contenu et les joueurs exigeants, pas la masse.
Mais attention : l’OLED a un défaut de jeunesse. Le burn-in (marquage permanent des pixels) reste un risque, surtout si vous laissez un HUD fixe s’afficher pendant des heures. iiyama propose une garantie étendue (jusqu’à 3 ans), mais personne ne sait encore si ça suffira face à des marques comme ASUS, qui ont déjà eu des retours d’utilisateurs sur des problèmes similaires.
La gamme G-MASTER se refait une beauté, mais trop en retard
En parallèle du Falcon, iiyama réinvente entièrement ses G-MASTER, sa gamme phare pour le gaming. Pourquoi maintenant ? Parce que depuis 2018, la concurrence a bougé. Les écrans 144Hz sont devenus la norme, les 240Hz sont accessibles, et les modèles VA (comme les BenQ Zowie) ont pris le pas sur les IPS pour le gaming compétitif.
Le changement le plus visible ? Une identité visuelle radicale. Finis les designs noirs et métalliques des années 2010, place à des couleurs vives (bleu électrique, rouge sang) et des formes plus agressives, presque