Un segment qui reste réservé à une minorité d’utilisateurs professionnels et créatifs
Les smartphones pliants, malgré leur prix élevé, souvent supérieur à 2 000 euros, ne séduisent pas encore la majorité des consommateurs. Leur adoption reste cantonnée à des profils spécifiques : cadres mobiles, graphistes, monteurs vidéo ou journalistes, pour qui l’écran étendu et la puissance de calcul justifient l’investissement. Leur usage prolongé, comme celui testé par 01net.com, révèle cependant des avantages concrets pour ces utilisateurs ciblés, tout en soulignant des limites qui freinent une démocratisation.
Le choix entre un iPhone Duo et un Galaxy Z Fold 8 ne se réduit pas à une préférence de marque. Il engage une réflexion sur l’ergonomie, la durabilité et l’écosystème logiciel, trois critères qui pèsent différemment selon les besoins. Là où Samsung mise sur une maturité technique et une polyvalence éprouvée, Apple parie sur une intégration fluide avec ses autres appareils, un argument décisif pour les possesseurs d’iMac ou de MacBook.
Samsung, pionnier malgré des compromis persistants
Le Galaxy Z Fold 8 incarne la continuité d’une stratégie entamée il y a près de sept ans. Samsung a su corriger les défauts majeurs de ses premiers modèles, écrans fragiles, charnières peu résistantes, tout en affinando des fonctionnalités comme le mode « livre » ou la gestion des applications conçues pour l’écran déployé. Son principal atout reste sa compatibilité avec le stylet S Pen, un outil indispensable pour les professionnels du dessin ou de la prise de notes.
Cependant, des limites subsistent. L’autonomie, malgré des progrès, reste inférieure à celle des smartphones traditionnels, une contrainte pour les utilisateurs en déplacement prolongé. Par ailleurs, le système d’exploitation Android, bien que performant, impose parfois des adaptations logicielles fastidieuses pour tirer pleinement parti de l’écran pliable.
Apple, un entrant tardif qui change les règles du jeu
Contrairement à Samsung, Apple a choisi de se concentrer sur un format compact, 140 x 70 mm fermé, plus proche d’un smartphone classique, tout en offrant un écran principal de 7,8 pouces. Cette approche réduit les risques de casse liés à la charnière, tout en simplifiant l’usage pour des profils moins habitués aux appareils pliants.
Les tests menés par 01net.com sur une période prolongée révèlent une ergonomie particulièrement soignée. L’absence de bordure visible et l’intégration native avec iPadOS ou macOS constituent des arguments majeurs pour les utilisateurs déjà inscrits dans l’écosystème Apple.
Un duel qui interroge l’avenir du segment
Le principal enseignement de cette comparaison réside dans la complémentarité des deux approches. Samsung confirme sa position de leader technique, avec un appareil conçu pour des usages avancés, tandis qu’Apple cible un public plus large, en misant sur la simplicité et la cohérence logicielle. Cette dualité pourrait accélérer l’adoption des smartphones pliants, à condition de résoudre deux défis majeurs :
- La durabilité : Même si les charnières ont gagné en robustesse, leur longévité à long terme (au-delà de 3 ans) n’est pas encore démontrée de manière statistique.
Quels utilisateurs sont vraiment concernés ?
Les profils les plus susceptibles de sauter le pas sont ceux pour qui la productivité prime sur le budget. Les monteurs vidéo, par exemple, apprécient l’écran étendu pour le calage précis des plans, tandis que les commerciaux en déplacement valorisent la discrétion du format fermé. À l’inverse, les étudiants ou les particuliers, dont les besoins se limitent à des usages basiques, trouveront difficilement une justification économique.
Une autre question se pose : celle de l’interopérabilité.
Un marché en attente de normalisation
Contrairement à d’autres innovations technologiques, comme les écrans OLED ou les processeurs ARM, les smartphones pliants n’ont pas encore imposé de standard. Le format « passeport » d’Apple et le design « livre » de Samsung coexistent sans que l’un ne menace de supplanter l’autre. Cette fragmentation retarde l’émergence d’applications optimisées pour ces appareils, un cercle vicieux que seul un élargissement de la base utilisateurs pourrait briser.
À moyen terme, deux scénarios se dessinent. Soit les constructeurs parviendront à réduire les coûts de production, rendant ces appareils accessibles à un public plus large. Soit ils se spécialiseront davantage, comme le suggère la stratégie d’Apple, en ciblant des niches précises plutôt qu’en cherchant à conquérir le marché grand public.
Pour l’instant, les smartphones pliants restent un outil de travail pour une élite. Leur avenir dépendra moins de la technologie que de leur capacité à se démocratiser, sans sacrifier les qualités qui ont convaincu leurs premiers adopteurs.