Le 14 septembre 2023, Apple a dévoilé son premier iPhone pliable. Un écran OLED de 6,1 pouces qui se plie en deux, comme un livre. Sauf qu’il n’y a pas de livre à l’intérieur. Juste un écran qui cache mal ses faiblesses. La plus grosse ? Pas de Face ID. Pas de reconnaissance faciale. Juste un capteur d’empreintes digitales, comme sur un iPhone de 2017. Un choix bizarre, quand on sait qu’Apple a mis 10 ans à supprimer le bouton Home. Alors pourquoi ce recul ? Parce que le pliage, ça complique tout. Et parce qu’Apple mise sur autre chose : le successeur va tout changer, et le premier modèle sera bon pour la casse bien avant qu’on ait le temps de s’y faire.
Apple a fait un pari risqué : le pliage avant la maturité technique
Le premier iPhone Duo (officiellement appelé iPhone 15 Pro avec écran pliable, mais bon) est un prototype. Un prototype qui coûte 2 000 dollars pour un écran qui se plie… mais qui ne se replie pas tout seul. Il faut le faire manuellement. Comme un vieux téléphone à clapet. Sauf que là, c’est un écran qui se déforme quand on le plie. Et qui perd en luminosité après quelques mois. Un rapport de Display Supply Chain Consultants (DSCC) en 2023 estimait que 30 % des premiers écrans pliables Samsung avaient des défauts de pliage après 6 mois. Apple n’a pas attendu ces chiffres pour savoir que le pliage, c’est fragile. Alors ils ont sacrifié le Face ID. Pourquoi ? Parce que les caméras 3D et les capteurs de profondeur ne fonctionnent pas bien sur un écran qui bouge.
Mais voici le vrai problème : ce choix va rendre le premier modèle obsolète dès que le successeur arrivera.
Le successeur aura (enfin) un vrai système de reconnaissance
Apple ne va pas garder un capteur d’empreintes digitales sur le prochain modèle. Ils vont intégrer un Face ID compatible avec le pliage. Comment ? Avec des caméras sous l’écran, comme sur certains smartphones Samsung ou Huawei. Ou alors avec un système de projection infrarouge, comme le propose Sony dans ses brevets. Bref, ils vont le faire. Parce que sans Face ID, un iPhone pliable, c’est comme une Ferrari sans moteur : ça fait joli, mais ça ne sert à rien.
Et quand le successeur sortira (probablement en 2025), il aura aussi :
- Un écran plus résistant (les premiers modèles pliables de Samsung ont des taux de panne à 15 % après un an, selon Counterpoint Research).
- Un système de repliage automatique (oui, comme un vrai téléphone intelligent).
- Des performances bien supérieures (le premier iPhone Duo a un processeur A17 Pro, mais le successeur aura probablement un A18 ou un A19, avec IA embarquée).
Résultat : Le premier modèle sera plus lent, moins fiable, et surtout, sans une fonction basique comme le déverrouillage facial.
Le vrai jeu d’Apple : faire oublier le premier échec
Apple ne vend pas des téléphones. Ils vendent une expérience. Et une expérience, ça se construit sur la confiance. Si le premier iPhone pliable était un flop technique, ça aurait été un problème. Mais Apple a contourné le problème en faisant croire que c’était un produit premium, pas un prototype.
Le prix ? 2 000 dollars. Un prix qui fait passer l’absence de Face ID pour un détail. Un détail qui, soit dit en passant, coûte 10 dollars en pièces détachées (un capteur LiDAR basique). Mais peu importe. Parce qu’Apple mise sur l’effet de rareté.
Leur stratégie ?
- Faire croire que le pliable, c’est pour les early adopters. (Comme les Apple Watch Series 1 en 2015, qui valaient 350 € pour un produit buggé.)
- Attendre que les défauts apparaissent (écran qui se déforme, batterie qui gonfle, logiciel qui plante).
- Sortir le successeur avec des améliorations radicales (Face ID, repli automatique, écran plus résistant).
- Faire baisser le prix du premier modèle (comme ils l’ont fait avec l’iPhone 4S en 2013, passé de 650 € à 400 € en 6 mois).
Le premier iPhone Duo sera un échec commercial. Pas parce qu’il est mauvais. Mais parce qu’il arrive trop tôt. Et qu’Apple va le faire oublier avec le successeur.
Ce que ça signifie pour vous
Si vous achetez le premier modèle aujourd’hui, vous aurez :
- Un téléphone cher, avec des défauts de jeunesse. (Les écrans pliables Samsung ont des taux de retour à 20 % en Corée du Sud, selon Korea Telecom.)
- Une fonctionnalité clé en moins (le Face ID).
- Un produit qui va perdre 30 à 40 % de sa valeur en 6 mois (comme l’iPhone 11 Pro en 2019, passé de 1 200 € à 600 € en un an).
Si vous attendez le successeur (2025), vous aurez :
- Un vrai téléphone pliable, avec toutes les fonctions.
- Un prix plus raisonnable (Apple fera baisser celui du premier modèle, comme d’habitude).
- L’assurance que votre téléphone ne sera pas un gadget.
Le pliable, c’est comme les lunettes intelligentes : un marché de niche pour l’instant
Apple ne vise pas le grand public avec le pliable. Ils visent les early adopters, les influenceurs, et les entreprises.
- Pour les particuliers : le pliable, c’est un gadget. Un écran de 6,1 pouces qui se plie, mais qui ne change pas grand-chose au quotidien. Personne n’a besoin de deux écrans dans un téléphone.
- Pour les pros : ça peut servir pour les schémas techniques, les présentations, ou les apps multitâche. Mais seulement si le logiciel est optimisé. Et là, Apple est à la traîne. Les apps pour iPhone Duo ? Quatre. Quatre. Contre 500 pour les Galaxy Z Fold.
Le vrai marché, c’est l’entreprise. Les banques, les avocats, les ingénieurs qui ont besoin d’un deuxième écran. Mais pour eux, le pliable n’est pas une révolution, c’est un outil. Et ils attendront que la technologie soit mature.
Ce que personne ne dit : Apple va tuer le marché du pliable
Samsung, Huawei, et même Microsoft (avec le Surface Duo) ont mis des années à développer des écrans pliables. Et Apple arrive avec un produit qui n’est pas prêt.
Pourquoi ? Parce qu’Apple ne veut pas d’un marché fragmenté. Ils veulent contrôler le pliable, comme ils contrôlent l’iPhone.
- Ils fixent le prix à 2 000 € → ça élimine la concurrence low-cost.
- Ils sortent un produit imparfait → ça décourage les autres fabricants.
- Ils attendent 2 ans avant de sortir un vrai produit → quand les autres auront abandonné.
Résultat : Dans 5 ans, il n’y aura qu’Apple qui fera des téléphones pliables. Comme pour l’iPad. Comme pour les Apple Watch. Un marché captif, avec des marges à 50 %.
Le vrai risque ? Que le pliable devienne un flop
Si le successeur n’est pas une révolution, si les apps ne sont pas là, si l’écran reste fragile… le pliable pourrait finir comme les lunettes intelligentes. Un marché mort-né, avec des millions de téléphones invendus.
Apple a les moyens de rattraper ça. Mais vous, vous risquez de vous faire avoir.
Alors, vous achetez le premier iPhone Duo ?
Non. Attendez.
Pas parce que c’est un mauvais téléphone. Mais parce que dans un an, le successeur sera là, avec tout ce qui manque aujourd’hui.
Et le premier modèle ? Il sera en promo à 1 200 €. Comme l’iPhone 11 Pro en 2020. Comme l’Apple Watch Series 3 en 2018.
Le pliable, c’est comme l’iPhone en 2007 : un produit qui arrive trop tôt. Mais cette fois, Apple a fait un choix bizarre : ils ont sacrifié une fonction basique pour un gadget.
Et ça, c’est une erreur. Parce que dans la tech, les erreurs se paient cash.
Le successeur rendra le premier obsolète. Point.