L'IA permet de recréer des proches décédés à partir de vidéos

Les avancées en intelligence artificielle rendent désormais possible la création de doubles virtuels de personnes disparues, brouillant les limites entre vie et mort. Cette technologie soulève des questions éthiques et juridiques inédites.

Publié le 1 novembre 2026 à 10:07
L'IA permet de recréer des proches décédés à partir de vidéos

Une technologie qui défie la frontière entre vie et mort

Ces avatars, reconstitués à partir d’enregistrements existants, offrent une illusion de présence posthume, comme une grand-mère s’adressant à ses petits-enfants avec des mots enregistrés à l’avance. Cette pratique, encore marginale mais en pleine expansion, pose des questions sur la manière dont la société gère le deuil et la mémoire.

Un précédent : les avatars posthumes dans le divertissement

L’idée de recréer des personnalités disparues n’est pas nouvelle. Depuis plusieurs années, des studios de cinéma ou des plateformes numériques utilisent des techniques de deepfake pour ressusciter des acteurs ou des chanteurs décédés, comme dans les films The Irishman (2019) ou les concerts virtuels de Tupac Shakur. Ces usages, encadrés par des droits d’auteur et des contrats posthumes, restent cependant limités à des fins commerciales ou artistiques. À l’inverse, la technologie décrite par Le Figaro cible désormais un usage privé et émotionnel, sans cadre légal clair.

Ces offres, souvent présentées comme des « souvenirs interactifs », soulèvent des débats sur le consentement des défunts et la manipulation des émotions des vivants. Aucun pays n’a encore légiféré spécifiquement sur ces pratiques, laissant un vide juridique significatif.

Qui contrôle ces doubles et à quel prix ?

La création de ces avatars repose sur des algorithmes d’IA générative, comme ceux développés par des startups spécialisées ou des géants technologiques. Les coûts varient selon la complexité : quelques centaines d’euros pour une vidéo basique, plusieurs milliers pour un avatar interactif réaliste. La question de la propriété des données originales, photos, vidéos, voix, reste entière. En l’absence de loi, ce sont souvent les proches qui décident de l’usage de ces enregistrements, sans garantie sur leur exploitation future.

Un bouleversement pour le deuil et la mémoire

Pour les psychologues, cette technologie pourrait à la fois apaiser et compliquer le processus de deuil. Certains y voient un outil de réconfort, permettant de « garder le contact » avec un être cher disparu. D’autres craignent une forme de « dépendance émotionnelle », où les vivants reportent indéfiniment l’acceptation de la perte. Les risques de confusion entre réalité et fiction, notamment pour les enfants, sont également soulevés.

Quelles protections juridiques pour les vivants et les défunts ?

Aucun texte ne précise aujourd’hui si un défunt peut s’opposer à une telle utilisation de son image ou de sa voix. Les plateformes qui proposent ces services invoquent souvent le droit à la liberté d’expression ou à la préservation de la mémoire, sans encadrement contraignant.

Une question éthique sans réponse claire

Si la technologie offre une réponse à une douleur universelle, elle soulève des enjeux plus larges. Faut-il considérer ces avatars comme des hommages légitimes ou des manipulations commerciales ? Comment concilier le besoin de mémoire avec le respect de la mort ? Pour l’instant, ni les législateurs ni les entreprises ne semblent avoir trouvé de réponse satisfaisante.

Cette avancée technologique, aussi émouvante soit-elle, rappelle que le progrès ne se mesure pas seulement à ses capacités, mais aussi à la sagesse avec laquelle il est utilisé.

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R Galaxie Rédaction

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