GM annonce 2028 pour son premier véhicule autonome, mais les doutes persistent

General Motors fixe enfin une date pour son véhicule autonome, mais les retards passés et les défis techniques laissent sceptiques. Entre promesses et réalités, où en est vraiment le géant américain ?

Publié le 23 octobre 2026 à 08:06
GM annonce 2028 pour son premier véhicule autonome, mais les doutes persistent

En 2028, donc. GM a enfin osé une date. Après des années à parler de voitures autonomes sans jamais les livrer, le constructeur américain a sorti son calendrier : son premier modèle capable de rouler seul arrivera dans cinq ans. Mais personne ne croit vraiment à ce délai. Pas les investisseurs, pas les concurrents, et surtout pas ceux qui ont déjà vu GM rater des échéances similaires. En 2016, le groupe promettait des taxis autonomes pour 2019. Résultat ? Rien. En 2020, on parlait de 2023. Toujours rien. Cette fois, c’est 2028. Un chiffre qui sent le coup de poker plus que la réalité industrielle.

Pourtant, GM mise gros. Son projet s’appelle Ultium, une plateforme électrique conçue pour l’autonomie, avec des capteurs et des algorithmes censés rivaliser avec ceux de Waymo ou Cruise. Le problème ? Les autres aussi ont cinq ans de retard. Waymo, filiale d’Alphabet, a dû ralentir ses tests après des accidents. Cruise, racheté par GM en 2022, a vu ses permis suspendus en Californie. Si GM arrive en 2028, ce sera en même temps que tout le monde. Pas en tête.

Derrière cette annonce, il y a une course contre la montre. Les régulateurs serrent la vis : la Californie exige désormais des tests sans conducteur humain à bord. GM doit prouver sa crédibilité avant que les marchés ne se lassent. Le groupe a investi 27 milliards de dollars dans Cruise depuis 2016. Si 2028 est un échec, ce sera une hémorragie financière. Mais si c’est une réussite ? Personne n’y croit vraiment.

Les capteurs, ce talon d’Achille invisible

GM parle de Ultium comme d’une révolution. En réalité, c’est une boîte noire. On sait qu’elle embarquera des lidars, des caméras et des radars, mais personne ne connaît les détails. Waymo utilise des lidars de 32 couches. Cruise, des modèles plus légers. GM n’a rien révélé. Pourtant, c’est là que tout se joue. Un lidar bon marché ? Les performances chuteront. Un modèle haut de gamme ? Le coût explosera. Et si les algorithmes ne sont pas assez fiables ? En 2023, un rapport de l’Université de Californie a montré que 90 % des accidents impliquant des véhicules autonomes viennent de fausses détections, un arbre confondu avec un piéton, une ombre prise pour un obstacle. GM a-t-elle résolu ça ? Personne ne le sait.

Le pire ? Les tests se font en conditions contrôlées. Pas dans le chaos des routes de Détroit, avec ses nids-de-poule, ses panneaux mal éclairés et ses conducteurs imprévisibles. En 2028, GM devra affronter le monde réel. Et là, les promesses en laboratoire ne suffiront pas.

Le vrai enjeu : qui paiera la note ?

GM ne construit pas une voiture autonome pour le plaisir. Elle table sur un marché juteux : les flottes de véhicules partagés. Uber, Lyft, les taxis autonomes… Mais ces acteurs ne veulent pas d’un produit inabouti. En 2021, Waymo a signé un partenariat avec Alphabet pour 1,25 milliard de dollars par an. Cruise, lui, a perdu 3 milliards en deux ans. GM doit trouver des clients avant même d’avoir un produit fini.

Et puis, il y a la question des assurances. Aucune compagnie n’accepte de couvrir un véhicule 100 % autonome. Sans garantie, pas de commercialisation. GM devra négocier avec des régulateurs qui n’ont aucune envie de prendre des risques. La NHTSA, l’agence américaine des transports, a déjà critiqué Cruise pour ses tests trop optimistes. Si GM veut éviter le même sort, elle devra prouver sa fiabilité bien avant 2028.

Le piège des promesses en avance

Le plus drôle ? GM utilise la même stratégie que Tesla. En 2016, Elon Musk promettait des voitures autonomes niveau 4 pour 2017. En 2023, il parle de 2025. Les dates glissent, mais les actionnaires réclament des résultats. GM fait pareil. Sauf que, contrairement à Tesla, GM n’a pas l’aura d’un visionnaire.

Pourtant, une chose est sûre : si GM rate 2028, ce ne sera pas la fin de l’autonomie. Waymo, Tesla, Apple… Tous y travaillent. Mais pour GM, c’est une question de survie. Perte de parts de marché, désengagement des investisseurs, réputation en miettes.

Alors, 2028 ? Peut-être. Mais entre maintenant et cette date, il faudra des miracles. Et les miracles, dans l’automobile, ça n’existe pas.

La vraie question n’est pas si GM tiendra son délai. C’est : est-ce que quelqu’un, un jour, achètera vraiment une voiture autonome ?

R
R Galaxie Rédaction

ARTICLES SIMILAIRES

Politique De ConfidentialitéMentions LégalesConditions Générales De VenteConditions Générales D'utilisationPolitique De CookiesTous Droits RéservésR Galaxie