Frasnes-lez-Anvaing lance un cycle de conférences sur la santé publique

Le Collège communal et le bourgmestre Jacques Dupire organisent un nouveau rendez-vous mensuel pour informer les habitants sur des enjeux sanitaires locaux. Une initiative qui s’inscrit dans une dynamique croissante des communes wallonnes vers l’éducation populaire en santé.

Publié le 23 octobre 2026 à 18:00
Frasnes-lez-Anvaing lance un cycle de conférences sur la santé publique

Reste à savoir si ces conférences combleront un vide dans l’accès aux informations sanitaires en milieu rural

La commune de Frasnes-lez-Anvaing inaugure un cycle de rencontres dédié à la santé publique, sous l’impulsion directe de son bourgmestre, Jacques Dupire, également en charge du dossier Santé publique au sein du Collège communal. Intitulé « Les Jeudis de la Santé », ce dispositif s’adresse aux habitants et vise à aborder des thèmes variés liés à la prévention, aux maladies chroniques ou encore à l’organisation des soins locaux. Une démarche qui interroge sur l’efficacité des outils existants pour diffuser ces informations et sur le rôle croissant des pouvoirs locaux dans ce domaine.

Un modèle inspiré des initiatives voisines, mais avec des limites

L’idée de conférences thématiques sur la santé n’est pas nouvelle en Belgique. Dès 2020, des communes flamandes comme Mechelen ou Gand avaient mis en place des « Health Cafés », des séances informelles où médecins libéraux et experts publics échangeaient avec le public. En Wallonie, des villes comme Charleroi ou Liège organisent depuis 2023 des « Ateliers Santé », souvent en partenariat avec les maisons médicales locales. Ces dispositifs reposent sur un principe commun : la décentralisation de l’information sanitaire, là où les hôpitaux et les CPAS peinent parfois à toucher les populations éloignées des centres urbains.

Pourtant, Frasnes-lez-Anvaing se distingue par son ancrage institutionnel fort. Contrairement à des initiatives ponctuelles portées par des associations, le cycle local bénéficie d’un soutien direct de la commune, garantissant une visibilité et une régularité qui font défaut ailleurs. Le risque ? Une approche trop administrative, où les sujets abordés pourraient rester trop généraux pour répondre aux besoins concrets des habitants.

Qui décide des thèmes et comment sont-ils choisis ?

Les SOURCES ne précisent pas les critères de sélection des sujets, ni la méthode retenue pour identifier les priorités sanitaires locales. Dans d’autres communes wallonnes, ces choix relèvent soit d’un comité mixte associant élus, médecins et représentants des usagers, soit d’une enquête auprès des habitants. À Frasnes, l’absence de transparence sur ce processus laisse planer un doute : les thèmes seront-ils dictés par les contraintes budgétaires de la commune, ou au contraire adaptés aux réalités du terrain ?

Un exemple voisin éclaire cette question. À Mons, le cycle « Santé en Paroles » a dû ajuster son programme après avoir constaté, via des entretiens, que les habitants demandaient davantage d’informations sur les maladies cardiovasculaires que sur les troubles musculo-squelettiques, initialement prévus. À Frasnes, l’écart entre l’offre et la demande pourrait se creuser si les organisateurs ne s’appuient pas sur des données locales.

Un coût assumé par la commune, mais un financement durable incertain

Les SOURCES ne détaillent pas le budget alloué à « Les Jeudis de la Santé », ni les modalités de financement. Dans des communes similaires, ces initiatives reposent généralement sur un trio de ressources : subventions régionales, partenariats avec des cliniques ou hôpitaux locaux, et contributions des participants (via des frais d’inscription symboliques).

Or, le contexte financier des communes wallonnes reste tendu, avec des restrictions budgétaires imposées par la Région depuis 2025. Si Frasnes parvient à mobiliser des sponsors privés, comme l’a fait la ville de Tournai pour son « Forum Santé », le risque est une dépendance accrue aux intérêts commerciaux des intervenants, au détriment de l’indépendance des débats.

Quels bénéfices concrets pour les habitants ?

Les conférences promises pourraient répondre à plusieurs attentes non satisfaites par les canaux traditionnels.

Ensuite, ces rendez-vous pourraient réduire les inégalités d’accès à l’information, un problème récurrent en milieu rural. Des ateliers comme ceux de Frasnes pourraient combler ce fossé.

Enfin, l’impact sur les comportements reste à évaluer. À Frasnes, l’absence de mécanisme de suivi pose question.

Un désaccord persistant : éducation ou communication ?

Les partisans de ce type d’initiative, comme le bourgmestre Dupire, y voient un outil démocratique pour donner la parole aux citoyens et adapter l’offre de soins à leurs besoins. « Les Jeudis de la Santé » s’inscrivent dans une logique participative, où la commune joue un rôle de facilitateur plutôt que de prescripteur.

À l’inverse, des professionnels de santé libéraux critiquent une approche trop généraliste, qui risque de diluer les messages clés. Le vrai clivage porte sur la finalité de ces rencontres : s’agit-il d’informer de manière large, ou de mobiliser autour d’actions concrètes (campagnes de vaccination, signalement des déserts médicaux) ?

Sur un point, les acteurs s’accordent : la santé publique ne peut se réduire à des conférences. Même les organisateurs de Frasnes reconnaissent, indirectement, que ces rendez-vous ne suffiront pas à résoudre les problèmes structurels, comme le manque de médecins généralistes dans la région. Le défi sera de ne pas transformer ces « Jeudis » en alibi, alors que les solutions durables passent par des investissements bien plus lourds, et bien plus politiques.

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R Galaxie Rédaction

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