Les CELI rapportent 5 % de moins qu’en 2022, les comptes épargne stagnent

Votre argent de secours dort peut-être à 0,1 % d’intérêt. Pendant ce temps, les CELI perdent du pouvoir d’achat. Voici où placer votre épargne sans vous faire avoir.

Publié le 10 octobre 2026 à 22:08
Les CELI rapportent 5 % de moins qu’en 2022, les comptes épargne stagnent

En 2023, les taux directeurs de la Banque du Canada ont chuté de 50 points de base en un trimestre. Résultat : le taux moyen des comptes épargne au Canada est passé de 3,2 % à 2,8 % en trois mois. Personne n’en parle. Pourtant, c’est votre fonds d’urgence qui en paie le prix. Celui que vous aviez soigneusement thésaurisé pour les urgences, la panne de voiture, le licenciement, la fuite de toit, se dévalue lentement. À 2,8 %, votre épargne de 10 000 $ ne couvrira plus tout à fait la même chose dans deux ans. Et si vous aviez mis votre argent dans un CELI en 2022, quand les obligations rapportaient 5 %, vous auriez aujourd’hui 250 $ de moins en pouvoir d’achat. Personne ne vous le dit, mais c’est une réalité : votre sécurité financière s’érode sans que vous ayez à lever le petit doigt.

Pourquoi votre fonds d’urgence est un piège à liquidités

Les banques adorent vous vendre l’idée d’un « fonds d’urgence liquide ». Le message est clair : gardez votre argent sur un compte à vue, ou dans un compte épargne « haute rémunération » (qui ne l’est plus depuis un an). Problème : ces comptes rapportent moins que l’inflation. En 2023, l’inflation a été de 3,4 %. Votre épargne à 2,8 % perd donc 0,6 % de son pouvoir d’achat par an. Autrement dit, votre argent de secours se réduit comme peau de chagrin.

Mais le pire, c’est que personne ne vous propose une alternative vraiment sécurisée. Les CELI, eux, ont un problème différent : ils sont trop souvent mal placés. 80 % des détenteurs de CELI au Canada investissent dans des fonds équilibrés ou des ETF mondiaux, selon une étude de la Financière Sun Life en 2023. Sauf que ces placements sont volatils : en 2022, les marchés actions ont chuté de 20 % sur un an. Si votre fonds d’urgence était investi en bourse, vous auriez pu devoir vendre au pire moment pour payer une urgence réelle.

Le vrai problème ? Les banques et les conseillers financiers vous mentent par omission. Elles ne vous disent pas que :

  • Un compte épargne à 2,8 % est une arnaque déguisée si l’inflation reste à 3 %.
  • Un CELI en actions ou en fonds équilibrés n’est pas un fonds d’urgence, c’est un placement à moyen terme.
  • Aucune institution ne vous propose un placement à la fois sécurisé, liquide ET rémunérateur.

L’option que personne ne vous propose (et pourquoi)

Il existe une troisième voie, mais elle est rarement mentionnée : les obligations court terme et les fonds monétaires à haut rendement.

Prenez le fonds Vanguard Short-Term Corporate Bond (VSCB). En 2023, il a rapporté 4,8 %, soit 2 % de mieux qu’un compte épargne classique. Et en cas de crise, vous pouvez retirer votre argent sans perdre un centime. Même chose pour les obligations du gouvernement canadien à 1 an : elles rapportent actuellement 4,2 %, bien au-dessus de l’inflation.

Pourquoi personne n’en parle ? Parce que ces produits ne rapportent pas de commissions aux conseillers. Parce que les banques préfèrent vous garder sur des comptes à vue peu rémunérateurs. Parce que c’est moins sexy que de vous vendre des ETF ou des actions.

Le calcul est simple :

  • Si vous avez 20 000 $ d’épargne de précaution, et que vous les placez à 4,5 % (au lieu de 2,8 %), vous gagnez 360 $ de plus par an. Sur 5 ans, ça fait 1 800 $ de différence. De quoi payer une bonne partie d’une réparation de toit ou d’une facture médicale.

Mais attention : ces placements ne sont pas magiques.

  • Ils ne rapportent pas 10 % comme les actions en période haussière.
  • Ils ne sont pas totalement sans risque (les obligations peuvent perdre de la valeur si les taux montent brutalement).

Le vrai risque, c’est de ne rien faire. Parce que si vous laissez votre argent dormir à 0,1 % sur un compte courant, ou à 2,8 % sur un compte épargne, votre fonds d’urgence va fondre comme un glaçon au soleil.

Le piège des « solutions hybrides » (et comment l’éviter)

Certains conseillers vous proposeront un mix : 50 % en compte épargne, 50 % en CELI. C’est une mauvaise idée.

Pourquoi ? Parce que si vous avez une urgence et que votre CELI est en bourse, vous serez forcé de vendre au mauvais moment. Parce que si les taux montent encore, votre compte épargne deviendra encore plus ridicule.

La règle d’or :

  • Votre fonds d’urgence doit être 100 % liquide et 100 % sécurisé.
  • Tout ce qui dépasse ce montant peut être investi plus agressivement (mais seulement après avoir couvert les urgences réelles).

Exemple concret :

  • Vous avez 15 000 $ d’épargne de précaution.
  • Vous placez 10 000 $ dans un fonds monétaire ou des obligations court terme (4,5 % de rendement).
  • Les 5 000 $ restants peuvent aller dans un CELI en ETF (mais seulement si vous êtes prêt à accepter la volatilité).

Résultat : Vous avez un fonds d’urgence qui ne fond pas, et un peu d’argent qui travaille pour vous sans prendre de risques inutiles.

Ce que les régulateurs ne disent pas sur la liquidité

La Banque du Canada et l’AMF (Autorité des marchés financiers) recommandent d’avoir 3 à 6 mois de dépenses de côté. Sauf qu’elles ne précisent jamais où placer cet argent.

Leur silence est complice. Parce que si elles disaient clairement : « Placez votre fonds d’urgence dans des obligations court terme ou des fonds monétaires, pas en actions ni en compte épargne », les banques perdraient des millions en commissions.

Leur argument ? « La liquidité prime sur tout. » Faux. Une liquidité à 0,1 % est une fausse liquidité. Vous pouvez retirer votre argent, mais il aura perdu du pouvoir d’achat.

Leur autre argument ? « Les marchés sont imprévisibles. » Évidemment. Mais si vous avez une urgence, vous voulez un placement prévisible, pas un pari.

Leur troisième mensonge ? « Les CELI sont faits pour ça. » Non. Les CELI sont faits pour épargner à long terme, pas pour couvrir une panne de générateur en plein hiver.

La solution (si vous voulez vraiment optimiser)

  1. Séparez votre fonds d’urgence de vos autres économies.

    • Partie 1 (urgences réelles) : Obligations court terme ou fonds monétaire (4-5 % de rendement, 100 % liquide).
    • Partie 2 (projets à moyen terme) : CELI en ETF ou fonds équilibrés (mais seulement après avoir couvert les urgences).
  2. Évitez les comptes épargne « premium » des banques.

    • Leurs taux sont souvent inférieurs à l’inflation.
    • Ils sont piégés par des conditions (minimum de dépôt, frais cachés).
  3. Ne vous fiez pas aux « experts » qui vous vendent du rêve.

    • Si un conseiller vous dit « Investissez tout en bourse, c’est plus rentable », fuyez.
    • Si une banque vous propose un compte à 3 % alors que les obligations rapportent 4,5 %, demandez pourquoi ils ne vous le disent pas.
  4. Vérifiez vos placements tous les 6 mois.

    • Les taux changent. Si les obligations court terme passent à 5 %, vous voulez en profiter.
    • Si votre CELI perd 10 %, vous voulez le sécuriser.

Le dernier conseil (celui que personne ne vous donnera) : Si vous avez plus de 30 000 $ d’épargne de précaution, ne les gardez pas tous sur un seul placement.

  • 10 000 $ en obligations court terme (pour les urgences immédiates).
  • 10 000 $ en fonds monétaire (pour les imprévus dans l’année).
  • 10 000 $ en CELI (pour les projets à 2-3 ans).

Pourquoi ? Parce que si un seul de ces placements se plante, vous n’êtes pas ruiné. Et parce que personne ne vous dit que la diversification s’applique aussi à l’épargne de précaution.

Le vrai coût de ne pas agir

En 2023, 1 Canadien sur 5 a dû puiser dans son épargne pour faire face à une urgence, selon une étude de l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes (ACCAP).

Le problème ? Beaucoup de ces gens avaient leur argent mal placé.

  • Ceux qui avaient un compte épargne ont vu leur pouvoir d’achat diminuer de 0,6 %.
  • Ceux qui avaient un CELI en actions ont dû vendre au pire moment, réalisant des pertes.
  • Ceux qui n’avaient rien du tout ont dû s’endetter ou puiser dans leur REER, avec des pénalités et des taxes.

Le coût réel de ne pas optimiser son fonds d’urgence ?

  • Perte de pouvoir d’achat (votre argent achète moins).
  • Stress financier accru (vous devez vendre au mauvais moment).
  • Dette inutile (vous empruntez parce que vous n’avez pas assez mis de côté).

La bonne nouvelle ? Vous pouvez agir maintenant.

Pas besoin d’attendre que la Banque du Canada baisse encore les taux. Pas besoin d’espérer que les marchés remontent. Vous avez déjà tout en main.

Il suffit de :

  • Ouvrir un compte chez un courtier en ligne (comme Questrade ou Wealthsimple) pour acheter des obligations court terme.
  • Transférer votre épargne des comptes à vue vers un placement qui travaille pour vous.
  • Arrêter de croire que « liquide » rime avec « sans rendement ».

Votre fonds d’urgence ne doit pas dormir. Il doit travailler. Même si c’est seulement à 4,5 % au lieu de 0,1 %. Parce que 4,5 %, c’est 440 % de mieux que ce que vous gagnez aujourd’hui.

Et si vous ne le faites pas, ce n’est pas la faute des marchés. C’est la vôtre.

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R Galaxie Rédaction

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