GénéralÀ la fin du siècle, près de la moitié du bassin de l’Oued Zat menacé par l’érosion des sols
R Galaxie Rédaction · 6 novembre 2026 à 10:03 · 4 min de lecture
Une étude révèle que 49 % du bassin de l’Oued Zat, dans la province d’Al Haouz, pourrait subir une érosion accrue sous un scénario de fortes émissions de gaz à effet de serre. Les conséquences pour l’agriculture et les populations locales restent incertaines.
Le débat porte moins sur l’existence du phénomène que sur sa gestion. Les projections climatiques soulignent une vulnérabilité croissante des sols marocains, mais les moyens de prévention et d’adaptation restent à définir. Si les émissions de gaz à effet de serre suivent leur trajectoire actuelle, près de la moitié du bassin de l’Oued Zat pourrait connaître des conditions favorables à une érosion accrue d’ici la fin du siècle. Cette menace pèse sur un territoire déjà fragile, où les activités agricoles et pastorales dépendent directement de la qualité des sols.
Quels territoires et quelles populations sont concernés ?
Le bassin de l’Oued Zat, situé dans la province d’Al Haouz, couvre une superficie totale estimée à environ 460 kilomètres carrés. Cette estimation repose sur des modèles intégrant l’intensité des pluies, la composition des sols et leur capacité à résister au ruissellement.
Les populations locales, majoritairement rurales, dépendent directement de ces terres pour l’agriculture, l’élevage et l’approvisionnement en eau. Les cultures vivrières, comme les céréales et les légumineuses, ainsi que les pâturages, pourraient être les premières touchées. Aucune donnée précise n’indique pour l’instant le nombre d’exploitations ou de ménages directement concernés, mais les zones les plus exposées correspondent généralement à des régions où les revenus par habitant sont déjà parmi les plus faibles du pays.
Quels mécanismes aggravent l’érosion et qui en est responsable ?
L’érosion des sols par la pluie, ou splash erosion, résulte de l’impact des gouttes d’eau sur une terre dénudée ou mal protégée. Plusieurs facteurs amplifient ce phénomène :
- L’intensification des pluies : sous l’effet du réchauffement climatique, les précipitations deviennent plus irrégulières et plus violentes, augmentant la force d’érosion.
- La dégradation de la couverture végétale : la déforestation, le surpâturage ou les pratiques agricoles intensives réduisent la protection naturelle des sols.
- La composition géologique : les sols argileux ou sableux, moins stables, sont plus vulnérables.
Aucune responsabilité individuelle ou collective n’est établie dans les sources disponibles.
Quelles conséquences concrètes pour les agriculteurs et les éleveurs ?
Pour les agriculteurs, l’érosion réduit directement la fertilité des terres. Les sols lessivés perdent une partie de leurs nutriments essentiels, ce qui oblige à augmenter les intrants (engrais, pesticides) ou à abandonner certaines parcelles. Les coûts de production s’alourdissent, tandis que les rendements diminuent, mettant en péril la sécurité alimentaire locale.
Les éleveurs, quant à eux, voient leurs pâturages se dégrader, limitant les ressources pour leur bétail. La baisse de la productivité pastorale peut entraîner une réduction des troupeaux ou une migration vers d’autres zones, avec des conséquences économiques et sociales.
Aucun dispositif de compensation ou d’indemnisation n’est mentionné dans les sources pour ces populations. Les mécanismes d’aide existants, comme les subventions agricoles ou les programmes de développement rural, ne semblent pas adaptés à une menace aussi spécifique que l’érosion climatique.
Quelles réponses institutionnelles et techniques existent ?
Plusieurs pistes sont évoquées pour limiter l’érosion, mais leur mise en œuvre dépend de ressources humaines, financières et techniques.
- La restauration des sols : techniques de conservation (courbes de niveau, bandes enherbées) ou apport de matière organique pour améliorer la structure des terres.
- La végétalisation : reboisement avec des espèces locales résistantes à la sécheresse, ou développement d’agroforesterie.
- La gestion de l’eau : systèmes de rétention (bassins, digues) pour limiter le ruissellement.
Les budgets alloués à ces programmes sont souvent insuffisants pour couvrir l’ensemble des zones à risque.
Quelles incertitudes persistent sur les scénarios et les solutions ?
Plusieurs questions restent sans réponse claire :
- Précision des projections : les modèles climatiques varient selon les hypothèses d’émissions. Un scénario moins pessimiste pourrait réduire significativement les zones à risque, mais aucune donnée ne permet de trancher.
- Adaptation des politiques publiques : les stratégies actuelles (reboisement, irrigation) sont-elles suffisantes pour contrer l’érosion ? Leur efficacité dépendra aussi de leur application locale.
- Financement et priorités : dans un contexte de contraintes budgétaires, comment arbitrer entre prévention, compensation des pertes et développement d’autres secteurs ?
Une menace qui dépasse le cadre local
Au-delà des frontières marocaines, cette situation illustre les défis posés par le changement climatique aux régions semi-arides. Les bassins versants comme celui de l’Oued Zat jouent un rôle clé dans la rétention d’eau et la prévention des inondations en aval. Leur dégradation pourrait avoir des répercussions sur les écosystèmes et les populations en aval, bien que ces effets indirects ne soient pas quantifiés dans les sources disponibles.
La question n’est pas seulement technique, mais aussi politique : comment concilier préservation des sols, développement agricole et adaptation au climat dans un contexte de ressources limitées ? Les réponses apportées ici pourront servir de référence pour d’autres régions confrontées à des enjeux similaires.
Photo : grungepunk2010, CC BY-SA 2.0, via Openverse.
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