L'EPR de Flamanville s'arrête pour 350 jours, le couvercle forgé au Creusot arrive enfin

L'EPR de Flamanville ferme ses portes pour une maintenance record. Parmi les opérations critiques, l'installation d'un couvercle forgé au Creusot. Mais derrière ce chantier, des questions persistent sur les retards et les coûts. Voici ce qui se joue vraiment.

Publié le 27 septembre 2026 à 06:05
L'EPR de Flamanville s'arrête pour 350 jours, le couvercle forgé au Creusot arrive enfin

Un chantier qui traîne depuis des années, et maintenant, c’est l’heure des comptes ?

Ce samedi 26 septembre, l’EPR de Flamanville a fermé ses portes pour 350 jours. Un arrêt programmé, oui, mais qui tombe à pic : enfin, le nouveau couvercle de la cuve du réacteur, forgé au Creusot, va pouvoir être installé. Après des années de reports, des millions d’euros dépensés, et des débats sans fin sur sa qualité. Est-ce que cette fois, ça va tenir ?

Le couvercle en question pèse 120 tonnes. Il a été fabriqué par Framatome, une filiale d’EDF, dans les ateliers du Creusot. Problème : ce n’est pas un simple couvercle. C’est un élément clé de la sûreté du réacteur. Et son histoire est celle d’un chantier qui a accumulé les déboires.

Pourquoi ce couvercle est-il devenu un symbole des dysfonctionnements du nucléaire français ?

En 2014, EDF commandait ce couvercle à Areva (devenu depuis Framatome). Objectif : remplacer l’ancien, usé, et renforcer la sûreté du réacteur. Sauf que très vite, des fissures sont détectées. Pas des fissures mineures, non. Des défauts qui remettent en cause la résistance du matériau. Résultat : le couvercle est rejeté. Il faut tout recommencer.

En 2018, un nouveau prototype est livré. Nouveau problème : des traces de carbone anormalement élevées. Autre conséquence : des retards en cascade. L’EPR, censé être mis en service en 2012, ne tourne toujours pas à plein régime. Et maintenant, avec cet arrêt de 350 jours, c’est toute la filière qui est sous pression.

Mais pourquoi tant de temps ? Parce qu’il faut tout vérifier. Encore. Et cette fois, c’est le gendarme du nucléaire, l’ASN, qui doit donner son feu vert. Sauf que : l’ASN n’a pas encore rendu son avis définitif. Pourquoi attendre ? Parce que la sûreté, ça ne s’improvise pas.

Le Creusot, usine fantôme ou dernier rempart du nucléaire français ?

Le Creusot, c’est l’histoire d’une usine qui a tout vu. Forges, aciers, réacteurs… Pendant des décennies, c’était le cœur battant de l’industrie nucléaire française. Aujourd’hui ? C’est un site en pleine recomposition. Framatome y emploie encore des centaines de salariés, mais l’avenir est incertain.

Pourquoi ? Parce que les commandes se font rares. Parce que les retards s’accumulent. Parce que la concurrence internationale est féroce. Et pourtant, c’est là que se joue une partie de l’avenir de l’EPR de Flamanville. Si le couvercle ne passe pas l’étape de la validation, c’est toute la relance du nucléaire français qui est en danger.

Alors, ce couvercle va-t-il enfin tenir ? Personne ne peut le garantir. Mais une chose est sûre : si ça échoue encore, ce ne sera pas seulement un problème technique. Ce sera un symbole de plus de l’incapacité de la filière à tenir ses promesses.

350 jours d’arrêt, et après ?

350 jours, c’est long. Assez pour que les réacteurs voisins manquent de courant ? Pas forcément. Assez pour que les coûts explosent ? Oui. Assez pour que les critiques contre le nucléaire se renforcent ? Sans doute.

Pendant ce temps, EDF et Framatome vont devoir justifier chaque dépense, chaque retard. Parce que : les actionnaires ne sont pas là pour financer des chantiers sans fin. Et les citoyens, eux, ils veulent des garanties.

Alors, ce couvercle va-t-il sauver l’EPR ? Peut-être. Mais une chose est sûre : si tout se passe bien cette fois, ce ne sera pas grâce à la chance. Ce sera parce que, enfin, quelqu’un aura appris de ses erreurs.

Et si ça foire encore ?

Personne n’en parle ouvertement, mais c’est la question qui rôde. Si le couvercle est à nouveau rejeté ? Si les défauts persistent ? Que se passera-t-il ?

EDF a déjà annoncé qu’elle avait un plan B. Un autre couvercle ? Un délai supplémentaire ? Personne ne sait. Ce qui est sûr, c’est que la crédibilité de la filière est en jeu.

Parce que : l’EPR de Flamanville, c’était censé être le fleuron du nucléaire français. Aujourd’hui, c’est un symbole de tout ce qui cloche dans ce secteur.

Alors, cette fois, ça va le faire ? On saura dans quelques mois. En attendant, une chose est claire : si ça ne marche pas, ce ne sera pas un échec technique. Ce sera un échec politique.

Le vrai enjeu ? La confiance.

La confiance des citoyens, celle des investisseurs, celle des régulateurs. Et sur ce point, le nucléaire français a déjà perdu beaucoup de terrain.

Alors, ce couvercle va-t-il redonner un peu d’espoir ? Peut-être. Mais une chose est sûre : sans une vraie remise en question, les retards et les défauts continueront.

Et cette fois, personne n’aura plus d’excuses.

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R Galaxie Rédaction

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