La LNR enterre Depoortere pour des règles qu’elle ne maîtrise pas

Nicolas Depoortere, star du XV de France, se retrouve hors du groupe des 42. La raison ? Un imbroglio administratif entre la FFR et la LNR, où les règles deviennent un piège pour les joueurs. Explications brutales sur un système qui broie les talents.

Publié le 22 octobre 2026 à 08:01
La LNR enterre Depoortere pour des règles qu’elle ne maîtrise pas

Il y a les joueurs qui comptent. Et puis il y a ceux que le rugby français décide d’oublier, par accident ou par calcul. Nicolas Depoortere fait partie de ces derniers. Officiellement, il n’est pas dans le groupe des 42 convoqués par Fabien Galthié pour le Tournoi des Six Nations. Officieusement, la LNR et la FFR jouent avec des règles qu’elles ne comprennent pas vraiment. Résultat : un joueur de classe, capable de tout emporter sur un terrain, se retrouve sur le banc… ou pire, dehors. Sans explication claire. Sans débat. Juste un silence gêné et des conventions qui pèsent plus lourd que le talent.

Un chiffre pour commencer : 12. C’est le nombre de clubs professionnels en Top 14 où Depoortere a évolué depuis 2016. Douze. Pas un seul n’a pu le garder. Pourquoi ? Parce que la LNR, cette ligue qui se dit moderne, applique des règles de plus en plus opaques sur les joueurs étrangers. Des règles écrites dans des contrats si denses qu’aucun entraîneur, aucun manager, ne les comprend vraiment. Sauf les juristes. Et eux, ils sourient en silence.

Depoortere n’est pas un cas isolé. Mais lui, il a le tort d’être français. Un Français qui joue à l’étranger depuis des années. Un Français qui coûte cher à son club actuel, les Lions, et que la LNR ne veut pas voir dans son élite. Parce que les quotas de joueurs étrangers, ces fameuses conventions signées entre la FFR et la LNR, deviennent un casse-tête. Un joueur comme lui, qui a passé cinq saisons à Toulon, puis trois à Montpellier, puis deux à Lyon… comment le caser ?

La règle, c’est simple en théorie : un club ne peut pas avoir plus de 8 joueurs étrangers sur la feuille de match. Sauf que la LNR a ajouté une couche. Une couche administrative. Une couche qui dit : « Si un joueur a joué plus de 70% de ses matchs sous une autre licence FFR (donc en France), il ne compte pas comme étranger. » Sauf que Depoortere, lui, a joué 68% de ses matchs à l’étranger. Donc il compte. Sauf que la LNR, dans un élan de générosité réglementaire, a décidé que « les joueurs formés en France ne comptent pas comme étrangers ». Sauf que Depoortere a été formé à Montpellier. Sauf que Montpellier, c’est en France. Sauf que la LNR a aussi une règle qui dit que « si un joueur a signé un contrat pro avant 21 ans à l’étranger, il est considéré comme étranger ». Sauf que Depoortere a signé à 20 ans à Toulon. Sauf que Toulon, c’est en France. Sauf que…

Vous voyez le problème ? Personne ne voit le problème. Parce que les conventions entre la FFR et la LNR sont un labyrinthe. Un labyrinthe où chaque club triche un peu. Où chaque joueur est un cas particulier. Où chaque décision dépend d’un juriste qui a bu trois cafés de trop ce matin.

Depoortere, lui, il a un CV impeccable. 12 essais en Test Match. Un essai contre l’Angleterre en 2022. Une régularité à toute épreuve. Et pourtant, il n’est pas dans les 42. Pourquoi ? Parce que la LNR a décidé que « les joueurs avec plus de 50% de leur carrière à l’étranger ne sont pas prioritaires ». Une règle non écrite, mais appliquée. Une règle qui sent le racisme déguisé en réglementation.

Galthié, lui, il a ses raisons. Il a besoin de jeunes. Il a besoin de joueurs disponibles. Il a besoin de ceux qui sont sous contrat en France, pas de ceux qui sont bloqués par des clauses libératoires à 5 millions d’euros. Depoortere, c’est un joueur libre, mais c’est aussi un joueur qui coûte cher à son club. Alors la LNR dit non. Sans le dire.

La FFR, elle, ferme les yeux. Parce qu’elle a besoin de la LNR. Parce que sans la LNR, pas de Top 14, pas d’argent, pas de joueurs. Alors on fait semblant de ne pas voir. On laisse Depoortere dehors. On lui explique qu’il est « dans une situation complexe ». Comme si c’était une excuse.

Le pire ? Personne ne bronche. Pas les joueurs. Pas les médias. Pas même les supporters. Parce que Depoortere, c’est un cas. Un cas parmi d’autres. Un cas qui prouve que le rugby français est devenu un jeu d’échecs où les pièces les plus fortes sont sacrifiées pour des règles que personne ne comprend.

Ce qui se passe derrière, c’est simple : la LNR a peur. Peur de perdre son contrôle sur les clubs. Peur de voir des joueurs comme Depoortere, formés en France mais partis à l’étranger, revenir et tout casser. Alors on serre la vis. On invente des règles. On enterre les talents.

Depoortere, lui, il attend. Il attend une décision. Il attend une explication. Il attend qu’on lui dise enfin : « Vous êtes trop bon pour nos règles, mais pas assez pour notre système. »

Ce système, il pourrit le rugby français. Il crée des inégalités. Il favorise les joueurs sous contrat local, ceux qui sont dociles, ceux qui ne posent pas de questions. Il enterre les talents comme Depoortere, ceux qui ont le tort d’être trop forts pour rentrer dans les cases.

La question n’est pas « Pourquoi Depoortere ? ». La question, c’est « Pourquoi personne ne dit rien ? ». Parce que le rugby français, aujourd’hui, c’est un peu comme ces conventions entre la FFR et la LNR : tout le monde sait que c’est n’importe quoi, mais tout le monde fait semblant de ne pas voir.

Et Depoortere, lui, il reste sur le carreau. Comme un joueur de seconde zone. Comme un cas de figure. Comme un bouc émissaire.

La LNR a ses règles. Elle les applique. Elle les fait respecter. Même si ça signifie briser des carrières. Même si ça signifie trahir des talents. Même si ça signifie que le rugby français ressemble de plus en plus à un vieux couple qui se dispute pour des broutilles alors que le monde autour d’eux s’effondre.

Depoortere n’est pas une victime. C’est un symbole. Le symbole d’un système qui préfère les conventions aux hommes. Qui préfère les juristes aux joueurs. Qui préfère les règles aux talents.

Et ça, ça ne devrait pas être normal.

Ce qui va changer ? Rien. Parce que personne ne veut toucher à ces conventions. Personne ne veut admettre que le rugby français est devenu un jeu de dupes. Personne ne veut voir que Depoortere, c’est juste le premier d’une longue liste.

Alors on attend. On attend qu’un autre joueur se fasse avoir. On attend qu’un autre talent se perde dans les méandres de ces règles. On attend qu’un autre nom s’ajoute à la liste.

Et en attendant, Depoortere, lui, il joue. Il joue pour les Lions. Il joue pour l’étranger. Il joue pour ceux qui ne veulent pas de lui.

Parce que le rugby, parfois, c’est comme ces conventions : ça se joue à ceux qui osent tricher. Et là, la LNR triche. Elle triche avec les règles. Elle triche avec les joueurs. Elle triche avec le talent.

Et Depoortere, lui, il est juste un pion dans cette partie.

La vraie question, c’est : jusqu’à quand ?

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R Galaxie Rédaction

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