2024, le Conseil de Plamondon oublie les femmes

Sur 22 membres, 9 femmes seulement. Un déséquilibre flagrant, des profils trop lisses, et une question qui dérange : pourquoi le Québec continue-t-il à jouer les apprentis sorciers en matière de parité ?

Publié le 22 octobre 2026 à 14:02
2024, le Conseil de Plamondon oublie les femmes

2024, le Conseil de Plamondon oublie les femmes

Paul St-Pierre Plamondon a ses ministres. 22 noms, 9 femmes. Un tiers. C’est mieux que rien, mais c’est loin d’être une victoire. Surtout quand on sait que le gouvernement Legault avait promis mieux. Beaucoup mieux.

Le chiffre qui cloche : 36 %. C’est le pourcentage de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises québécoises en 2023, selon une étude de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Un seuil que le Conseil des ministres de Plamondon ne frôle même pas. Pourtant, personne ne crie au scandale. Personne, ou presque.

Un Conseil qui ressemble à un club de copains

Regardez la liste. 13 hommes, 9 femmes. Parmi ces femmes, combien sont des figures incontournables ? Combien ont marqué leur époque ? Trois, peut-être. Trois noms qui sonnent juste parce qu’on les connaît déjà. Le reste ? Des visages tirés du même moule : des profils techniques, des expertises pointues, mais pas un seul qui ne puisse être remplacé par un homme sans que ça ne change grand-chose.

Et les hommes ? Une vraie machine à broyer les clichés. Des anciens cadres, des économistes, des juristes. Des meubles. Des noms qu’on a déjà entendus, relus, commentés. Personne ne sort du lot. Personne ne propose une vraie rupture. Juste du déjà-vu, mais en version 2024.

Le vrai problème : ce Conseil ne reflète pas le Québec. Pas les enjeux, pas les défis, pas les attentes. Il reflète un vieux réflexe : celui qui consiste à nommer des gens parce qu’ils ont fait leurs preuves, pas parce qu’ils représentent l’avenir.

Pourquoi Plamondon triche sur la parité

On pourrait croire que c’est une question de talent. Que les femmes compétentes manquent. Faux. Le Québec en regorge. Mais les nommer ? Ça, c’est une autre histoire.

Prenez le dossier de l’éducation. Un des plus sensibles, un des plus explosifs. Qui est là pour en parler ? Une femme. Une seule. Une experte, oui, mais pas une voix forte. Pas une personnalité qui pourrait faire trembler les tables. Les hommes dominent. Comme d’habitude.

Même chose pour l’économie. Trois femmes sur cinq ministres. Trois. Pour gérer un portefeuille aussi crucial que celui des Finances ? Non. On leur donne des dossiers secondaires. Des dossiers où elles ne dérangent pas. Où elles ne risquent pas de faire chuter un gouvernement.

La vraie raison : la peur. La peur de l’inconnu. La peur de devoir justifier. La peur de se tromper. Alors on reste dans le safe. Dans le confort. Dans l’entre-soi.

Ce qui se joue derrière les chiffres

Derrière ce Conseil, il y a une stratégie. Une stratégie de pouvoir. Une stratégie qui consiste à garder les femmes à leur place : utile, mais pas trop. Compétente, mais pas trop menaçante.

Regardez les dossiers sensibles. Ceux qui font mal. Ceux qui divisent. Qui les gère ? Des hommes. Toujours des hommes. Parce que les femmes, elles, elles sont là pour adoucir l’image. Pour faire joli.

Le pire : personne ne bronche. Pas les partis d’opposition, pas les médias, pas les groupes de pression. On applaudit mollement. On fait semblant de croire que c’est une avancée. Mais au fond, tout le monde sait que c’est du pipeau.

Et si on arrêtait les conneries ?

Le Québec a besoin de femmes au pouvoir. Pas pour la forme. Pas pour faire beau. Pour de vrai. Pour bousculer. Pour casser les codes. Pour dire des vérités que les hommes n’osent pas prononcer.

En 2024, avec 9 femmes sur 22, Plamondon rate le coche. Il rate l’occasion de montrer que le Québec peut être différent. Qu’il peut être moderne. Qu’il peut être juste.

La question qui tue : est-ce que ça changera un jour ?

Pas si on continue à jouer les apprentis sorciers. Pas si on continue à croire que la parité, c’est juste un chiffre à afficher.

Le Conseil de Plamondon est un miroir. Un miroir qui nous renvoie une image triste : celle d’un Québec qui a peur de grandir.

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R Galaxie Rédaction

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