Ă€ quoi sert le changement d'heure en 2026 ?

La Suisse et l'Europe reviennent à l'heure d'hiver ce week-end. Mais ce dispositif, critiqué depuis des décennies, répond-il encore à des besoins réels ? Qui en bénéficie ? Et pourquoi persiste-t-il malgré ses détracteurs ?

Publié le 24 octobre 2026 à 22:01
Ă€ quoi sert le changement d'heure en 2026 ?

Un héritage du XXe siècle toujours en vigueur

Le passage à l’heure d’hiver, prévu dimanche à 3h00 du matin, marque une tradition européenne née en 1916, en pleine Première Guerre mondiale. À l’époque, les États cherchaient à économiser l’énergie en alignant les heures d’activité sur la durée naturelle du jour. Après une interruption pendant les années 1960, le système a été généralisé en 1974 lors du premier choc pétrolier, avant de devenir permanent en 1981 au sein de la Communauté économique européenne. Pourtant, depuis les années 2000, les études sur son efficacité énergétique se contredisent : certaines montrent des économies marginales, d’autres un impact négligeable, voire un surcoût lié à l’adaptation des infrastructures.

En Suisse, où le changement d’heure est coordonné avec l’Union européenne, la décision relève de l’ordonnance sur l’heure (OH), fixée par le Conseil fédéral. Aucun référendum ni débat parlementaire récent n’a remis en cause ce mécanisme, malgré des pétitions répétées pour son abolition. La Suisse applique ainsi une règle européenne, sans marge de manœuvre unilatérale.

Qui gagne vraiment une heure de sommeil en plus ?

Les noctambules et les travailleurs de nuit sont les premiers bénéficiaires du changement. Bars, restaurants et salles de concert voient leurs recettes augmenter en début de soirée, une période où la fréquentation est traditionnellement plus faible. À l’inverse, les lève-tôt, cadres, enseignants, retraités, subissent un réveil plus difficile, avec un risque accru de fatigue et de baisse de productivité les jours suivants.

Côté économie, les secteurs dépendants de la lumière naturelle, comme l’agriculture ou le tourisme, invoquent parfois des désavantages. Les serres horticoles, par exemple, doivent ajuster leurs cycles d’éclairage, générant des coûts supplémentaires. En revanche, les commerces de détail et les centres commerciaux profitent d’une extension artificielle de la journée commerciale, prolongeant leurs heures d’ouverture sans surcoût énergétique direct.

Pourquoi ce dispositif survit-il malgré ses critiques ?

Plusieurs arguments expliquent la persistance du changement d’heure. D’abord, son coût de mise en œuvre est faible : il suffit d’ajuster les horloges et les systèmes informatiques, une opération gérée automatiquement dans la plupart des entreprises. Ensuite, l’Union européenne a reporté à plusieurs reprises une décision sur son abolition, faute d’accord entre les États membres. En 2018, une proposition de fin du changement d’heure avait été rejetée en raison de désaccords sur le choix entre l’heure d’été permanente et l’heure d’hiver permanente.

Les partisans de son maintien soulignent son utilité pour synchroniser les activités économiques transfrontalières, notamment avec les pays voisins. Les opposants, eux, dénoncent un anachronisme administratif, d’autant plus absurde que les économies d’énergie promises ne se matérialisent plus.

Quelles conséquences concrètes pour les citoyens ?

Pour les particuliers, le changement d’heure a un impact direct sur le rythme biologique. Les troubles du sommeil, les maux de tête et la baisse de vigilance sont fréquents les premiers jours, surtout chez les enfants et les personnes âgées. Les employeurs sont tenus de respecter les horaires légaux, mais aucune obligation légale n’impose d’aménagements spécifiques pour les travailleurs de nuit ou les familles.

Côté santé publique, les études épidémiologiques mettent en évidence une hausse des risques cardiovasculaires dans les semaines suivant le changement, en raison du décalage horaire. À l’inverse, le retour à l’heure d’hiver pourrait atténuer ce phénomène.

Et demain ? Une décision européenne en suspens

La question du changement d’heure reste bloquée au niveau européen. La Suisse, liée par les accords bilatéraux, suivrait automatiquement la décision de l’UE, sans possibilité de s’en affranchir.

Si une abolition était décidée, deux options s’offriraient : l’heure d’été permanente, favorable aux économies du soir, ou l’heure d’hiver permanente, plus adaptée aux rythmes naturels. Dans les deux cas, les conséquences sur les secteurs économiques et la santé publique devraient être évaluées sur plusieurs années. En l’absence de consensus, le statu quo est appelé à perdurer.

En attendant, les Suisses devront encore reculer leurs montres dimanche matin, comme chaque année depuis un siècle. La vraie question n’est plus si le changement d’heure disparaîtra, mais quand, et à quel prix.

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R Galaxie Rédaction

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