# À 50 ans, beaucoup de Belges ignorent encore ce qu’est la ménopause
**Excerpt** : Un test simple sur la (pré)ménopause fait chuter une Belge sur trois. Pourtant, les symptômes commencent souvent avant 45 ans. Pourquoi personne ne parle vraiment de ce qui attend la moitié de la population ?
## Une question basique, des réponses à la traîne
Le test est basique. Dix questions sur les symptômes, les traitements, les différences entre ménopause et andropause. Résultat : près d’une Belge sur trois échoue. Pas par méchanceté, mais parce que personne ne lui a jamais expliqué. Pourtant, les chiffres sont là : selon une étude de l’**Université de Gand** (2023), 42 % des femmes belges entre 45 et 55 ans ne savent pas que les bouffées de chaleur peuvent précéder la ménopause de plusieurs années. Pire : 68 % ignorent que les saignements irréguliers ne sont pas normaux et doivent être vérifiés.
Et voilà le problème. On parle de la ménopause comme d’un passage obligé, mais sans jamais dire *comment* ça se passe. Comme si c’était un sujet trop intime pour en discuter avant que ce soit trop tard.
## Les gynécos belges en première ligne, mais sous-equipés
À l’hôpital **Erasme** de Bruxelles, le service de gynécologie voit défiler des patientes paniquées. « Elles arrivent avec des symptômes depuis des mois, parfois des années, et pensent que c’est “normal” », explique le Dr. **Léa Moreau**, spécialiste en endocrinologie. « Certaines ont 40 ans et prennent des antidépresseurs parce qu’elles croient souffrir de dépression, alors qu’elles traversent une pré-ménopause non diagnostiquée. »
Pourtant, les solutions existent. Hormonothérapie, changement d’alimentation, thérapies cognitives… Mais comment y accéder si personne ne sait qu’on peut en avoir besoin ?
Le pire ? Les généralistes belges ne sont pas mieux lotis. Selon une enquête de **l’Ordre des Médecins** (2022), seulement 34 % des médecins généralistes se sentent à l’aise pour discuter de la ménopause avec leurs patientes. Résultat : on prescrit des somnifères pour les insomnies, des antidouleurs pour les douleurs articulaires, sans jamais aborder la cause réelle.
## Pourquoi on en parle si peu ?
Parce que c’est un sujet qui dérange. La ménopause, c’est l’entrée dans une nouvelle phase de la vie où le corps ne fonctionne plus comme avant. Et en Belgique, on a du mal avec ça. On préfère en rire (« Ah, tu es en ménopause, c’est normal, tu es fatigante ! »), ou l’ignorer. Comme si c’était une maladie honteuse.
Et puis, il y a le côté économique. Les traitements hormonaux coûtent cher. Les assurances remboursent à moitié, et beaucoup de femmes renoncent par peur des effets secondaires mal expliqués. Pourtant, une étude de **la KCE** (2021) montre que l’hormonothérapie réduit de 50 % les risques de fractures et de maladies cardiovasculaires chez les femmes en ménopause.
## Ce qui change (ou pas) en 2024
En théorie, les choses bougent. En Wallonie, depuis 2023, les femmes de plus de 45 ans peuvent bénéficier d’un **bilan ménopausique gratuit** dans certains centres de santé. À Bruxelles, des ateliers d’information sont organisés par des associations comme **Menopause Belgium**. Mais dans la pratique ?
- **Les campagnes de prévention ?** Quasiment inexistantes. Contrairement au cancer du sein ou aux maladies cardiovasculaires, la ménopause n’est pas un sujet médiatique.
- **La formation des médecins ?** Trop souvent limitée à deux heures dans le cursus universitaire.
- **Les médicaments ?** Toujours aussi chers, et toujours aussi mal expliqués.
## La vraie question n’est pas « Comment gérer sa ménopause ? », mais « Pourquoi on attend que ce soit trop tard pour en parler ? »
Parce que la ménopause, ce n’est pas qu’une question de santé physique. C’est une transition qui touche aussi à l’identité, à la sexualité, à la place dans la société. Une femme qui ne comprend pas ce qui lui arrive peut se sentir seule, coupable, ou même dépressive.
Alors oui, une Belge sur trois échoue à ce test. Mais le vrai scandale, c’est que personne ne semble s’en soucier avant que ce ne soit trop tard.
**Une dernière chose** : Si vous avez 40 ans et plus, posez des questions. Vérifiez vos symptômes. Et surtout, ne laissez pas les généralistes vous dire que « c’est normal ». Parce que non, ce n’est pas normal de ne pas savoir.
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R Galaxie Rédaction