Bécancour interdit les nuitées au BIT sans alternative prévue
R Galaxie Rédaction · 3 novembre 2026 à 22:07 · 4 min de lecture
La municipalité de Bécancour a interdit les nuitées dans le stationnement du Bureau d’information touristique, provoquant des tensions entre propriétaires de véhicules récréatifs et commerçants locaux. Une pétition demande des aménagements, mais aucune solution concrète n’est encore proposée.
La décision de la municipalité de Bécancour d’interdire les nuitées dans le stationnement du Bureau d’information touristique (BIT), situé au pied du pont Laviolette, oppose désormais deux visions du territoire. D’un côté, des propriétaires de véhicules récréatifs (VR) et des touristes y trouvent un espace pratique pour des arrêts prolongés. De l’autre, des commerçants et riverains dénoncent des nuisances croissantes, justifiant cette interdiction. Alors que la saison touristique touche à sa fin, la question d’une solution alternative reste sans réponse claire.
Comment en est-on arrivé à cette interdiction ?
L’interdiction des nuitées au BIT de Bécancour n’est pas une mesure improvisée. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large d’encadrement des pratiques liées au vanlife, phénomène en croissance au Québec depuis plusieurs années. Les municipalités, confrontées à l’absence de réglementation spécifique, doivent souvent improviser des solutions pour concilier attractivité touristique et préservation du cadre de vie local.
À Bécancour, le stationnement du BIT, situé en bordure du fleuve Saint-Laurent, était jusqu’ici toléré comme espace de halte pour les VR. Cependant, la concentration croissante de véhicules stationnés en permanence, parfois plusieurs jours, a généré des plaintes. Les commerçants du secteur évoquent des perturbations dans l’accès aux locaux, une dégradation de l’image du quartier et des conflits avec les clients. Aucun chiffre précis n’est avancé, mais les témoignages recueillis lors du dernier conseil municipal suggèrent une escalade des tensions.
Qui décide, et selon quelles règles ?
La décision d’interdire les nuitées relève des pouvoirs de police municipale, conformément au Code municipal du Québec. En l’absence de loi provinciale encadrant spécifiquement les VR, les villes peuvent adopter des règlements locaux pour réguler l’occupation de l’espace public. À Bécancour, cette mesure a été prise sans consultation préalable approfondie, mais après des échanges tendus en conseil municipal.
La pétition déposée par une cinquantaine de personnes, dont des propriétaires de VR et des commerçants, révèle un clivage net. Les signataires réclament la création d’une « halte repos » dédiée, avec services de base (eau, électricité, sanitaires), plutôt qu’une interdiction pure et simple. Ils soulignent que d’autres municipalités, comme Montréal ou Québec, ont déjà aménagé des zones dédiées pour répondre à ce besoin.
Quelles conséquences concrètes pour les usagers ?
Pour les propriétaires de VR et les touristes, l’interdiction signifie la perte d’un point d’arrêt gratuit et pratique. Bien que des alternatives existent, comme les campings ou les aires de services payantes, celles-ci sont souvent éloignées ou incompatibles avec un budget serré. Les VR, de plus en plus nombreux au Québec, dépendent fréquemment de ces haltes improvisées pour organiser leurs trajets.
Côté commerçants, l’objectif affiché est de préserver l’accessibilité et la propreté du secteur. Cependant, l’absence de solution proposée risque de déplacer le problème : certains VR pourraient se rabattre sur d’autres espaces publics, aggravant les tensions ailleurs en ville.
Quels précédents et quelles solutions ailleurs ?
Plusieurs municipalités québécoises ont déjà tenté de réguler la présence des VR.
Ces expériences montrent que la clé réside dans un équilibre entre contrôle et offre d’alternatives. À Bécancour, aucune étude d’impact ou plan d’aménagement n’a été mentionné jusqu’ici. La question reste ouverte : faut-il privilégier la répression ou l’aménagement ?
Quelles sont les prochaines étapes à Bécancour ?
À court terme, la municipalité doit trancher entre deux options. La première consiste à maintenir l’interdiction sans proposer de solution, ce qui pourrait entraîner des recours juridiques ou une dégradation de l’image touristique. La seconde implique d’envisager un aménagement spécifique, mais cela nécessiterait des investissements et une concertation avec les parties prenantes.
La pétition déposée en conseil municipal pourrait servir de levier pour relancer le débat. Cependant, sans pression supplémentaire, comme une mobilisation organisée ou une médiation, le statu quo risque de perdurer.
Ce que les lecteurs peuvent vérifier ou faire
Les habitants et touristes de Bécancour peuvent consulter les prochaines séances du conseil municipal pour suivre l’évolution du dossier. Une vérification des règlements municipaux en vigueur permettra de comprendre les motifs exacts de l’interdiction. Enfin, ceux qui souhaitent s’impliquer peuvent contacter la Ville pour exprimer leurs besoins, en insistant sur la nécessité d’une solution équilibrée.
Les VR et commerçants partagent un même enjeu : l’attractivité de Bécancour. La réponse à ce défi passera par une décision claire, assortie d’un plan concret.