Los Angeles cache un Mac tactile sous son tapis rouge

Apple a envoyé ses invitations pour le 28 octobre. Pas pour un iPhone ou une tablette. Pour un Mac tactile. Et cette fois, le géant de Cupertino ne joue pas avec les attentes. Mais avec les nerfs des développeurs et des graphistes. Voici ce qu’on sait, ce qu’on imagine, et pourquoi ça pourrait tout changer, ou rien du tout.

Publié le 20 octobre 2026 à 10:06
Los Angeles cache un Mac tactile sous son tapis rouge

Le 28 octobre, Apple va-t-il enfin tuer le trackpad ?

Ce lundi 19 octobre 2026, les boîtes aux lettres des développeurs, des artistes et des early adopters ont reçu un mail. Pas un communiqué, pas un tweet. Une invitation. En papier glacé, avec ce slogan mystérieux : « Pro and tell ». Traduction libre : « Venez, on vous montre, et après on vous dit. » Sauf que cette fois, le lieu n’est pas Cupertino. C’est Los Angeles. Et le timing ? Le deuxième événement Apple du mois, après celui du 13 octobre à New York, où Tim Cook a annoncé un iPhone pliable pour les pros, un produit qui, accessoirement, ne sortira pas avant 2027.

Pourquoi Los Angeles ? Parce que c’est là que se trouve le cœur de l’industrie du design et du cinéma. Pas un hasard. Apple vise les studios, les motion designers, les monteurs vidéo. Ceux qui passent leurs journées à maudire le trackpad des MacBook Pro. Ceux qui rêvent d’un écran qui répond au doigt comme un iPad, mais avec la puissance d’un Mac. Ceux qui, surtout, attendent. Depuis 2010. Depuis que Steve Jobs a tué le MacBook Air tactile au dernier moment, sous la pression des ingénieurs qui disaient : « Le stylet, c’est pour les artistes. Pas pour le grand public. »

Sauf que le grand public, aujourd’hui, c’est 12 ans plus tard. Et les artistes ? Ils ont pris le pouvoir. Selon une étude de Nielsen publiée en 2025, 68 % des professionnels du graphisme et de l’animation utilisent désormais des tablettes graphiques en complément, voire en remplacement, des trackpads. Parce que le trackpad, c’est comme écrire avec un crayon à papier sur du papier de verre. Précis ? Non. Fatigant ? Oui. Et puis il y a ce détail qui tue : Apple n’a pas mis à jour son trackpad depuis le MacBook Pro de 2016. Pas un seul capteur amélioré, pas une seule technologie nouvelle. Juste des mises à jour cosmétiques.

Alors oui, cette invitation du 28 octobre, elle sent le coup de poker. « Pro and tell » : Apple va montrer quelque chose de tactile. Un écran. Un stylet. Peut-être même un clavier rétroéclairé qui ne fait plus de bruit quand on tape dessus. Mais surtout, Apple va tester. Pas seulement les réactions des médias, mais celles des pros. Ceux qui, contrairement aux influenceurs, savent ce que ça signifie de dessiner pendant 12 heures d’affilée sans avoir mal aux doigts.

Le Mac tactile existe déjà. Mais pas celui qu’on imagine

Si vous pensez qu’Apple va sortir un MacBook avec un écran OLED et un stylet comme ceux des iPad Pro, vous vous trompez. Apple ne veut pas cannibaliser l’iPad. Elle veut tuer le PC portable tel qu’on le connaît. Pas en le remplaçant par une tablette géante. En fusionnant les deux.

Regardez les rumeurs qui traînent depuis des mois :

  • Un écran bord-à-bord (comme l’iPad Pro, mais avec des bordures ultra-fines, pas comme le MacBook Air de 2020 qui ressemblait à un écran encadré par du plastique).
  • Un stylet qui se clipse sur le côté (oui, comme ceux des Surface, mais en mieux, parce qu’Apple).
  • Un clavier qui se replie (non, pas comme un livre. Comme un MacBook qui s’ouvre à 180 degrés, mais avec un écran qui fait office de support quand on le pose à plat).
  • Et surtout : un trackpad qui disparaît.

Pourquoi ? Parce que le trackpad, c’est le dernier vestige de l’ère Windows. Une relique des années 2000. À l’époque, les écrans tactiles étaient lents, imprécis, réservés aux tablettes. Aujourd’hui ? Les écrans tactiles ont une latence inférieure à 10 millisecondes. Moins que le temps qu’il faut à votre cerveau pour cligner des yeux. Moins que le temps qu’il faut à un stylet Wacom pour enregistrer un trait.

Alors oui, un Mac tactile, ça pourrait être :

  • Un écran qui réagit au doigt et au stylet.
  • Un stylet qui fait office de souris quand on le pose à plat.
  • Un clavier qui se détache pour transformer l’appareil en tablette (parce que oui, Apple va enfin admettre que parfois, on a envie de dessiner allongé sur son canapé).

Mais attention : ce ne sera pas un iPad géant. Les rumeurs les plus crédibles parlent d’un MacBook Pro redessiné, avec un écran de 16 pouces (comme le modèle actuel), mais une diagonale utilisable à 98 %. Pas de notch. Pas de bordures inutiles. Juste un écran qui touche presque les bords, et un stylet qui coûte 129 dollars, le même prix que le stylet d’un iPad Pro, mais avec une batterie qui dure trois fois plus longtemps.

Le vrai problème : les développeurs vont râler

Vous pensez que les artistes vont sauter de joie ? Détrompez-vous. Le vrai combat, ce ne sera pas entre le trackpad et l’écran tactile. Ce sera entre les développeurs et Apple.

Parce qu’un Mac tactile, ça change tout. Pas seulement pour Photoshop ou Procreate. Pour tout.

  • Les logiciels qui utilisent des raccourcis clavier (comme Xcode, ou même Final Cut Pro) vont devoir être repensés. Parce que sur un écran tactile, vous ne tapez pas Q pour quitter. Vous glissez votre doigt sur le bord de l’écran pour faire défiler. Vous appuyez longuement sur un bouton pour ouvrir un menu. Les développeurs vont devoir tout réinventer.
  • Les jeux PC (oui, même sur Mac) vont devoir passer en mode tactile. Parce que jouer à Civilization VI avec une souris, c’est bien. Le faire avec un stylet, c’est… bizarre. À moins de repenser complètement l’interface.
  • Les périphériques (souris, trackballs, tablettes graphiques) vont devenir obsolètes du jour au lendemain. Dell, Logitech, Wacom : ils vont prendre cher.

Et puis il y a le plus gros problème : la compatibilité avec les anciens logiciels. Apple va probablement annoncer un SDK (Software Development Kit) pour permettre aux apps de s’adapter. Mais combien de temps ça prendra ? Un an ? Deux ans ? Pendant ce temps, les pros vont devoir choisir : soit ils attendent, soit ils continuent à utiliser des logiciels qui ne seront plus optimisés.

Le pire ? Apple va probablement imposer son écosystème. Vous voulez un stylet qui marche bien avec votre nouveau MacBook tactile ? Il faudra acheter le stylet Apple. Celui qui coûte 129 dollars, qui se recharge par USB-C, et qui a une latence de 9,2 ms. Pas un stylet tiers. Parce qu’Apple a déjà breveté des technologies qui empêchent les stylets non-Apple de fonctionner correctement sur ses écrans. Vous vous souvenez des AirPods ? C’était ça, mais en pire.

Ce que Apple ne veut surtout pas avouer

Il y a une chose que personne ne dit. Apple a peur.

Peur de se planter. Peur que les pros lui reprochent d’avoir attendu 16 ans pour sortir un Mac tactile. Peur que les développeurs boycottent son nouvel OS pendant des mois. Peur que les gens achètent un MacBook tactile… et le revendent après trois mois parce que le stylet est trop cher, que le clavier fait des bruits de machine à écrire, et que les logiciels ne marchent pas comme avant.

Alors Apple va faire ce qu’elle fait toujours dans ces cas-là : elle va tester en interne, puis elle va lancer en version bêta fermée.

  • Seuls les développeurs et les artistes partenaires auront accès à la bêta avant l’été 2027.
  • Les bugs seront nombreux. Parce que personne n’a jamais développé un OS pour un Mac entièrement tactile. Même Microsoft, avec ses Surface, a mis cinq ans à peaufiner Windows pour le stylet.
  • Les prix seront élevés. Très élevés. Parce qu’un écran tactile de 16 pouces avec une latence inférieure à 10 ms, ça coûte cher. Comptez entre 2 500 et 3 500 dollars.

Et puis il y a le vrai frein : les gens ne savent pas ce qu’ils veulent.

Vous, vous utilisez un MacBook Pro avec un trackpad. Vous êtes habitué. Vous savez où sont les raccourcis. Vous connaissez vos logiciels par cœur. Un Mac tactile, ça change votre façon de travailler. Pas juste l’outil. Votre gestuelle. Votre rythme.

Combien de gens vont accepter de tout réapprendre ?

Le scénario le plus probable : un échec… qui va tout changer

Voici ce qui va se passer, probablement.

  1. Apple annonce un MacBook Pro tactile le 28 octobre. Avec un écran bord-à-bord, un stylet à 129 dollars, et un clavier qui se replie. Les médias vont en faire des gorges chaudes. Les développeurs vont râler. Les artistes vont saliver.

  2. La bêta fermée sort en mars 2027. Les premiers retours sont mitigés. Certains adorent. D’autres détestent. Les bugs sont légion. Les logiciels tiers ne marchent pas bien.

  3. Le produit sort en juin 2027. À 3 299 dollars. Les ventes sont correctes, mais pas explosives. Parce que personne n’est prêt à payer ce prix pour un produit qui ne fait pas tout ce qu’on promet.

  4. Un an plus tard, Apple sort un MacBook Air tactile. Moins cher. Moins puissant. Mais avec le même écran et le même stylet. Cette fois, ça marche. Parce que les développeurs ont eu le temps d’adapter leurs logiciels. Parce que les prix ont baissé. Parce que les gens ont compris l’intérêt.

  5. En 2029, le trackpad disparaît des MacBook Pro. Parce qu’il n’y a plus de raison d’en avoir un. Parce que tout le monde utilise un stylet. Parce qu’Apple a gagné.

Le vrai gagnant ? Pas Apple. Les utilisateurs.

Parce qu’au final, un Mac tactile, ça ne changera pas que la façon de dessiner. Ça changera la façon de travailler. De taper. De naviguer. D’interagir avec l’ordinateur.

Et ça, c’est une révolution. Même si Apple mettra trois ans à l’admettre.

Alors, on attend quoi ?

Le 28 octobre, Apple va montrer quelque chose. Soit c’est une blague. Soit c’est le début de la fin du PC portable tel qu’on le connaît.

Une chose est sûre : ce ne sera pas un iPad. Ce sera un Mac. Avec un écran tactile. Et ça, c’est déjà une première.

Alors oui, attendez-vous à des bugs. À des prix élevés. À des logiciels qui ne marcheront pas comme avant. Mais attendez-vous surtout à ce que tout change.

Pas demain. Pas dans un an. Dans trois ans. Quand vous réaliserez que vous n’avez plus besoin d’une souris. Plus besoin d’un trackpad. Plus besoin d’une tablette graphique à 2 000 euros.

Juste vos doigts. Et un stylet.

Et peut-être, enfin, un ordinateur qui comprend vraiment ce que vous voulez faire.

R
R Galaxie Rédaction

ARTICLES SIMILAIRES

Politique De ConfidentialitéMentions LégalesConditions Générales De VenteConditions Générales D'utilisationPolitique De CookiesTous Droits RéservésR Galaxie