Anderlecht, le géant aux pieds d’argile ? Le club bruxellois a pris une claque en seizièmes de finale de la Coupe de Belgique. Pas contre un outsider, non : face au Beerschot, une équipe qui joue petit budget mais gros jeu. Résultat ? 2-1 pour les Antwerpiens, et une question qui gratte : où est passé le PAEC, ce côté imprévisible qui fait d’Anderlecht une équipe à la fois redoutable et imprévisible ? La réponse, peut-être, se trouve dans un nom : Ali Maamar. Et dans une faute, lourde, qui a tout changé en quelques secondes, mercredi soir au stade Constant Vanden Stock. Pas une erreur anodine. Une erreur qui résume, en trois minutes, ce qui cloche chez Anderlecht depuis des mois : l’arrogance du talent et l’absence de collectif quand ça compte vraiment. Le Beerschot, lui, a simplement profité de l’aubaine. Sans frimer. Sans se plaindre. En jouant serré, comme un vieux renard qui connaît son terrain mieux que personne. Le stade, ce soir-là , était loin d’être plein. 3 500 spectateurs, selon les chiffres officiels de la fédération belge. Un chiffre qui en dit long sur l’engouement pour cette Coupe de Belgique, souvent reléguée au rang de distraction pour les clubs de Jupiler Pro League. Pourtant, ce soir, le Beerschot a rappelé à tout le monde pourquoi cette compétition reste un cauchemar pour les favoris. Le match qui a tout basculé Le score était ouvert à la 23e minute par un but de Théo Bongonda, un joueur qui n’a pas le physique d’un géant mais qui a l’œil pour les occasions. Anderlecht a cru pouvoir réagir. Sauf que le Beerschot a tenu bon, et que Maamar, lui, a cru en avoir trop fait. À la 67e minute, il récupère un ballon dans son camp, dribble deux défenseurs comme si c’était des enfants, et… se fait plaquer par le dernier homme. Le ballon part directement dans les filets. 1-2. Le stade retient son souffle. Les Bruxellois, eux, restent sans voix. Pas parce que le but est beau. Non. Parce que c’est une faute stupide. Une de ces erreurs qui vous hantent des semaines après le match. Le genre de détail qui fait dire à un supporter : « Putain, mais c’est quoi ce niveau ? » Ali Maamar, star ou boulet ? Maamar, c’est le joueur qui fait vendre des maillots. Celui qui attire les regards quand Anderlecht s’ennuie en championnat. Celui qui, en Coupe, devrait être une arme. Sauf que ce soir, il a été le symbole de tout ce qui dérange chez Anderlecht : un joueur qui brille en sélection nationale (il a déjà 10 caps pour la Belgique), mais qui, en club, semble parfois jouer seul. Comme si le reste de l’équipe n’existait pas. Comme si le collectif, ce mot qu’on entend si souvent dans les vestiaires, n’était qu’un leurre. Le Beerschot, lui, n’a pas eu besoin de stars. Juste d’un milieu de terrain solide, d’un gardien qui ne lâche rien (Merouane Zemmama, 26 ans, a été monstrueux), et d’un peu de chance. Le genre de chance qu’Anderlecht, habitué à tout dominer, ne veut pas voir arriver. Ce que cette défaite révèle Anderlecht, c’est l’histoire d’un club qui oscille entre deux extrêmes : soit il écrase tout, soit il se fait surprendre par un adversaire qu’il méprise. Le Beerschot n’est pas un grand club. Mais il a une identité. Une façon de jouer qui plaît à ses supporters. Anderlecht, lui, cherche encore la sienne. Depuis le départ de Vincent Kompany, le club bruxellois navigue à vue. D’un côté, il y a les joueurs comme Maamar, qui veulent tout, tout de suite. De l’autre, il y a une direction qui semble perdue entre les ambitions et les réalités budgétaires. Résultat ? Une équipe qui rate les occasions en championnat et qui se fait éliminer par des équipes de deuxième division en Coupe. La Coupe de Belgique, miroir des faiblesses Cette compétition, souvent considérée comme un second choix, devient le révélateur des problèmes des grands clubs. Le Standard, l’Anvers, le Club Bruges… Tous ont déjà trébuché sur des équipes moins bien classées en Jupiler Pro League. Anderlecht, ce soir, rejoint la liste. Le problème ? Personne ne semble s’en inquiéter. Les médias parlent encore du championnat. Les supporters bruxellois, eux, commencent à râler. Parce que voir leur équipe se faire humilier par un Beerschot, ça fait mal. Pas seulement au portefeuille. À l’ego. Et maintenant ? Anderlecht a encore le temps de se rattraper. La Ligue Europa, par exemple. Ou un retour en forme en championnat. Mais cette défaite contre le Beerschot, elle, restera. Comme un rappel : même les géants ont des talons d’Achille. Et parfois, ces talons d’Achille, c’est juste une faute stupide. Une décision prise trop vite. Un joueur qui croit en avoir trop fait. Le Beerschot, lui, a simplement été plus malin. Plus patient. Plus organisé. Bref, plus pro. Le vrai problème d’Anderlecht ? Il ne sait plus qui il est.