L'Algérie mobilise d'anciens diplomates pour défendre sa position sur le Sahara marocain

Des personnalités algériennes publient des analyses critiques sur la stratégie internationale concernant le Sahara marocain. Ces prises de position s'inscrivent dans un débat régional aux enjeux géopolitiques persistants.

Publié le 27 octobre 2026 à 20:02
L'Algérie mobilise d'anciens diplomates pour défendre sa position sur le Sahara marocain

Le contexte d’un débat récurrent sur le Sahara marocain

Ces contributions, qui s’ajoutent à celles d’Amar Belani, visent à contester l’influence perçue des États-Unis et de la France dans la région, tout en réaffirmant la légitimité de la position algérienne sur le dossier du Sahara marocain. Ces interventions s’inscrivent dans une dynamique où le récit historique et géopolitique oppose les deux pays depuis des décennies.

Qui sont ces acteurs et quel est leur poids ?

Les tribunes en question sont signées par des personnalités dont les parcours diplomatiques ou académiques leur confèrent une crédibilité certaine. Abdelaziz Rahabi, par exemple, n’est pas un inconnu du paysage intellectuel algérien, même si son profil reste moins médiatisé qu’Amar Belani, ancien ambassadeur et figure récurrente des débats sur le Sahara. Leur légitimité repose moins sur leur position actuelle dans l’appareil d’État que sur leur expérience passée, souvent mobilisée pour influencer l’opinion publique ou les cercles décisionnels.

Cependant, leur capacité à peser sur la politique algérienne actuelle est limitée. Depuis l’indépendance, les gouvernements algériens ont systématiquement aligné leur discours sur la question du Sahara marocain, sans que des tribunes individuelles ne modifient significativement la ligne officielle. Les décisions stratégiques relèvent en effet du pouvoir exécutif, notamment du ministère des Affaires étrangères, et des instances politiques supérieures, comme le Conseil de la nation ou le président de la République.

Quel est l’argument central avancé contre l’influence franco-américaine ?

Selon eux, cette dynamique s’inscrirait dans une logique plus large de marginalisation de l’Algérie, présentée comme un acteur historique et humaniste de la région.

Pourtant, cette analyse ignore plusieurs éléments. Ensuite, la France et les États-Unis ont toujours affirmé leur neutralité dans le conflit, tout en maintenant un dialogue avec les deux parties.

Pourquoi ce débat relance-t-il les tensions régionales ?

Le Sahara marocain reste un sujet clivant en raison de son impact concret sur les populations locales et des enjeux géostratégiques qu’il cristallise. Pour le Maroc, la question est liée à son intégrité territoriale et à son statut de monarchie constitutionnelle, perçue comme un rempart contre l’instabilité régionale. Pour l’Algérie, elle touche à sa légitimité historique en tant que soutien du Front Polisario, mouvement indépendantiste soutenu par une partie de la population sahraouie.

Les conséquences pour les civils sont souvent indirectes mais réelles. Par ailleurs, les investissements internationaux dans la région, notamment dans les secteurs minier ou énergétique, dépendent souvent de la stabilisation du dossier, ce qui crée une attente forte parmi les acteurs économiques.

Quelles sont les limites de cette stratégie algérienne ?

La mobilisation d’anciens diplomates par l’Algérie soulève plusieurs questions. D’abord, leur efficacité reste incertaine : ces tribunes s’adressent davantage à l’opinion publique nationale et internationale qu’aux décideurs marocains ou occidentaux. Ensuite, leur ton parfois polémique, comme les accusations de complot contre la France et les États-Unis, risque de discréditer leur propos auprès des partenaires étrangers de l’Algérie.

Un désaccord qui persiste malgré les apparences

Les positions algériennes et marocaines sur le Sahara marocain ne se sont jamais rapprochées, malgré les efforts diplomatiques internationaux. L’Algérie continue de revendiquer un référendum d’autodétermination sous égide onusienne, tandis que le Maroc insiste sur son plan d’autonomie, présenté comme une solution réaliste. Les tribunes récentes ne changent pas cette donne, mais elles révèlent une stratégie de communication visant à mobiliser l’opinion et à isoler diplomatiquement Rabat.

Pourtant, les deux pays partagent un intérêt commun : éviter une escalade militaire ou une internationalisation accrue du conflit, qui pourrait déstabiliser davantage une région déjà fragile. Leur rivalité reste donc un jeu d’influence où les mots, les alliances et les calculs géopolitiques priment sur les solutions concrètes pour la population sahraouie.

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R Galaxie Rédaction

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